XXII J’avais été bénie ! Je ne saurais dire la bonté avec laquelle mes véritables amis me reçurent, quand j’allai leur annoncer que je cédais pour quelques semaines aux nouvelles instances de ma famille. M. de Saint-Elme n’en parut point étonné ; sa femme me répéta que rien n’était changé. Elle me conduisit dans ma chambre, comme pour m’en faire remarquer le bon ordre, mais en réalité pour me remettre sous les yeux cette vie, à la fois occupée et distraite, qu’elle m’avait fait connaître. Je retrouvai dans ma bibliothèque les livres de prières et les livres d’étude que j’avais apportés du couvent ; sur la table, ma corbeille à ouvrage dont je me servais dans la bonbonnière. Ces objets ressemblaient à des amis, tant nous avions passé de jours ensemble. Ce qui-me frappa le plus, ce fut le


