Chapter 10

2029 Mots
Chapitre 3 Juillet ou je veux des vacances !!!! Lundi 2 juillet, comme d’habitude assise à mon bureau derrière mon écran d’ordinateur.– Salut salut ! Veronica, la femme de Tom Walker qui est accessoirement devenue mon amie, entre en trombe dans mon bureau. Cette fille est hyperactive, sérieux, c’est épuisant. Et elle ne connaît pas le mot délicatesse. – Nikki, tu m’as fait une de ces peurs ! – Mais non mais non ! Woua, j’adore la couleur de ton tailleur… mais il ne s’accorde pas du tout avec tes cheveux. Je lève les yeux au ciel. Il n’y a qu’elle pour me sortir ce genre de choses. Je porte mon tailleur rouge, je ne le mets que rarement parce qu’il est vraiment voyant mais ça fait un moment que je n’ai pas repassé alors je n’ai pas trop le choix dans les fringues parce qu’en plus il fait chaud. – Et toi tu es magnifique, comme d’habitude. Elle tourne sur elle-même en souriant pour me montrer sa robe de… je ne sais pas quoi blanche et jaune. Nikki n’est pas très grande et elle porte tout le temps des talons pour palier ce détail. Je sais qu’elle n’a pas honte de sa taille mais elle se sert de ça pour porter des chaussures toujours plus hautes car elle aime ça. Je pense même qu’elle est incapable de marcher sans. Cette fille est la mode. Elle est un petit bout de femme au caractère fort, limite dictateur, mais elle est tellement attendrissante et gentille qu’on ne peut lui en vouloir longtemps. Elle est aussi vive que Tom est calme, elle est impulsive quand il est réfléchi, elle est brutale quand il est tendre… et ainsi de suite. Veronica a fait ses études à Standford pour devenir ingénieur (civil). Elle refuse de travailler avec son mari ou même pour Beresford qu’elle adore et qu’elle traite comme son frère. Brune foncée, yeux noirs rieurs, coupe plutôt courte, sa peau mâte trahit des origines latines. – Je sais ! Je souris. – Tu ne travailles pas aujourd’hui ? – Hein ? Ho, si mais je suis partie plus tôt pour aller faire les boutiques. Je grimace. – Pauvre Tom, il doit en avoir marre de toi. Chez vous, il y a de la place pour autre chose que tes fringues ? Elle éclate de rire. – Je fais régulièrement don de mes vêtements aux associations, comme ça, pas de gâchis et je peux renouveler fréquemment ma garde-robe. – Forcément. – D’ailleurs, me scrute-t-elle et je n’aime pas du tout ce regard, il serait temps pour toi aussi d’aller rafraîchir tes affaires. – Non. – Ho siiiiiiiiiiiiiiiiiii. Et je vais aller voir Pam puis je vais téléphoner à Joyce pour qu’elles me donnent un coup de main. – Tu triches ! Je me scandalise. Non mais si elle s’associe à Joyce, je suis f****e. – Mais pas du tout, je mets juste tous les atouts de mon côté. Je marmonne mais je ne lui réponds pas. Elle s’est assise en face de moi et elle me sourit avec son visage angélique. Elle m’agace quand elle fait cette tête-là. Elle sait parfaitement que je ne peux pas lui dire non. – Au fait, qu’est-ce que tu fais ici ? je lui demande finalement. – Tu peux demander à Pam de m’apporter un thé ? – Nikki… – S’il te plaît ? Je soupire et je prends mon téléphone pour demander à Pamela ce qu’elle veut. Et je rajoute un café pour moi. Mon assistante préférée nous apporte nos boissons quelques minutes plus tard et nous discutons toutes les trois une bonne demi-heure avant que Pam ne reparte à son bureau. – Nikki, je fais lorsque nous sommes seules, je ne veux pas te mettre dehors mais j’ai beaucoup de travail… on peut manger ensemble demain si tu veux pour discuter ? – Je ne vais pas dire non ! Je lui souris. – Ho en fait je suis venue pour te parler de mercredi. – Quoi ? – Les Thompson organisent tous les ans une fête pour le 4 juillet. – Oui je sais. – Et Jonathan arrive toujours en milieu de soirée, accompagné d’une fille bizarre et ne reste pas longtemps, ce qui attriste Esther. – D’accord… Je commence à voir où elle veut en venir et ça ne me plaît pas du tout. – Et cette année en plus Evan va ramener sa nouvelle petite amie… Je fronce les sourcils. Ha oui, je vois le problème. – Joyce va déjà rencontrer les parents d’Evan ? Ha bah ils vont vite. Les yeux de Nikki pétillent. – Oui, ils sont trop mignons ! – Mmh. – Quoi ? Tu n’es pas d’accord ? – Ho si, et je sais qu’Evan ne lui fera pas de mal… – Bah voilà, de toute façon il n’a pas intérêt sinon moi aussi je lui tombe dessus ! Je lui souris et elle poursuit. – Donc, Joyce voudrait que tu sois présente et moi aussi, je m’ennuie en général dans ces soirées à moitié collet monté… et j’aimerais que Jonathan se tienne bien pour une fois. Je soupire, ça y est j’ai compris. – Et donc je vais une nouvelle fois jouer au chaperon. Elle me dédie un large sourire. Comme si la pilule amère allait mieux passer. – En échange je t’achète ta robe et tout et je te prépare ! Ho non, jamais de la vie, je risque d’y laisser ma vie, à défaut ma santé mentale. – Mais non ce n’est pas la peine. – Ho que si ! Je ne te demande pas ton avis ! Tu viendras plus tôt et on se préparera toutes chez Esther et Cooper, tu verras ce sera amusant. – Je ne pense pas que… – Tut tut ! Ne dis rien, on fera comme ça ! Elle se lève et s’en va en mode petite maison dans la prairie avec un large sourire. – Je te vois demain on mange ensemble ! Holala dans quoi je me suis fourrée encore ? Mercredi 4 juillet, alors que pour une fois je peux faire la grasse matinéeMusique, télévision, bruits de pas et de conversation. Il doit y avoir un poulailler et une fête d’enfer dans mon salon. Mais ça ne suffit pas à me réveiller entièrement. Quand je dors, je dors. J’ignore donc superbement ce qu’il peut se passer dans mon appartement et si on me cambriole, bah tant pis, au moins j’aurais dormi. Peu après quelqu’un saute sur mon lit, littéralement. Et comme je suis allongée de tout mon long, cette personne totalement indésirable m’écrase la jambe, ce qui a le mérite de me réveiller. – AIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE ! – Bonjour Emma ! Allez allez, debouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuut ! Je la pousse sans ménagement avant de me cacher sous mon oreiller. – Veronica, dégage, je dors. – NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN, me fait-elle en me retirant ma couette. Il est déjà neuf heures et demie et on a un million de choses à préparer sans compter les quarante minutes qu’il faut pour aller chez Esther et Cooper de chez toi ! Allez ma vieille on se lève ! Il fait beau, il fait chaud, les oiseaux chantent, pépie-t-elle. Cette fille veut ma mort. Je reste cachée sous mon oreiller et j’attends que ça passe. J’entends alors Joyce entrer dans ma chambre, toujours calme. – Je t’avais prévenue qu’elle n’était pas du matin… attends, pousse-toi un peu. Je sens que Nikki bouge et que Joyce s’assoit sur le bout du lit. Et là, je sens la bonne odeur… un café ! Haaaa évidemment si elle me prend par les sentiments… je hasarde un regard vers le monde extérieur et la lumière me fait grimacer alors que je cligne plusieurs fois des yeux. Joyce me sourit et me tend une tasse de café fumant. Cette fille est une sainte. – Je t’adore Joyce, merci ! – Tu vois Veronica, il faut savoir l’apprivoiser. Je lance un regard mauvais à Joyce qui me sourit. Nikki se marre elle. Super les copines. Je m’assieds et je m’appuie contre ma tête de lit, repliant mes jambes contre ma poitrine. Je prends ma tasse et je sniffe la bonne odeur de café un moment en respirant profondément. – Ha oui, tu es une toxico du café, s’amuse Nikki. Je la fusille du regard avant de prendre une gorgée de mon nectar favori. Hey, si mon regard pouvait tuer mes deux amies seraient mortes ce matin, tuées par ma mauvaise humeur matinale. Ce serait triste quand même… et qu’est-ce que je ferais des corps ? Lorsqu’elle voit que j’ai pris ma première gorgée, Joyce me sourit. – Je l’ai retenue le plus longtemps possible. Je hoche la tête, je n’en doute pas. – Tu es pénible au réveil, marmonne Veronica. Je lui jette un regard circonspect. – La fête n’est que pour seize heures ! – OUIIII et nous sommes déjà en retard ! Et son hyperactivité la reprend. Elle se lève en faisant cinquante fois le tour de la chambre en parlant des choses qu’on a à faire. Après cinq secondes, je ne l’écoute plus et je me contente de suivre des yeux ses mouvements. Elle me donne le tournis. Je lance un regard à Joyce qui hausse les épaules, à moitié amusée. Alors je me réveille tranquillement en buvant mon café. Nous arrivons chez les Thompson un peu avant onze heures alors que Veronica est sur le point d’hyperventiler tant il lui semble que nous sommes en retard. Héloïse est avec nous mais nous la laissons à Esther qui termine d’organiser la fête de l’après-midi dans le jardin. Elle est tout de même ravie de voir celle qui est pour elle sa petite-fille. C’est quand même n’importe quoi les rapports dans cette famille. Mais en même temps c’est tellement touchant ! Madame Thompson ne s’étonne même pas de ma présence ni de celle de Joyce, elle se contente de ce que Nikki lui dit à savoir que nous sommes ses amies. Ce qui est vrai aussi dans un sens. Avant que Joyce ne se mette à sortir avec Evan, Nikki et Joyce ne se connaissaient que peu et de vue, grâce à moi en fait et aux quelques soirées où j’étais avec Joyce et Veronica. Mais depuis, elles se sont découvertes des affinités notamment dans le domaine de la mode. Je ne veux JAMAIS assister à une séance shopping en leur compagnie. A mon avis c’est pire que le parcours du combattant sous la neige en Sibérie. Sans déconner, déjà individuellement elles sont tarées mais ensemble je n’ose même pas imaginer. Nous arrivons dans la chambre que Veronica a réquisitionnée pour la journée dans la grande villa des Thompson. J’aime bien cette maison ; en trois ans, j’ai eu l’occasion d’y venir régulièrement mais je n’y suis jamais restée autant de temps. Ça va me faire bizarre. C’est comme si aujourd’hui, avec Joyce qui sort avec Evan, ma vie professionnelle et personnelle commençaient à se mélanger. Ho ho… et si c’est le cas, je suis mal barrée. 36 000 ans après, enfin à ce qu’il me semble, Joyce et Nikki parlent de moi pour savoir quelle robe elles doivent me mettre. Elles, elles sont prêtes et coiffées. Soi-disant parce que moi ce serait plus long. Elles m’ont fait prendre une douche avec des produits spéciaux et je ne compte plus le nombre de produits qu’elles ont appliqué sur mes cheveux et mon corps. – Vous savez que ça n’est pas un défilé ni même mon mariage ? Ce n’est que la fête nationale ? – Je sais, se contente de répondre Joyce. Elle m’énerve. D’autant plus qu’elle est magnifique dans sa robe rouge. Elle est pieds nus, avec sa robe, ses longs cheveux blonds coiffés par Nikki, son maquillage digne des tapis rouges… elle est parfaite. – Mais tu es négative, sourit Veronica. C’est amusant de jouer à la poupée avec toi, c’est la première fois que je vais pouvoir faire de toi une femme parfaite ! Non pas que tu t’habilles mal d’habitude mais tu es toujours si… – … stricte. achève Joyce. Je fronce les sourcils. – Oui… en même temps, je travaille ! – Nous aussi… – Bon d’accord, je reformule. Je travaille avec Beresford et je ne veux pas qu’il me voit comme un vagin à talons. Elles me fixent bouche bée une seconde avant d’échanger un regard, ce qui me rend perplexe. – Quoi ? – Bah après ce soir, il te verra sans doute autrement. Je grimace. Ha oui, j’avais oublié ce détail. Depuis mon entrée en fonction, je me suis toujours débrouillée pour qu’il ne me voie qu’en tailleur ou, si je devais le rejoindre dans des galas ou autres réceptions, je ne portais qu’une robe noire, classique. Bah, ce n’est pas grave, après trois ans, il est habitué à moi et il ne verra pas la différence. Enfin j’espère. Je ne dis pas que je suis belle mais je sais pertinemment que je ne suis pas moche. Sans être Joyce non plus, mes yeux et mon corps sont apparemment désirables aux yeux des hommes. Et je m’en suis toujours parfaitement accommodée, j’en suis fière même. Mais bizarrement, là, j’aimerais avoir une verrue sur le nez et les dents de travers… ou un pied-bot. J’étouffe un rire en m’imaginant ainsi. N’importe quoi… franchement, parfois je me dis qu’il faudrait peut-être m’interner. Une dizaine de minutes après, elles décident que je dois porter une robe bleu nuit. En même temps, il y avait trois couleurs possibles. Pour la fête nationale, madame Thompson oblige ses invités à porter les couleurs du drapeau. Ce qui est assez logique, il faut bien le reconnaître.
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