Chapitre 2: Clayton
Nous étions affamés. Déboussolés, térrifiés et surtout crasseux .
Conditions amères dans une vie partielle.
Je levais la tête pour remercier le ciel , b****r la terre car à l'intérieur de moi j'étais mort mais il fallait mieux avancer plutôt que rebrousser chemin.
Dans ce paradis d'enfer où naissent et périssent les âmes des Evousses.
Une énigme éternelle, une souffrance ahurissante!
-Nous, Evousses méritons-nous encore de vivre dans un monde d'amour et de paix ?
-Arriverons-nous à oublier le mal commis ?
je ne savais pas!
Ma mère, plus jeune me parlait souvent de Christ, Jésus christ. Elle disait de lui qu'il était Dieu et qu'il était parmi nous! Mais ce Dieu je ne pouvais ni le voir, ni le toucher. Cela m'irritait de toutes parts car lorsque nous étions enfants-soldats de la milice eux, basait leurs croyances et leur foi sur des écorces, des mèches de cheveux et sur différents types d'objets comme des statuettes et des amulettes . Ces divinités on pouvait bien les voir ,mais elles ne parlaient point et ne bougeaient point . Ces divinités à travers la bouche du kada "le maître sorcier" nous promettaient invincibilité et puissance. Mais beaucoup tombaient au combat et ne se relevaient pas.
La mort cet ultime instant que nous craignons tous mais que nous affligeons tous que ce soit physiquement ou spirituellement.
Les jours ce succédèrent. En arrivant à la base de Gaïo j'avais crû que tous mes maux y seront expirés. Mais je faisais fausse route. J'étais plongé dans la solitude et la dépression .
-Quelle vie de misère ! Je chuchotait à chaque fois.
Je voyais qu'au fil du temps être parmi la puissance bleue n'était qu'une des nombreuses étapes qu'il fallait franchir pour atteindre le Graal . Nous étions le jour de mardi, il pleuvait énormément j'étais hors du dortoir je voulais me faire brûler quelques graines. Plus loin, dans la cour en face de moi il y avait un homme debout . Il s'agissait du Sergent -chef Clayton Silva Da Corno.
Il se tenait là sous la pluie les mains et le visage levés vers le ciel . Au départ l'air sérieux je l'avait pris pour un fou mais plus le temps passait plus j'avais fini par comprendre qu'il parlait.
- Mais à qui?
-Et pourquoi ?
Le temps passèrent depuis cet épisode et le sergent Clayton et moi devinrent très proches . Il m'avait en quelque sorte prit sous son aile ,ce que tout le monde ne voyait pas d'un bon œil. Mais il s'en fichait éperdument il n'avait qu'une seule obsession, celle de me voir m'épanouir et de craindre son Dieu. Nous étions le jeudi 3 mars l'unité Alpha des casques bleus dont faisait partie le sergent chef Clayton devait se rendre à Yora l'une des zones les plus dangereuses du pays qui était le fief Des disciples D' Aban chef d'une milice rivale de celle à laquelle j'appartenais . Elle était surnommée "Me tchi" ce qui voulais tout simplement dire en langue Fang "le sang". Ils étaient sans pitié ils n'hésitaient pas à tuer hommes, femmes et enfants pour faire asseoir leur domination dans cette partie dans l'Est du pays. Comme tous les matins, le sergent Clayton se recueillait derrière le camp où l'on ne pouvait qu'entendre Martin chanter, c'est comme ça que j'avais nommé cet oiseau qui venait se percher sur ce grandissime arbre qui servait d’autel au sergent. Je l'aperçue à genoux avec son uniforme prêt à aller risqué sa vie pour mon peuple. Ce n'était que ça, son casque bleu posé sur le sol juste à sa droite. Après avoir fini son rituel matinal il se leva en souriant en se rapprochant précipitamment de moi. A cet instant précis il me lâcha ces mots :
-hey NGUEMA prie pour moi ....
Et il me dépassait en souriant il allait retrouver son unité sur le départ. Il m'avait lancé un dernier regard avant que le charts et les voiture 4x4 de la puissance bleue ne sortent du camp. J'avais un peu peur pour lui , le gigantesques portail qui arborait fièrement les initiales U.N se referma devant moi et derrière ses hommes et lui . Je n'arrêtais pas de faire des cents pas dans la cours après leur départ, j'étais nerveux ce qui avait finit par attirer l'attention de Nobel, un EVOUSSE tout comme moi il avait aussi un mauvais pré-sentiment et s'était rapproché de moi pour me le faire savoir.
À 22h le même jour toujours aucun signe de l'unité du sergent . Le vent soufflait si fort, les éclairs dans le ciel prévoyaient un orage le fleuve qui traversait le camp était agité. Une grande pluie s’abattait ce soir dans le camp de Gaïo. Soldats et enfants allaient s'abriter à l'intérieur des petits bâtiments "écolo" fait en conteneurs qui servaient de bureaux à la force bleu. Je n'avais pas compris mais une fois dans mon lit . Le rythme de mon cœur s'était accéléré. Je ne pensais qu'à une seule chose, que je désirais par-dessus tout à ce moment là. Je voulais que le sergent nous reviennes sain et sauf. Même si au fond le terme n'était pas très approprié pour un soldat. Mais perdre un ami un mentor encore une fois je n'imaginais même pas. Celà risquerait une fois de plus de me voler le petit bout d'espoir qui daignait me caresser depuis mon arrivée ici à Gaïo.
Il était près de 5h du matin quand les sirènes du camp s’étaient misent à retentir, paniqué je quittais mon lit d’un bond et je me retrouvais les deux pieds poser sur le sol du dortoir . Ne sachant pas vraiment où aller mon instinct me poussait à courir en direction du grand portail, chose faite. Et là je tombais nez-à-nez avec la foule des soldats de l’unité Alpha2 qui étaient visiblement là pour accueillir Alpha 1 l'unité du sergent Clayton qui venait de débarquer de Yora.
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Le sergent n'avait pas survécu à cette opération. Tué sur le champ par une roquette tiré des mains des Sbires D'ABAN ainsi la vie de l’homme que j’admirais à part mon père prenait fin. Personne ne choisit sa mort même pas les plus kada du pays. Après ce moment , plutôt dans la journée, j'avais finis par comprendre que je ne reverrais plus le sergent Clayton. Un ami, un mentor, un soldat et un homme au grand cœur.
Je n'avais pas eu le courage de me montrer humain après sa tragique disparition je préférais rester le visage fermé. J’étais plus dans le dortoir que dehors la plupart du temps . Le temps était venu aux soldats de faire l'ultime à dieu à la dépouille du sergent Clayton une bien triste scène que je n'oublierai jamais. On pouvais remarquée avec presque pas d'insistance que certains soldats se retenaient de ne pas éclatés en sanglots. C'était la fin de cet homme au grand cœur qui n'a jamais cessé de croire en son Dieu qui n’avais pas pu le sauver ce jour, mais pourquoi ? Et en cette race humaine corrompu et traîtresse. Il se répétait toujours qu'on avait le pouvoir de changer notre histoire et qu’il y’a des évènements qu’on ne pourra jamais contrôler même si on vivait encore et encore là scène ,la même journée et que telle était le cas de la mort et quand c’est notre jour on doit l’accepter et se laisser partir mais s’assurer que ce ne soit pas en vain et qu’en me voyant il a la ferme assurance que sa mort ne sera pas vaine . Moi qui me sentais déjà condamner jusqu’à la moelle, j'avais pris la fâcheuse habitude de ricaner et de donner l'air pas convaincu quand il le faisait ce que j'appelais un récital de belles paroles . mais au fond tout ça avait vraiment du sens . Deux jours s’étaient écoulé depuis sa disparition je pouvais dès lors avouer que tout ça me manquait ,la nostalgie prenait toujours lentement possession de mon corps, de mon être tout entier dans mon lit d’Evousse, derrière ces murs du camp de Gaio . Je me posais encore plus de questions sur le but de la vie qu'à mon arrivée dans ce lieu, le sentiment d’un apprentissage raté ou inachevé ou tout simplement d’une vie marqué trop tôt je ne savais pas vraiment. Durant mes deux ans dans l'enfer qu'était la guerre et au premier rang pour y participer , je la qualifierais d'une fille de joie insoumise, pour la simple raison que nous pourrions lui donner autant d'or, d'argent et de diamants , toutes les pierres précieuses que vous voulez , mais jamais vous ne pourriez la manipuler si vous n’êtes pas au centre même de son existence car elle profite aux plus grands et dévore les innocents. Plusieurs visages et noms défilaient dans ma tête par moments les uns après les autres mais aucun d’eux n’avaient sembler réussi à berner la mort . Je me rendais compte que l’assemblage parfait et le plus important de l’existence était la vie et le temps car sans vie il n’y’avait pas de temps et sans temps il n’y’avait pas de vie . Des pièces du puzzle que je m’efforçai à rassembler nuits et jours à fin de retrouver un nouveau sens à ma vie semblaient avoir un peu plus de certitudes.
Pourquoi pas si avec un peu de chance ,si tout se passe bien, intégré moi aussi la puissance bleue ? Une négation sortait du fonds de ma gorge. Tellement épuisée à cet instant je n’avais qu’une envie. Crié au monde entier que je savais ce que je voulais et que ne me laisserai pas abattre encore une fois de plus dans cette vie . Une douce appellation qui nous inspire amour, passion et confiance.
Tout ça sonnait très fort dans ma tête jusqu’à ce que j’en arrivai à la conclusion que je devais vivre même si pour ça il fallait encore une fois de plus traversé des forêts sombres ,des eaux troubles, affronter des prédateurs affamés . J’étais enfin prêt à renaître mais j’avais toujours le sentiment qu’il le manquait quelque chose ou quelqu’un, mais qui ?
Le seigneur Jésus-Christ comme l’appelait le sergent Clayton était selon lui le seule à avoir le pouvoir de guérir les blessures du passé et régénérer nos âmes je restais tout de même perplexe. Serait ce encore une perte de temps ou un voyage gratifiant avec une réduction au bout de ce dernier ? Je sortais du dortoir plusieurs minutes après mes frères evousses.Le Ciel était rempli de nuages le spectacle était tellement beau et le paysage silencieux . Ça me rappelait le lac bleu ,qui était le paradis sur terre pour les habitants de mon village. Un mois s’était déjà écoulé depuis la mort du sergent ,la vie semblait avoir repris son cours dans le camp . La puissance bleue était toujours là quelques nouveaux visages mais rien d’autres. J’avais besoin d’aller me recueillir au pied de cet arbre que le sergent Clayton aimait tant ,lui qui était planter juste derrière notre dortoir . J’étais limite entre la frontière de la colère et de la tristesse ne sachant pas vraiment comment réagir face à tout ça . En ce jour il avait l’air plus magnifique au aurait dit que l’esprit du sergent l'illuminait . l’ombre des feuilles sur le sol nous donnait l’impression d’apercevoir un tatouage tribal sur le solde chaud et humide de cette partie du camp la grande pierre au centre de l’arbre et moi était encore plus blanche que d’habitude.
Je regardais tout autour de moi histoire de ne pas être aperçu ou encore distrait par un intrus qui allait mettre à nue ce moment d’intimité entre moi l’arbre et la pierre. Je n’avais pu me retenir longtemps ce jour là mes larmes étaient bien présente sur mon visage meurtrie et rêveur . Je posais alors lentement mais sûrement et je pouvais dire avec foi mes deux genoux au sol . j’ai crû, en cet instant là que s’était la chose à faire . Jusque là je pensais que la mort avait été injuste envers les frères Evousses ,mais combien de fois l’a – t-elle été envers ces personnes qui avaient croiser notre chemin jusqu’à maintenant ? Des innocents avaient péri bien trop d’innocents. La milice nous avait fait commettre beaucoup d’atrocités envers femmes , Hommes et enfants . La laideur de la nuit l’odeur du sang ,le bruit des os qui se brisent et de la chaire qui se détache de ces derniers ,les bruits sourds ,les cris et les pleures de ces pauvres gens , ces jeunes filles et ces femmes qui se voyaient leurs dignités arrachées par nous devant leurs hommes ,leurs pères et frères impuissant ,eux-mêmes torturées.
Genoux au sol face contre terre ces souvenirs sombres d’une partie de mon existence refaisait surface. Le besoin de hurler de toutes mes forces en demandant de l’aide était encore plus présent. J’en avait de plus en plus besoin . Besoin de cette forme spirituelle pour me remettre sur les rails.
Je crois que je faisais ce que voulait le sergent Clayton c’est-à-dire m’agenouiller et prié jusqu’à ce que mon souffle se coupe ne sachant plus trop quoi dire de mes lèvres. Pour la première fois depuis longtemps j’étais là face à la réalité ,face à notre réalité d'Evousses.
Mes mots étaient précis >
S’était bien là les requêtes les plus importantes à mes yeux durant ma prière. Je ne voulais pas mourir dans la forêt du kassangaï comme beaucoup d’autres frères .Avoir été capturé fût dès cette instant comme une bénédiction du ciel .Qui sait ce qui se serait passé plusieurs nuits ou même une nuit de plus dans cette forêt avant l’arrivée de la puissance bleue ? Des corps en putréfaction et des restes humains sur chaque centimètres voici de quoi était constitué la terre du kassangaï ,cette forêt était devenu le cimetière des Evousses. Je peux vous assurer ce n’était pas par choix ni vocation mais par contrainte et manque de chance. Les affrontements y faisaient rages depuis près de dix ans entre les différentes milices dont celle à laquelle j’appartenais avec les forces armées du gouvernement nommé les gardiens de la paix . C’était légitime nos groupes tentaient de renverser le pouvoir et d’autres d’asseoir leur puissance dans des régions reculées du pays pour y régner en maîtres . Il y’avait comme dans chaque guerres des morts des deux côtés , les rebelles contre l’armée gouvernementale. Personne n’avait-il pas le droit de choisir du lieu et de comment d’autres personnes doivent mourir . On était tous des frères mais qui luttaient pour des opinions différentes pour des objectifs différents mais nous n’étions pas si différents que ça si ce n’était que nos uniformes et symboles. L’un des témoins les prés de se conflit qui durait déjà presque vingt ans était le fleuve kasav qui était le plus grand fleuve du pays .il le traversait tout entier ,ce n’était donc pas difficile de s’y jeter afin d’échapper à une exécution pour abrégé ses souffrances. Ce qui était considéré comme une preuve de bravoure pour les plus faibles était considérer aux contraires par les combattants comme une preuve de lâcheté. Mais avaient- ils réellement le choix et leurs destins entre les mains ?
Tout ce chaos leurs semblaient inévitable.
Comme à mon habitude depuis la disparition du sergent je n’arrivais pas à fermer l’œil cette nuit .
Je n’arrêtai de me repasser encore et encore dans ma tête le film de ma vie ,avec quelques larmes au passage mais un visage très fermé et effrayant ,tel était l’on habit de minuit . Je pouvais ressentir encore une fois mon cœur qui battait si fort qu’on aurait dit qu’il m’aurait ouvert la poitrine. Je marque encore aujourd’hui en rouge sur le calendrier la date de ce jour . Mais j’étais loin d’imaginer ce qui allait se passer quelques heures plus tard dans le camp .
Le jour levé je n’avais malheureusement pas dormi de la nuit ,il était maintenant huit-heures du matin j’avais quitter mon lit à la coutume entre 6h00 et 6h30. On était en rang comme chaque matin dans la cours du camp ,moi et le reste des Evousses .
Ce jour là le président de la nation Heing - Messiah-NGomo allait décider du sort celui de nous épargner ou de nous faire exécuter . Parfois je ne comprends toujours pas le geste du président , pourquoi avait-il organiser une conférence de presse pour dire ce qu’il allait faire de nous avant même de nous avoir entre ses mains et au risque de créé une forme de rébellion dans les différents camp militaire dont celui de Gaïo où nous étions retenue . Un simple coup de fil à la puissance bleue et je crois que tout serait vite aller.
On avait formé trois rangs de dix ,nous étions au nombre total de trente ,trente Evousses, ma tête était tout de même ailleurs ,je n’avais qu’une envie reposé mes jambes.
Ça faisait déjà longtemps qu’on était rester là debout dans la cours d’habitude ça ne prenait pas autant de temps ,je finis par comprendre qu’on était réunie cette fois pour regarder le discours du président sur le petit poste téléviseur dans un coin de la cour qui était quadrillé derrière de fine barres de fers soudées et sceller d’un cadenas pour que personne ne s’empare d’elle certainement.