Chapitre 5Trois mois plus tard. Les sorties des Kurdes cessent, mais l’armée se prépare encore. Issa ne parvient pas à mobiliser la communauté. Des crieurs haranguent les gens au coin des rues, mais rien n’y fait. Que ce soient les menaces de coups de bâton sur les pieds, les emprisonnements, les amendes ou au contraire des récompenses de dix, vingt tomans pour la capture d’un Kurde, les villageois craignent d’y laisser leur peau. Ils ont aussi des préoccupations autrement plus importantes et plus immédiates : finir de cultiver les champs et commencer certaines récoltes. Finalement, ce sont les femmes qui arrivent à les convaincre de partir faire la guerre. Elles sollicitent leur attention pour ramener quelque chose d’utile qui pourrait tomber sous leurs mains : vêtements, colliers, coff


