CHAPITRE 5
*** Soraya Mabiala ***
Prince m'énerve à faire l'orgueilleux comme ça à chaque fois. Je vois bien qu'il est en difficulté et ça ne me plait pas de le voir dans cette situation lorsque je sais que je peux l'aider. J'ai voulu discuter avec lui mais il me sort les foutaises de "je ne veux pas que ma go m'entretienne" pffff vraiment des foutaises.
Prince (sms): C'est quoi cette réaction ?
Moi: Tu me saoules.
Prince: Parce que j'ai refusé de prendre ton gain ?
Moi: parce que tu es orgueilleux et égoïste.
Prince: Tu sais que c'est faux.
Moi: Tu refuses parce que l'argent vient de moi mais pourtant si c'était quelqu'un d'autre ça n'allait pas te déranger.
Prince: Ce n'est pas la même chose et tu le sais.
Moi: Et en quoi c'est différent Prince ? Dis-moi parce que je ne comprends pas. J'essaie mais je n'arrive pas.
Prince: on peut se voir ?
Moi: j'ai la flemme et surtout si c'est pour que l'on se dispute.
Prince: Soraya stp.
Moi: Tu viens chez moi dans ce cas.
Prince: ok.
J'ai balancé mon portable et je me suis levée pour aller faire pipi et me rincer le visage. Je suis seule à la maison. Maman devait manger chez Tonton Claude avec Tantine Mado et elles ont dû continuer dans leur balade du weekend.
J'ai rejoint Prince en lui ouvrant le petit portail et l'on s'est installé dans la cour pour discuter. Je peux comprendre que tu sois quelqu'un de fier mais il ne faut pas abuser tout de même.
Prince (me regardant): Soraya je ne veux pas que tu le prennes mal… Je veux que tu comprennes que ça me gêne, j'ai l'impression de passer pour un g****o.
Moi: Prince donc parce que je vais te dépanner UNE FOIS ça y est ? Tu es devenu g****o? Ce n'est pas comme si tu m'as demandé, c'est un service que je te rends.
Prince: Et l'on se connaît Soraya. Tu voudras me rendre ce service à chaque fois que tu verras que je serais en galère et ça je ne veux pas.
Moi: Et ça fait quoi ? Je suis ta copine et ça ne me dérange pas. Ça aurait pu être moi qui suis dans le besoin. Je ne pense pas que l'on aurait cette discussion.
Prince: Ce n'est pas la même chose. Et j'aimerai d'ailleurs que ce soit le contraire.
Moi (douce): Tu t'en sortira un jour et on le sait, tu te bats pour ça mais juste pour cette fois laisse-moi t'aider bébé.
Prince (soupirant):
Moi (tenant sa main): ça ne changera rien à ta nature d'homme. Ce n'est pas pour ça que je te verrais différemment ou que je vais te rabaisser.
Prince (levant les yeux): Je vais trouver un petit job pour les week-end, ça m'aidera.
Moi: ok mais en attendant, je peux faire quelque chose.
Prince (passant les mains sur son visage): huum
Moi: Si tu ne veux pas ok mais sache au moins que ton attitude et ton entêtement me frustre énormément.
Prince: Je suis désolé… je sais que je passe pour un c*n mais… Laisse-moi faire et gérer seul stp.
Moi (la gorge serrée): ok.
Je n'ai pas voulu débattre et l'on a changé de sujet même si je bouillonnais au fond de moi. Il a senti que je n'étais plus d'humeur alors il a décidé de rentrer et au même moment que maman arrivait avec ma tante.
Prince : bonjour Madame
Maman (souriante): bonjour Prince tu vas bien ?
Prince: oui merci et vous ?
Maman: ça va?
Prince: Ok je m'en allais.
Moi: je le laisse au portail.
Prince: Bonne soirée.
Elles: merci.
Je l'ai accompagné au portail en lui souhaitant une bonne soirée. Il a hésité à m'embrasser avant de s'en aller et je suis rentrée dans la maison.
Tante Mado (me regardant): Ana me dit que c'est ton copain ce garçon.
Moi (soupirant): oui c'est lui.
Tante Mado (surprise): mais tu le connais vraiment ? Il fait partie des voyous qui traînent dans le quartier ici.
Moi : il n'est plus comme ça et il a repris ses études.
Tante Mado: Et encore heureuse pour lui mais je suis quand même déçue que tu tombes si bas.
Maman (soupirant): Madeleine !
Moi (la regardant): Et qu'est ce que tu appelles bas Tantine?
Tante Mado: Mais regarde toi, tu es une belle fille et de bonne famille, tu es une héritière, tu bosses à côté de tes cours, tu as le charisme d'une future grande femme et tu t'amouraches avec un gars des bas quartiers ? Tu es sérieuse Soso ?
Moi (frustrée): Pourquoi ? Ce n'est pas un homme ?
Tante Mado: en tout cas pas le genre d'homme qu'il te faut. Si ton père était encore vivant, je ne sais pas si tu aurais eu le cran de te donner à ce genre d'homme.
Maman: Mado laisse-la tranquille. Elle est encore jeune et j'en ai déjà discuté avec elle.
Tante Mado: ah bon tu l'encourage Ana ? Sortir avec un gars qui ne va rien lui apporter dans la vie ? Au contraire, c'est elle qui va l'entretenir.
Moi: Pas du tout, Prince n'est pas comme ça. De toute façon, ce n'est pas ce que je cherche chez un homme pour commencer. Je me sens bien avec lui et je suis sûr que demain il aura une situation stable.
Tante Mado: Tu es jeune Soso mais pas stupide. Tu vis dans un film ou quoi ?
Moi: bref.
Je ne veux pas me prendre la tête avec ça déjà que Prince lui même est en train de me saouler avec ses bêtises. Je suis allée dans ma chambre me coucher sur mon lit en ruminant. Je ne suis sortie que pour manger et je suis retournée m'enfermer en écoutant de la musique.
Le lendemain, j'étais à l'agence de bonne heure et Ahlem est arrivée une heure après moi et elle a passé toute la matinée. On a mangé ensemble le midi et elle est rentrée chez elle. L'après-midi c'est Marco qui est passé.
En rentrant après mes cours, j'ai passé une commande de nourriture avec deux plats différents à la mère . Elle m'a bien fait payer même, elle est grave, le business c'est le business. Le lendemain, j'ai apporté le panier avec les tupperwares à sa mère directement. Je ne vais pas les laisser dormir le ventre vide parce que Prince ne veut pas.
Ma Fanny (souriante): merci beaucoup ma fille. Que Dieu te bénisse pour tout ça.
Moi: Amen. Ça me fait plaisir.
Ma Fanny (regardant les plats): Ah vraiment ça va nous faire du bien, on va se régaler.
Moi: si tu as besoin, n'hésite pas. Je peux prendre ton numéro?
Ma Fanny: oui comme ça j'enregistre le tien.
Nous avons échangé les numéros. Lorsque Prince est allé prendre sa douche, j'ai remis 10 000 fcfa à chacun de ses frères et sa sœur pour le taxi. Lui s'il veut marcher, c'est son problème. Je ne vais pas me battre avec lui pour son propre bien.
Après sa douche, il m'a raccompagné à la maison et l'on a longuement discuté. Le vendredi, lorsque j'ai reçu mon salaire, j'ai pris 50 000 fcfa et j'ai fait un transfert Airtel Money à sa mère. Elle m'a appelé 5 minutes après l'avoir reçu.
J'ai terminé ma journée tranquillement et je n'ai même pas vu le temps passer. Je suis rentrée et direction les toilettes me vider le ventre puis j'ai pris ma douche.
Prince (sms): Je suis devant chez toi Soraya.
Moi: J'arrive.
J'ai enfilé une longue robe et je l'ai rejoint dehors. Je suis arrivée toute souriante en lui ouvrant le portail et en lui faisant un bisou.
Moi (le regardant ): Qu'est-ce qu'il y a?
Prince (sérieux): C'est quoi ton problème Soraya? Tu veux prouver quoi ? Qu'est-ce que tu veux montrer en envoyant des sous à ma mère?
Moi: C'est pour ça que tu es fâché?
Prince: Oui !
Moi:
Prince: si je te dis non, ce n'est pas pour que tu passes derrière moi. Si tu n'arrives pas à comprendre que c'est rabaissant pour moi, tu …
Moi (l'interrompant): J'ai compris Prince. J'ai très bien compris. Tu peux rentrer chez toi. Je ne le ferai plus.
Prince (soupirant): Soraya…
Moi (le fixant): Rentres chez toi Prince. Quand tu seras calmé et revenu à la raison, tu sais où me trouver.
*** Marco Koumba ***
Juin.
Je me suis garé devant le portail de la maison à Owendo. Je suis descendu ouvrir le portail en le faisant glisser vers la gauche en même temps que la maison en entier apparaissait. Je suis remonté faire entrer la voiture et me garer correctement.
Pendant qu'Ahlem prenait tout son temps pour descendre, j'ai ouvert la portière arrière pour prendre mon fils sur son siège. Si ce n'était pas le mien, souvent je dirais qu'il a un problème avec moi vu sa manière insistante de me regarder. Je l'ai pris contre moi en verrouillant la voiture.
Moi (rejoignant Ahlem devant): Alors ?
Ahlem (les mains aux hanches): J'aime beaucoup mais vraiment beaucoup. C'est ce que tu voulais de base ?
Moi (regardant la maison): Oui l'architecture oui. Je voulais qu'elle soit blanche mais tu as raison c'est salissant, le beige c'est mieux déjà.
Ahlem (passant son bras autour de moi): Ah tu vois quand tu m'écoutes.
Moi (regardant Murime): Mon fils est-ce que tu vois la maison ? Tout ça c'est pour toi.
Murime (touchant mon visage):
Ahlem (amusée): Il s'en fout.
Moi (mordillant ses doigts): Est-ce que tu es content ?
Il a laissé échappé ce petit rire qui me fait craquer à chaque fois en exposant ses gencives rouges et gonflées à cause de la poussée dentaire. Ça me pousse à lui faire des bisous et il glousse. Il s'en fiche de ce qui se passe autour tant qu'il voit ses parents. Ses préoccupations c'est manger, dormir, pleurer, jouer, pleurer encore, avoir de l'attention.
Alors que nous, on vit pour lui, à son rythme, selon ses désirs enfin surtout Ahlem moi il ne me manipule pas. Je dis ça mais je suis le premier à craquer quand il pleure à s'étouffer, je m'active à chercher la solution pour le voir à nouveau en paix.
La maison, je l'ai mise au nom de Murime. C'est celle de mon fils. C'est à cause de son arrivée que je me suis bougé pour terminer ce projet. Je soupire de soulagement lorsque je sais que si je pars précipitamment de cette terre, il aura au moins en toit au-dessus de sa tête. Mes entreprises c'est autre chose, c'est à moi, à mon nom.
Moi (souriant): On entre 115 ? Tu as les clefs !
Ahlem (fouillant son sac): oui chef.
Je lui ai laissé le soin d'ouvrir pour que l'on admire et qu'elle découvre tout à sa place avec le mobilier et la déco qu'elle a choisi. Ahlem n'a rien dit ou exigé par rapport à la construction. J'avais mon plan 1 an à l'avance et je m'en suis tenu. Elle a donné son avis et porté sa touche pour les peintures, carrelage, meubles et déco uniquement.
Quand on rentre, on tombe sur un hall d'entrée assez large avec sur la droite des escaliers pour aller à l'étage. On avance pour découvrir le grand salon double. C'est pour me donner un genre, au cas où je reçois des vrais gens lol. Une salle à manger ouverte avec une grande table de 6 personnes, on peut rallonger jusqu'à 8.
Au niveau de la salle à manger, la porte de la cuisine, qui est entièrement meublée et équipée. Ahlem s'est arrêtée pour observer la grande gazinière et ouvrir le four en commentant. Puis le réfrigérateur américain qu'elle m'a cassé les oreilles pour avoir. Elle a passé ses mains sur la table de la cuisine encore emballée dans du plastique.
Moi (la regardant): Happy ?
Ahlem (me regardant): C'est ce que je voulais. Où est mon congélateur ?
Moi : derrière la porte.
Elle a ouvert la porte où il y a le congèle et des placards pour rangements. La machine à laver et de quoi repasser. Elle est revenue avec le sourire.
Ahlem (sourire): C'est parfait, j'aime cette cuisine.
Moi : La place de la femme c'est à la COUISINE !!!
Murime (se mettant à pleurer):
Moi (le serrant contre moi): Oh ?
Ahlem: Tu vois? Je n'ai plus besoin de me défendre même ton fils te trouve nul avec tes blagues.
Moi (rire): Tu te calmes tout de suite.
Je lui ai mis sa tétine à la bouche pour qu'il me laisse le bruit et on a continué. Il y a des toilettes visiteurs en bas et une salle que j'ai mise en bureau pour le moment. Nous sommes allés à l'étage avec les 4 chambres avec salle d'eau à l'intérieur comme ça tout le monde est tranquille. De petites douches à l'italienne avec wc.
Moi (souriant): Regarde ta chambre Murime.
Murime (regardant sa mère):
Ahlem (amusée): C'est ta chambre, regarde comment c'est beau.
Murime (souriant à sa mère):
Moi (à son oreille): C'est ici que tu vas désormais dormir pendant que je vais bien m'occuper de ta mère à côté.
Murime (pleurant):
Ahlem (s'approchant): Qu'est-ce que tu lui as encore fait ?
Moi (le sourire aux lèvres): Absolument rien.
Ahlem (me le prenant): C'est fini mon coeur.
Je les ai regardés en souriant. Monsieur était tout tremblant et en larmes. N'importe quoi ! Il pense vraiment qu'il va être mon seul enfant ? C'est à cause de son lourd comportement que je vais en faire un deuxième très bientôt. Je ne veux pas avoir beaucoup d'enfants, 3 c'est le maximum. Dès que j'épouse Ahlem, le soir même je plante à nouveau la graine. Il se prend pour qui ce Murime ?
On a terminé par notre chambre, notre nid d'amour. C'est la suite parentale donc je me suis lâché avec dans la salle de bain un mini jacuzzi et une cabine de douche, double vasque, toilette, carreaux effet marbre. Lit king size, petit coin salon avec mini bar. J'ai travaillé dur pour ça.
Ahlem s'est assise sur le lit en donnant le sein à son rigolo de fils. J'aime admirer ce spectacle donc je me suis allongé à côté d'eux en chatouillant le pied de Murime qu'il s'est mis à agiter dans tous les sens. Il a arrêté de téter 10 secondes pour crier de frustration avant de recommencer.
Moi (le regardant): Mais… oh ? Tu cries sur qui ?
Ahlem: Laisse-le aussi, tu aimes trop le provoquer hum. Il prend le sein, tu vois bien.
Moi (levant le sourcil) : Et donc ? Il veut montrer quoi ? J'ai pris le sein là avant lui.
Ahlem (me regardant): Tu aimerais que l'on te dérange pendant que tu es en train de f***********r par exemple ?
Moi (soutenant son regard) : Hier j'étais chaud pour qu'on le fasse quand il s'est mis à pleurer.
Ahlem: C'est une vengeance ?
Moi: pfff
Ahlem (caressant ma joue): Je m'occupe de toi dès qu'il finit.
Moi (souriant): Très bien.
J'ai donc attendu comme un enfant qu'il termine et s'endorme. Une fois qu'Ahlem l'a posé dans son nouveau lit, elle est revenue s'occuper de moi proprement. J'ai été traité comme un Prince, ma wife sait ce qui me fait plaisir et me pousse à grogner. J'ai posé mes mains sur ses seins qui rebondissent devant mon visage alors qu'elle me chevauche ardemment.
Elle a joui en s'allongeant sur moi et continuant à remuer ses fesses, plaquant ses lèvres contre les miennes. Elle m'a gardé en elle étant secouée de petits spasmes. Puis elle s'est redressée en me regardant.
Ahlem (caressant mes lèvres): Je t'aime Marco.
Moi (la regardant): Je t'aime aussi 115.
Ahlem (me fixant) : Tu es heureux avec moi?
Moi (soutenant son regard) : Je le suis Ahlem et toi?
Ahlem (recommencent à bouger): Je ne veux être nulle part ailleurs… Fais-moi l'amour… comme toi seul sait faire bébé.
Je l'ai fait basculer d'un geste en me retrouvant au-dessus d'elle et l'embrassant avec tendresse et amour. Je suis descendu progressivement le long de son corps et j'ai remonté et écarté ses cuisses.
Ahlem (pressant ma tête): oui bébé !
Je me suis redressé en présentant mon s**e à l'entrée et elle m'a comme aspiré en elle. Je l'ai possédé encore et encore, toujours plus profond en elle en sentant ses ongles dans ma chair. Jusqu'à ce qu'aucun son ne sorte plus de sa bouche et que j'explose à mon tour.
Ahlem (baladant sa main sur mon ventre): Je voulais te dire merci pour ce que tu fais pour nous, tout ce que tu donnes pour ton fils sans retenu.
Moi (caressant son épaule): Tu n'as pas à me remercier pour ça. C'est normal Ahlem.
Ahlem: Non… c'est peut-être normal mais tous les pères ne le font pas. J'ai de la chance de t'avoir toi.
Moi (touché): …
Ahlem (posant son menton sur mon torse): Je me demande souvent où je serais et ce que je serais en train de faire si tu n'étais pas entré dans ma vie… (me regardant)... si tu étais mort à cause de moi…
Moi (soutenant son regard): Nous n'en sommes plus là donc n'y pensons plus. Concentrons nous sur le présent et (glissant mes doigts entre les siens) préparons le futur ensemble.
Ahlem (m'embrassant): Je t'aime Marco… je t'aime fort.
Moi (souriant): J'aime quand tu es douce comme ça pas tes trucs de psychopathe que tu fais souvent.
Ahlem (pouffant): C'est ça.
Moi (caressant son dos): Tu vas dormir ?
Ahlem (se collant à moi): oui.
J'ai attendu qu'elle s'endorme pour me lever. Je suis allé me vider la vessie et passer de l'eau sur mon corps. J'ai vérifié mon fils qui dormait, l'observant de longues minutes en souriant. Je l'aime encore plus quand il est silencieux et dort paisiblement.
Pendant que ma wife et mon fils dorment, je suis sorti nous prendre à manger. Ce n'était pas prévu que l'on reste aussi longtemps. De retour, j'ai déballé le reste des meubles et j'ai fait du rangement. J'ai déplacé nos cartons et valises au bon endroit pour faciliter la suite.
Lorsque je remontais, Murime s'est réveillé. Je l'ai pris en allant chercher son sac et prendre de quoi lui changer la couche. Ahlem dort toujours. Je vais préparer un biberon pour lui et l'on s'est installé dans le salon pour discuter. Oui je discute avec lui et il écoute sans broncher. Il me regarde les yeux ronds avec ses mains croisées sur son ventre.
Ahlem : coucou vous deux.
Moi (la regardant): Coucou chérie.
Ahlem (s'étirant): trop confortable ce lit.
Moi: il y a à manger dans la cuisine.
Ahlem: Oh… merci
Elle a mis la table pour nous deux. On a passé toute la journée ici au final avant de rentrer. Le lendemain c'était dimanche et Ahlem m'a stressé parce qu'on présente Murime ce matin à l'église. Tenue bien propre et assortie, madame était sur son 31. On a récupéré ma mère et on y est allé.
Il y avait Marielle et les garçons, Boris le frère d'Ahlem. Yannick aussi était bien présent et cherchait à se rapprocher de Marielle qui ne le calcule pas. Est-ce qu'on savait un jour que les rôles allaient être inversés ? La vie-là n'est rien.
On a présenté 6 enfants et l'assemblée a prié pour eux. J'étais ému d'avoir mon fils dans les bras et qu'on bénisse autant sa petite vie. Pourquoi moi on ne m'a pas fait ça? Après tu as de gentilles personnes qui viennent nous voir et complimenter Murime. Je peux faire doter mon fils avec toutes les femmes là.
Marielle nous a laissé les garçons pour la journée et elle a rejoint son nouveau chéri. Nous autres sommes rentrés chez ma mère faire un repas. On le fait ici parce qu'on a presque tout vider à Louis dans la maison.
Eugénie et Francky ne sont pas venus bien qu'ils soient au courant. Boris après manger n'est plus resté longtemps soit disant il doit voir des amis. Si je parle, Madame va dire que je critique, je parle mal et tout ça. Donc je regarde et je reste muet face à tout ça.
Moi (regardant Yann): Tu es sur Google?
Yann (manipulant son portable): quoi ?
Moi: A quel niveau de ton goumin.
Yann (levant les yeux): Ça te fait rire Marco?
Moi: oh ?
Yann: Tu crois que je trouve ça drôle de voir Marielle se pavaner au bras d'un autre ? Ma tension monte très vite.
Moi (le regardant): On t'avait prévenu Tate. Je t'avais dit que tu allais chercher comment arrêter de pleurer.
Yann: Enfoiré !
Moi (rire): Ne te muscle pas sur moi stp.
Yann: Je ne baisse pas les bras aussi vite. Marielle réagit avec l'émotion, elle va bientôt revenir à la raison.
Moi: Et en attendant tu as toujours Méléa chez toi.
Yann: Chaque chose en son temps. Je cherche comment me débarrasser en douceur.
Moi: en tout cas… je te regarde.
Nous sommes rentrés vers 20h à la maison. Je me suis endormi avec Murime sur mon torse enfin c'est ce que je pensais mais lorsque j'ai ouvert les yeux, il me fixait les sourcils froncés.
Moi (soutenant son regard): Pourquoi tu ne dors pas ?
Murime (me regardant):
Moi: Entre toi et moi qui doit surveiller l'autre en train de dormir ? Hum ?
Murime:
Moi (sourire): Mon fils, tu es beau !
Murime (souriant et gloussant):
Moi (totalement fan): petit coquin va.
Je me suis occupé de lui et rejoignant Ahlem avec son biberon en main. Elle sortait de la salle de bain en serviette. Elle a pris le relai et moi j'ai filé à la douche.
Le mercredi, on a rendu les clefs de la maison au propriétaire pour enfin rentrer chez nous. J'ai dû attendre que ma wife balance l'eau bénite dans toute la maison et fasse le tour en priant. C'est bien qu'elle le fasse, je n'y aurais pas pensé moi.
Ahlem a repris le chemin du boulot, pas tous les jours mais elle bouge. Elle laisse Murime avec la nounou et ma mère. J'aime la voir bien habillée le matin, monter dans sa voiture et aller bosser.
Moi (bisou dans son cou): Tu m'excites chérie.
Ahlem (tordant son cou): Arrêteeee !
Moi: C'est vrai. Ça m'excite les femmes qui vont au travail comme ça ! Tu sens bon, on te drague souvent ?
Ahlem (rire): Tu es trop bête bébé.
Maman (dans le couloir): Marco ?
Moi (ouvrant la porte): oui ?
Maman (inquiète): C'est quoi ce bruit ?
Moi: Ahlem qui rit.
Maman (la regardant): C'est quoi ce rire on dirait une fille qui n'a pas d'avenir ?
J'ai éclaté de rire en sortant de la chambre. Une heure plus tard, je suis allée bosser comme un dingue, toujours avec mon objectif 115 millions en tête. Le vendredi soir Maman Eugénie est venue à la maison et pour passer le weekend. Boris et Francky sont venus pour la soirée.
Ahlem: Le Bac approche hein Boris j'espère que tu es prêt ?
Boris (la regardant): Tranquille, ça se prépare doucement mais sûrement.
Ahlem: Ah ok et tu sais déjà où tu vas te diriger à la rentrée ? Dans quelle branche ?
Boris: Bon euh…
Là je reçois un coup de pied de Maman Eugénie sous la table, je crois que ce n’était pas destiné pour moi parce qu’elle a fait comme si de rien n’était en fixant Boris avec de gros yeux. J’ai donc continué à manger mon riz tranquillement en les observant au coin de l'œil.
Boris: Bon je veux faire Logistique et Transport.
Ahlem (arquant les sourcils): Ok… Et tu sais où on fait ça ici ? C’est une école supérieure ?
Boris: Je ne sais pas où on fait ça au Gabon mais je voulais sortir du pays.
Ahlem: Ah…
Maman Eugénie: C’est mieux pour lui de sortir parce qu’on connaît très bien le système universitaire et supérieur de ce pays.
Ahlem: J’ai eu ma licence en finance dans ce même pays et ça s’est très bien passé. Quand on veut, on s’en sort.
Boris: Ouais mais Ahl… Pour ce que je veux faire, je préfère sortir et me spécialiser dans mon domaine. J’ai commencé à regarder à Dakar ou au Ghana, Afrique du Sud comme ça je pourrais apprendre la langue.
Ahlem: En tout cas… Tu sais ce que tu fais, c'est ta vie.
Maman Eugénie (me regardant): Qu’est-ce que tu en penses Marco ?
Moi (vidant mon verre d’eau): Par rapport à quoi ?
Maman Eugénie (sourire): Ton beau-frère veut sortir faire les études.
Moi: S’il sait ce qu’il veut c’est très bien et je l’encourage à poursuivre ses rêves. Il faut bien se renseigner et bien faire ce qu’il y a à faire.
Maman Eugénie: Ah c’est ce que je lui dis comme ça il fait toutes les démarches et ensuite vous allez voir comment faire pour financer tout ça.
Ahlem: Euh maman… ça ne se passe pas comme ça.
Maman Eugénie (la regardant de travers): Ca fait quoi ? Il faut aider ton frère, s’il ne sait pas s’y prendre.
Je me suis resservie de l’eau, j’ai envie de parler mais on va dire que je suis impoli. J’ai terminé en m’excusant et me levant de table. J’ai récupéré l’amour de ma vie et je me suis assis dans le salon avec lui en les ignorant. J’ai allumé la télévision en laissant mon fils me mâcher la joue, le nez et me mettre de sa bave partout. Ils sont restés à discuter entre eux puis Francky a aidé Ahlem a débarrasser la table.
Maman Eugénie (genre): Il est déjà tard hein, vous allez rentrer comment ? La nuit comme ça je ne suis pas sereine.
Ahlem: C’est la première fois qu’ils rentrent tard ?
Maman Eugénie: Si l’un de vous peut les déposer.
Moi (regardant Ahlem): Appelles Ibrahim ou Roméo pour venir les récupérer.
Ahlem (prenant mon portable): Ok.
Je suis bien installé avec mon enfant et je ne laisse pas Ahlem conduire aussi tard. Elle va appeler un de mes taxis et c’est tout. Ils ont toujours des faux problèmes pour fatiguer les gens. La mère parle à la place de deux grands garçons comme ça, ils sont là comme des moutons. Les garçons mous comme ça, ça me fatigue l’esprit. J’aime aider et encourager mais pas quand il n’y a pas d’effort derrière, on attend juste, on tend la main chaque fois. Mais tu veux faire quoi pour t’en sortir ?
Je préfère qu’on me dise Marco aide-moi à trouver un travail, à monter une affaire mais pas donne-moi, donne-moi et tu ne fous rien avec derrière. Roméo est venu chercher les garçons et je suis restée avec Ahlem et Maman Eugénie qui continuait son bavardage concernant les études de son fils en s’adressant directement à moi. Je comprends très bien ce qu’elle est en train de me demander.
Moi (la regardant): J’ai compris mais je me demandais où est son père ? Pourquoi il ne voit pas ça directement avec lui ?
Maman Eugénie (surprise par la question): Leur père ne s’en occupe pas depuis des années. C’est moi-même avec l’aide d’Ahlem plus tard qui avons tout fait.
Moi: Ah ok !
Maman Eugénie: Donc aujourd’hui tu es comme leur grand-frère, il faut l’aider.
Moi: Je préfère ne pas m’engager dans des choses qui vont me dépasser plus tard, je suis honnête. Je peux aider oui pour l’installation mais je ne peux pas prendre la charge de m’occuper de lui pendant tout son cursus.
Maman Eugénie (visage fermé): Donc il ne va pas aller à l’école ? Il doit traîner comme les autres au pays ?
Ahlem (soupirant): Mais s’il n’y a pas de possibilités, on peut faire avec ce qu’on a ici.
Maman Eugénie: Donc toi Ahlem, tu vis bien et c’est ton frère qui doit galérer ? Il ne faut pas avoir le mauvais cœur comme ça. Et d’ailleurs Marco, on t’attend toujours pour les présentations et les fiançailles ! J’ai l’impression que vous vous moquez des gens.
Moi (la regardant): Je ne me moque pas de vous. Je vais le faire, c'est quand vous voulez!
Maman Eugénie: Très bien. Demain j'appelle mes frères.