Avril 1917Je suis toujours intact, physiquement du moins, sans me planquer ni chercher à me débiner. Faut-il imputer ça à la chance ? Après deux jours de voyage, nous nous trouvons derrière les lignes, en Lorraine. Géographiquement, je me rapproche à nouveau des miens. Nous avons reçu le renfort de jeunes recrues encore tout excitées à l’idée de charger baïonnette au canon. Toute cette naïveté me laisse rêveur ! Chaque fois qu’on arrive dans un nouveau secteur, je suis désigné pour aider les territoriaux qu’on surnomme affectueusement les « papys ». Ces quadragénaires doivent remettre les tranchées en état et je les « épaule » en portant les sacs de sable. Je n’ai pas perdu de poids ni de force depuis mon départ d’Olizy, je suis resté costaud, et donc souvent recruté comme portefaix ;


