Juillet 1917Je reviens de l’enfer. Je croyais avoir touché au paroxysme de l’horreur, je m’étais trompé. En mai, nous avons conquis de haute lutte, comme disent les officiers planqués et que je traduis plutôt par nous avons subi des pertes humaines énormes sous des tonnes d’obus et sur des mines impitoyables. Le petit Joseph, d’Angecourt, n’est pas revenu ; le sergent Legrand a été littéralement coupé en deux ; la plupart des jeunes recrues ont définitivement cessé de grandir sur ce champ de bataille où plus une herbe ne tente de pousser. J’avais raison de ne pas cultiver l’amitié ; la camaraderie suffira, merci. Le sous-lieutenant Benoît me voue une haine qui se vérifie par le nombre de corvées et missions qu’il m’ordonne de faire et que j’exécute sans moufter. Il m’a promis, entre les


