XVIIISavine était sorti de chez madame de Barizel enchanté de lui-même. C’était son habitude de trouver toujours dans ce qu’il avait dit comme dans ce qu’il avait fait, de même dans ce qu’il n’avait pas dit et ce qu’il n’avait pas fait, des motifs de satisfaction qui lui permettaient de se féliciter. Il avait parlé, il avait agi, il avait été bien inspiré ; il s’était abstenu de paroles et d’actes, il avait été habile ; jamais il n’avait eu tort, jamais il n’avait commis une erreur, encore moins une maladresse ou une sottise, et quand les choses n’avaient point tourné selon son désir ou ses intérêts, c’était la faute des circonstances, ce n’était pas la sienne. Comment eût-il été en faute, lui ! Dieu, oui ; Dieu en qui il croyait quand il réussissait et en qui il ne croyait plus quand il


