XXIIICorysandre avait longuement répété son rôle dans la scène qu’elle devait jouer avec Roger ; elle avait travaillé « ses yeux tendres », étudié « ses silences, ses intonations, ses gestes », et, au bout d’une grande heure, madame de Barizel s’était déclarée satisfaite. – Je crois que ça marchera ; ce soir, M. de Naurouse viendra m’adresser officiellement sa demande. Quelle joie ! Mais Corysandre n’avait pas partagé cette satisfaction, car ç’avait été plutôt par lassitude que par conviction, pour ne pas subir les ennuis d’une discussion sur un sujet qui la blessait, qu’elle s’était prêtée, à cette comédie. Comment sa mère n’avait-elle pas senti combien cela était révoltant ? Sans doute, elle n’avait vu que le résultat à obtenir ; mais qu’importait la légitimité du résultat si les moye


