Jacques
Je ne pense pas qu'il s'agissait d'une plaisanterie, tout comme je ne pense pas qu'il s'agit d'un reproche. Je ne comprends pas où il veut en venir, et j'en viens à me demander si j'ai envie de le savoir. Seulement, il me semble que je n'ai pas réellement le choix. Que je le veille ou non d'après l'instance avec laquelle tu me regardes, je comprends aisément qu'il ne s'agit d'un sujet que je pourrais esquiver, refouler au fond d'une boîte pour faire comme si il n'était jamais arrivé.
Tout au contraire, je te dois tes réponses, je te dois une opinion, quelque chose qui pourrait te permettre de comprendre pourquoi il s'agit toujours de moi et de personne d'autre.
- Je suis ton ainé.
- D'une seule année.
- Connais-tu la valeur Jean ?
- Pour quoi est ce tu me prends, bien sur que je le sais.
- Je ne te parle pas de valeur mathématique, je te parle d'une chose qui te dépasse totalement.
- Le monde extérieur je présume ?
- Tu présumes, mal c'est bien plus grand, vaste et dangereux que tu ne puisses imaginer. Une année, 365 jours, 24000 heures, sais tu ce que représente cet intervalle de temps ? à l'intérieur d'un monde qui ne te connait pas et que tu ne connais pas. Un monde qui ne veut pas te connaître, ce qu'il veut c'est t'anéantir de son organisme, tu l'embêtes donc tu dois disparaître.
- Mais tu es encore là.
- Tu veux dire heureusement, je suis encore là...
Jean hausse des épaules, se contente de me répondre avec sarcasme.
- Je ne pensais pas que tu avais besoin d'autant d'attention.
- Dit celui qui est à la recherche constante de l'attention de papa.
Le ton de la voix, qui se durcit, l'expression de mon frère qui s'assombrit.
- Retire ce que tu viens de dire.
- Toi qui voit tout, tu refuses de voir la vérité en face ?
- Je ne te permet pas !
- C'est moi qui ne te permet pas ! Tu passes ton temps à me juger ... Tu crois que je n'ai pas vu ton ptit manège devant lui, tu voulais clairement montrer que tu es plus intelligent que moi.
- Est ce faux ? Ne le suis-je pas Jacques.
- J'ai assez de confiance en moi Jean, pour ne pas ressentir le besoin de me comparer à tout ceux que je considère comme étant une menace.
"Hein". Un brassement sec de l'air, accompagné d'un touche de condescendance, se lit facilement sur son expression faciale, alors qu'il se décide à nous regarde dans les yeux , moi son ainé ! Il m regarde de haut, non pas avec mépris mais avec ... peu de respect.
- Tu es ridicule, Jacques le tombeur de ses dames. Je n'ai peur de personnes car je sais que personne ne peut être plus intelligent que moi.
- Eh bien ! Ce n'était pas toi qui clamait ne pas tout connaître.
- Une personne à l'âme supérieur sait qu'elle ne peut pas tout comprendre, mais par contre elle se doit de comprendre tout ce qu'elle connaît.
- Bien selon ton raisonnement, tout le monde est donc intelligent.
- Absolument pas, plein de personnes ne comprennent pas tout ce qu'elles connaissent.
- Mais moi, je comprends tout ce que je connais, donc nous sommes au même niveau Jean.
- C'est faux, du fait que j'en sais plus que toi...
Je ne te laisse pas finir.
- Ton raisonnement est donc faux, tout connaître ne veut pas dire tout comprendre.
- Mais je comprend tout ce que je connais.
- Ah oui ?
- Oui.
- Comprends-tu ton pourvoir.
- Oui, je le comprends.
- Bien, maintenant explique le moi.
- Mon pouvoir tu veux que j t'explique comment il fonctionne ?
- Non, je veux tu m'explique pourquoi tu en as été doté.
- Je... Je ...
- Tu ne sais pas, alors arrête de crier sur tous les toits que tu vois tout.
Doucement, je me lève de mon bureau, remonte les escaliers tranquillement alors que mon regard se perd dans la profondeur du gris des pierres qui forment le mur du château dans lequel nous vivons.
Depuis la fenêtre de la tour droite que je suis en train de remonter, je me rends compte du fait que de chez nous, la famille de l'or, on peut voir tout l'entièreté du royaume. Du palais royal au ruisseau qui sert de séparation entre notre royaume et celui des monstres.
- C'est magnifique n'est ce pas ?
Je me tourne en sursaut surpris par la voix masculine que je viens d'entendre.
Mais qui est cette personne ?
" Il semblerait que les choses deviennent de plus en plus intéressantes, tu ne trouves pas Amalia ?"
"Peut être"