XIII Elle et luiAussitôt l’amiral laissa échapper un cri. Mais Gabrielle n’aurait pu dire si ce cri exprimait la surprise, la joie, ou toute autre impression. Après être resté un instant immobile comme pétrifié, M. de Sisterne bondit vers la jeune femme et, lui prenant les deux mains : – Ah ! Gabrielle, ma pauvre Gabrielle ! dit-il d’une voix brisée par l’émotion, c’est vous que je revois, vous que je retrouve, après vous avoir si longtemps cherchée ! Gabrielle n’eut plus la force de se contenir ; elle fondit en larmes. Le comte avait entouré sa taille d’un de ses bras, il la serrait contre sa poitrine. – Oh ! monsieur le comte, fit-elle en se dégageant brusquement. – Gabrielle, je ne vous offense pas ! s’écria-t-il ; il y a vingt-deux ans que vous êtes ma femme devant Dieu ! – De g


