XIV Le pèreL’amiral, tenant sa tête dans ses mains, garda un assez long silence. Gabrielle attendait avec anxiété la réponse qu’il allait lui faire. Enfin il releva lentement la tête. – Bien que je ne connaisse pas exactement les faits qui ont précédé et suivi le crime de Sosthène de Perny, dit-il, je ne puis, moi, qui suis désintéressé dans cette grave affaire, me montrer plus sévère que le marquis de Coulange, qui en était le juge suprême ; donc, sans pouvoir apprécier les causes de son silence, je dis comme lui : « La marquise n’est point coupable. » Je vois, je comprends qu’elle a été une victime. En même temps, je suis forcé de reconnaître que j’ai eu tort ; j’ai jugé témérairement sur des apparences et j’ai agi avec une précipitation blâmable. Vous le voyez, Gabrielle, je n’hésit


