Une fois que j’eus été installée avec soin sur le lit par Emmanuel, la conscience me revint doucement. Le médecin tentait de s’approcher pour m’examiner, mais Emmanuel, immobile à mes côtés, rendait chaque geste délicat. Mon regard croisa alors le sien : son expression était grave, presque inquiète. Je comprenais son attitude. Avec moi, il est impossible de jauger la gravité d’une situation à l’extérieur ; chaque malaise me fait paraître au bord du précipice, qu’il s’agisse d’une simple piqûre ou d’un problème plus sérieux. — Je vais bien, annonçai-je finalement, inutile de prévenir l’ambulance. Je me tournai vers le personnel présent : — Désolée pour le dérangement… Vous pouvez continuer, je n’ai besoin de rien. Emmanuel fronça les sourcils, sa voix devenant presque autoritaire : — Q


