Quand nos yeux se sont croisés, Cherifa m'a fait un signe de la main avant de venir vers nous.
Cherifa : hey Bachir, comment ça va ?
Moi : Cherifa ! Je vais bien et toi ? Dis-je en lui serrant la main.
Nancy elle ne dit rien mais elle sourit gentiment.
Cherifa : ça va aussi, bonsoir madame, dit-elle en tendant la main à Nancy.
Nancy : non on se fait la bise, c'est moi Nancy.
Cherifa : ah Nancy, je suis très heureuse de te rencontrer.
Cherifa était un peu surprise, elle se n’attendait sûrement pas à nous voir si tôt sortir en amoureux.
Nancy : le plaisir est partagé Cherifa, comment tu vas ?
Cherifa : je vais bien merci.
Moi : hey bah les présentations sont faites
Cherifa : alors vous êtes venu profiter de ce cadre magnifique.
Nancy : oui, j'adore cet endroit, tu es venu seule ?
Cherifa : non en fait je suis avec un ami, il est parti acheter un truc et j'en ai profité pour marcher un peu.
Cherifa n'a pas d'amis en plus elle a bien dit « un ». Ok je vois.
Nancy : ah cool.
Et là je n’arrive pas à le croire, je vois Karim, mon collègue heu je veux dire ex collègue, avancer vers nous.
Karim : ah Bachir quelle surprise ! Bonsoir madame.
Nancy : bonsoir.
Moi : Karim comment tu vas ?
Karim : je vais bien et toi ?
Moi : ça va tranquille, heu je te présente Nancy, Nancy lui c'est Karim, on travaillait ensemble à N-Media.
Nancy : enchantée Karim.
Karim : de même Nancy, en fait je pense que je vous ai déjà vu rendre visite à Bachir, vous êtes sa sœur c'est ça ?
Nancy m'a fait ce même regard que le jour de mon anniversaire quand on était avec nos potes à Radisson et qu'elle attendait que je dise qu'on était en couple. Je n'ai pas le droit de merder cette fois mais en même je ne suis pas trop à l'aise par rapport à Cherifa.
Cherifa : non Karim, Nancy et Bachir sont en couple dit-elle avec sa voix si apaisante.
Karim : ah d'accord je vois, dit-il.
Même son regard nous montre qu'il est un peu confus.
Karim : désolé je ne savais pas.
Bachir : c'est rien, ce n’est pas la première fois qu'on nous demande ça.
En fait les gens avaient l'habitude de croire ça, Nancy ressemble un peu à mes sœurs. Surtout qu'elles sont aussi de teint clair.
Nancy : oui c'est vrai.
Bachir : bon bah nous on doit partir maintenant, on se reverra sûrement un de ces quatre.
Karim : il faut passer, depuis que tu as démissionné on te voit plus.
Cherifa : oui c'est vrai, tu as une nouvelle famille maintenant ?
Moi : non ce n'est pas ça, c'est juste qu'il me manque le temps, mais je passerai ne vous inquiétez pas.
Cherifa : parfait alors.
On s'est dit au revoir puis Nancy et moi continuons à marcher.
Nancy : ça te fait quoi de la revoir ?
Moi : tout ce que je sais c'est qu'au moment où je parle j'ai fait mon choix et je ne regrette rien.
Nancy : ça me rassure un peu.
Moi : alors on rentre, je te raccompagne ?
Nancy : j'ai ma voiture.
Moi : je conduis pour toi et après je peux prendre un taxi pour rentrer.
Nancy : ça marche bébé.
J'ai fait comme je lui ai promis avant de rentrer chez moi.
C'est Adja qui m'a ouvert la porte, quand je suis arrivé.
Adja : je vais bientôt rentrer et je n'arrive même pas à passer du temps avec toi.
Moi : je suis désolé Adja tu n'as pas tort lui dis-je en la prenant dans mes bras.
Adja : ce n’est pas grave je comprends.
Moi : demain c'est dimanche, dis-moi où est-ce que tu as envie d'aller ?
Adja : hum ? Je ne sais pas moi, j'aimerais bien passer la journée ici avec toute la famille réunie.
Moi : ok je vais rester ici demain et je demanderai à tout le monde de le faire ; je vais voir si Kiné peut passer.
Adja : parfait.
Moi : ou est Mohamed ?
Adja : il est dans sa chambre, maman et papa sont partis chez ma tante.
Moi : je vois, je vais monter prendre une douche moi.
Adja : ok !
Je suis allé dans ma chambre pour prendre une douche et m'habiller plus léger. Quand j'ai fini je suis parti à la cuisine pour chercher un truc à manger et je trouve Adja entrain de faire des crêpes.
Moi : j'en veux.
Adja : vas-y j'en ramènerai dans ta chambre.
Moi : c'est cool d'avoir une petite sœur, dis-je pour la taquiner.
Adja : vas-y profite ! Tu veux boire quoi ?
Moi : ramène du thé.
Adja : ok je t'en ferai.
Moi : merci tu es un amour toi.
Adja : contente toi de profiter toi.
Je suis remonté et une demi-heure après Adja m'a rejoint avec un plateau rempli de crêpes avec une théière et deux tasses.
Moi : je vais t'aider dis-je en prenant le plateau que j'ai posé sur la commode.
Adja est monté sur mon lit et on a mangé en discutant tranquillement.
Adja : maman nous a dit que tu as parlé aux parents de Nancy.
Moi : oui tout est réglé maintenant, j'attends juste qu'elle accouche et que tout se passe bien.
Adja : tu te sens comment ?
Moi : j'ai l'impression que j'ai un poids de moins sur moi.
Adja : c'est tout ce que tu ressens.
Moi : oui je crois.
Adja : tu as fait un choix de la conscience.
Adja veut savoir si j'étais heureux après avoir fait mon choix, mais je ne saurais répondre.
Moi : Adja s'il te plaît, je suis bien quand je suis avec elle.
Adja : je n’ai rien dit moi, j'espère juste que tu seras heureux avec elle, je ne veux que ton bonheur.
Moi : j'espère aussi.
Adja : comment elle va Nancy ?
Moi : oui ça va, tu la connais elle est forte.
Adja : si votre enfant est une fille je serai son homonyme c'est clair.
Moi : hein ? Toi ?
Adja : pourquoi pas ?
Moi : ose rêver, en plus ce sera un garçon.
Adja : mais qu'est-ce que tu en sais toi ?
Moi : je le sens moi.
Adja : il ne manquait plus que ça
Moi : en fait j'ai oublié de te dire que Nancy et moi avions rencontré Cherifa.
Adja : oh Drama, tu es sérieux là ?
Moi : oui, en plus c'est la première fois que je revois Cherifa depuis tout ce temps et on était tous les deux accompagnés.
Adja : quelle coïncidence ! Dit-elle en rigolant, en tout cas elle n'a pas perdu de temps non plus.
Moi : elle était avec un de nos collègues, ce gars était intéressé par elle depuis qu'elle est arrivée à N-Media.
Adja : ça se comprend, maintenant qu'elle est célibataire elle va lui donner sa chance.
Moi : Elle mérite mieux que lui.
Adja : mais qu'est-ce que tu en sais toi ?
Moi : non mais ce gars est d'une arrogance
Adja : peut-être que c'est juste une façade, en plus s’il l'aime bien, il prendra soin d'elle
Moi : moi en tout cas je pense qu'elle peut avoir mieux.
Adja : si tu le dis, façon elle est grande et elle a assez d'expérience maintenant pour savoir ce qu'elle veut ou ce qu'il y'a de mieux pour elle.
Moi : pas faux.
Adja : Saly est partie définitivement tu savais ?
Moi : bonne nouvelle.
Adja : ouais ; il parait qu'elle n'arrêtait pas de te chercher.
Moi : tu ne peux même pas imaginer à quel point.
Adja : elle ne va jamais changer dis donc.
Moi : c'est elle qui a découvert le passé de Cherifa, c'est elle qui me l'a dit.
Adja : quoi ? La peste.
Moi : Elle m'en a fait voir de toutes les couleurs.
Adja : tu es trop gentil.
Moi : tu sais puisque c'est un truc de famille, en plus c'est une fille et tout je ne voulais trop réagir.
Adja : mais papa nous a dit que tu l'avais giflé.
Moi : oui mais elle l'a bien mérité même si j'ai regretté après.
Adja : je ne sais pas ce qui ne va pas chez elle.
Moi : puisqu'elle est partie je ne peux rien de demander plus.
Adja : c'est bien comme ça.
***************
Le week-end suivant je suis allé chez Ousmane. On devait se retrouver là-bas avec Papis aussi. On se n’est pas revu depuis le jour où il y'avait ce problème avec Saly.
Papis ne s'était toujours pas remis de sa rupture avec Mamie, à vrai dire il n'y a même pas eu de rupture. Moi je n'aurais jamais pardonné ça à quelqu'un, elle devait au moins prendre le temps de bien rompre.
Ousmane et moi on arrête pas de le taquiner un peu pour changer son humer, mais apparemment il ne veut rien entendre.
Moi : tu dois sortir toi, il faut que tu fasses des rencontres.
Ousmane : c'est ce que je disais non.
Papis : vous ne comprenez pas le gars non seulement j'ai mal parce que j'ai perdu la fille que j'aime, mais aussi mon ego d'homme a pris un sacré coup.
Moi : je comprends.
Papis : je suis parti chez elle, une semaine après le mariage.
Moi : Papis elle t'a fait du mal, tout le monde le sait mais elle est mariée maintenant ne lui crée pas des problèmes.
Papis : Bachir crois moi je respecte ça, mais on fait huit ans de relation, je ne demandais rien de plus qu'une explication, j'ai le droit d'en avoir et maintenant c'est bon chacun fait sa vie se son côté.
Ousmane : elle était chez elle ?
Papis : oui, elle est toujours chez ses parents, et quand je l'ai vu elle m'a accueilli comme si de rien n'était, et surtout comme si je n'étais qu'une simple connaissance.
Bachir : mais tu as eu les explications que tu voulais ?
Papis : j'ai eu des excuses et après elle m'a expliqué calmement que je n'avais pas fait l'effort d'officialiser les choses, et elle n'allait pas m'attendre éternellement.
Ousmane : mais est-ce qu'elle t'en parlait quand vous étiez en couple ?
Papis : oui souvent et moi je lui disais tout le temps que je n'étais pas prêt, déjà moi je vis toujours chez mes parents, mon salaire n'est pas si fameux pour le moment et je ne veux pas que ma femme vit avec ma sorcière de belle-mère. Je lui demandais juste de patienter un peu
Bachir : elle voulait vraiment se marier, bon c'est normal chez les filles sénégalaises de cette âge.
Ousmane : elles sont toutes obsédées par le mariage, elles oublient que c'est plus qu'une journée où tu es habillée comme une reine et que tu postes des photos sur f*******:.
Bachir : Ousmane tu as tout compris, dommage qu'elle ne soit pas plus intelligente que ça.
Papis : c'est tant pis pour elle aussi car je vois dans ses yeux que ses sentiments pour moi n'ont pas changé. C'est pourquoi en tant que bon m******n j'ai décidé de couper tous les ponts avec elle.
Ousmane : c'est mieux, tu vas souffrir mais ça finira par changer pour toi, tu vas l'oublier tu verras.
Bachir : ouais, c'est comme ça, life geos on* (la ville continue).
Papis : c'est surprenant, tellement de choses ont changé cette année.
Bachir : la vie est pleine de surprise.
Ousmane : ouais parce que moi je n'arrive pas à le croire mais je pense que j'ai trouvé celle que je cherchais depuis tout ce temps.
Papis et moi : quoi ?
Ousmane : je pense que je suis en train de tomber amoureux.
Moi : ça va changer en deux moi mais on veut quand même savoir qui c'est ?
Ousmane : non cette fois c'est différent et je vous la présenterai le moment venu.
Papis : je suis choqué.
Moi : moi aussi.
Ousmane : je vois qu'avec elle je suis différent, je suis un autre Ousmane, vous verrez elle me plaît grave.
Moi : c'est tout ce que je te souhaite bro, trouver l'amour.
Ousmane : rassure toi frangin.
Moi : c'est cool vraiment.
Je suis content pour lui-même si j'ai peur qu'il change d'avis. Mais Ousmane est quelqu'un de très sincère et il ne nous a jamais dit ça concernant une fille. Je croise les doigts. J'espère que ça va marcher pour lui au moins