Je me couchai dans le lieu où je me trouvais, et je cachai mon visage contre terre. Je restai tranquille un instant ; le vent de nuit soufflait sur la montagne et sur moi, et allait mourir au loin en mugissant ; la pluie tombait épaisse et me mouillait jusqu'aux os. Si mes membres s'étaient engourdis, si de cet état j'avais passé au doux froid de la mort, la gelée aurait pu tomber sur moi, je ne l'aurais pas sentie ; mais ma chair, vivante encore, tressaillait sous cette atmosphère humide. Au bout de peu de temps je me levai. La lumière était encore là ; on la voyait mal à travers la pluie, mais on la voyait toujours. Je m'efforçai de marcher de nouveau ; je traînai lentement mes membres épuisés dans cette direction. J'arrivai au delà de la montagne en traversant un marécage qui aurait ét


