Épisode 06

1145 Mots
06 (LE POINT DE VUE : AMÉLIE) J’ai décidé de rester chez mes parents. Ça veut dire que je dois emballer toutes mes affaires du chalet. Macy est venue plus tôt pour m’aider à faire mes valises, dieu merci. Mais elle est partie en disant qu’elle ne se sentait pas bien et qu’elle était fatiguée. Je suis encore sous le choc, mais je sais que ça ne finira jamais vraiment. Alors je me mets à ranger mes vêtements. Ma garde-robe est assez originale, j’aime essayer de nouvelles choses. Pourtant, chaque vêtement qui lui appartenait était gris, blanc ou noir. Je ne suis toujours pas sortie depuis hier. J’ai peur qu’il soit dehors. Je ne suis pas encore prête à le revoir. Je sais que je dois dire au revoir à mes élèves. Alors j’envoie un message à Alex pour qu’il dise aux stagiaires de venir aujourd’hui. Je suis tellement énervée… mais je dois leur dire au revoir. Je décide d’aller courir pour faire passer mes nerfs et me vider la tête. Je sors un sac du placard. J’y mets ma bouteille d’eau, un legging noir, un soutien-gorge de sport, et une veste crop top noire. Je glisse aussi mon téléphone et mes clés, puis je sors de mon chalet. Je porte déjà une tenue de sport assortie, mais elle sera fichue quand je vais me transformer. Aujourd’hui, je décide de laisser sortir Kat. Elle a besoin de s’étirer. Je commence à bouger, et je sens tous mes os qui craquent un à un. Au bout d’un moment, la douleur devient supportable. Même si ça fait mal, il ne faut jamais laisser ton ennemi voir que tu souffres. Une fois transformée, je suis sous ma forme de louve, et je sens la terre sous mes pattes. Kat attrape le sac entre ses dents, s’étire, et se met à courir dans la forêt. Ma louve est grande, avec une fourrure blanche et des pattes noires. Kat a de beaux yeux verts, avec du noir autour. Elle court de plus en plus vite. On ne se fatigue pas, on a trop l’habitude. Je ressens l’air autour de nous. Ça fait un bien fou de courir sous cette forme. On commence à ralentir, et je vois une cascade. Kat pose le sac, s’allonge, et observe la cascade. On aime ça, la nature. C’est tout ce qu’on veut. Être dehors. C’est si paisible. Il y a tant de choses qu’on pourrait faire ici. Je commence à reprendre forme humaine. Je suis complètement nue dans la forêt. C’est la partie que je déteste. J’attrape le sac, vais me cacher derrière un arbre, m’habille rapidement, puis je redescends et m’assois. J’avais besoin de ça pour apaiser mon esprit. J’avais besoin de paix et de calme. Soudain, l’air change. Mon corps se tend. Je sens que quelque chose approche. Je me relève d’un bond et je regarde autour de moi. Tout ce que je vois, ce sont des arbres et la cascade. Mais je sens que quelque chose est proche. Ce serait idiot d’ignorer ça. Tout ce que je voulais, c’était un moment de tranquillité… et maintenant je vais peut-être devoir tuer un intrus. Cette semaine ne fait que s’empirer. Je ne dis pas que rencontrer mon compagnon est une mauvaise chose, mais ce sont les conséquences qui le sont. Et franchement, j’ai pas envie de tuer un intrus cette semaine. Je prends ma position de combat. Je peux’affronter un loup sous forme humaine ou animale. S’il a de mauvaises intentions, il va mourir. Je tourne la tête quand j’entends des pattes puissantes marteler le sol. Bientôt, j’aperçois un énorme loup noir. J’en ai vu beaucoup, mais celui-là est de loin le plus grand. À son odeur, je sais déjà qui c’est. Ça ne lui échappe pas… il est là ? Même dans un moment où j’essaye de me vider la tête ? Bientôt, le loup me voit et s’approche doucement. Mon compagnon se tient juste devant moi. Je vois sa fourrure noire et ses yeux noirs. Il n’a pas l’air en colère, juste curieux. Il tourne lentement autour de moi, puis s’arrête. Il a maintenant l’air triste. Je m’approche doucement et je passe mes bras autour de lui. Je ne peux même pas les refermer entièrement tant il est grand. Sa fourrure est douce et chaude. J’entends Kat ronronner dans ma tête. Le loup se blottit un peu plus contre moi. Peut-être que ce n’est pas si grave. Peut-être que tout ira bien. Mon compagnon recule, puis commence à reprendre forme humaine. Je me retourne, parce que je sais qu’il est nu. Quelques instants plus tard, j’entends sa voix. — C’est bon, je suis couvert, tu peux te retourner. Il parle d’un ton doux. Je me tourne lentement. Il porte une chemise blanche et un jogging gris. — Je suis désolé de m’être éloigné comme ça hier. Je ne voulais pas te blesser. C’était juste… beaucoup à encaisser. Je laisse échapper ces mots. Son visage s’illumine d’un sourire. — C’est normal. Si j’étais toi, j’aurais réagi pareil. Sa voix grave résonne en moi. Il s’approche doucement, prend ma main et l’embrasse à nouveau. Les frissons me parcourent. Je lui adresse un demi-sourire et je reprends ma main. — Viens dîner avec moi ce soir. Je viendrai te chercher. — Comment tu sais où j’habite ? Je le regarde, méfiante. Il rit. — J’ai mes habitudes. Je suis un prince. — Je vis seule dans un chalet pas très loin d’ici. Mais j’ai décidé de rester chez mes parents jusqu’à notre départ, dans deux jours. — Parfait. Je viendrai te chercher chez Monsieur et Madame Davis à 20h ce soir pour dîner. Son ton est assuré, presque solennel. — Qu’est-ce que je dois porter pour ce dîner ? — Porte quelque chose de bleu. C’est ma couleur préférée. Je me mets à rire fort. Il a l’air confus, comme s’il ne comprend pas ce que j’ai trouvé drôle. — Désolée d’avoir ri si fort. — Non, continue s’il te plaît. J’adore ce son. Ça me rend heureux, moi et mon loup, Manox. Il sourit. — Très bien, comme tu veux, mon prince. Je baisse légèrement la tête. Il lève le bout de ses doigts, me prend doucement le menton, et rapproche mon visage du sien. C’est là que je réalise à quel point il est grand. Vraiment très grand. Et musclé. Avec de larges épaules. — Ne t’incline jamais devant moi. Mais moi, je m’inclinerai toujours devant toi, ma reine. Il me regarde droit dans les yeux. — Amélie. — Xavier. — Est-ce que je peux t’embrasser ? Il me demande ça dans un souffle. Ma respiration se bloque. Il veut m’embrasser. Est-ce que j’en ai envie ? Bien sûr que oui. — Oui. Le mot sort de ma bouche avant même que je réalise ce qu’il est sur le point de faire.
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