Épisode 07

1217 Mots
07 (POINT DE VUE : AMÉLIE) Une question aussi simple, mais pourtant si difficile. Ses lèvres douces touchent les miennes. Je ressens cette faim au fond de moi, et j’ai envie de la nourrir. Je jette mes bras autour de ses épaules larges. J’ai l’impression que le monde entier tourne autour de moi. Ses mains se posent à l’arrière de ma tête pour me rapprocher encore. Sa langue chaude se glisse si facilement en moi. On s’éloigne pour reprendre notre souffle, j’ai l’impression d’avoir été étouffée. Je ferme les yeux rapidement, j’ai trop peur de le regarder. Au bout d’une minute, je les rouvre… il n’est plus là. Je regarde autour de moi, mais je ne vois rien. Il doit être rapide. Bien sûr qu’il l’est. Il l’est. Le futur Roi Alpha. Je commence à marcher à travers la forêt. Je connais le chemin du retour vers mon petit chalet. Je marche vite parce que je dois encore ramener tous mes vêtements et mes affaires chez mes parents, puis retrouver mes élèves. Après quinze minutes de marche, j’arrive enfin chez moi. J’ouvre la porte et retourne dans ma chambre. Je commence à rassembler mes valises déjà prêtes. J’ouvre la porte d’entrée et je commence à promener mes bagages jusqu’à la voiture. Je prends mes clés et j’ouvre la voiture. Une fois tout terminé, je retourne une dernière fois à l’intérieur. Je regarde autour de moi… c’est la dernière fois que je verrai cet endroit. Je pousse un soupir et je sors par la porte. Je verrouille mon petit chalet pour la dernière fois. C’est absurde. Je vais jusqu’à ma voiture, je monte à l’intérieur et je referme la portière. Je commence à conduire. ••• — Alors tu pars pour faire partie de la Famille royale et tu nous remplaces ? Ivan me lance ça d’un ton furieux. Je ne l’ai jamais vu aussi en colère… Je suppose qu’il m’aime vraiment. Je sais qu’il m’aime, mais quand je vivais à la maison, on se disputait tout le temps. Ce crétin doit vraiment m’aimer. — Non, je ne te remplace pas, Ivan. Je dois y aller. J’ai trouvé mon compagnon et il se trouve que c’est le prince, alors maintenant je dois partir. Je baisse la tête et je commence à me frotter les tempes. Ça me donne mal à la tête. J’ai besoin de médicaments. Cette journée va être longue, parce que je dois aussi dire au revoir à mes stagiaires. Honnêtement, ça m’énerve. Qui est-il pour me dire de quitter ma vie pour des conneries royales ? J’ai besoin de libérer ma colère. J’ai besoin de m’entraîner avec quelqu’un. Je sens des bras chauds et familiers s’enrouler autour de moi. Je lève les yeux et je vois maman. Elle pose sa tête sur mon épaule. Je me fige. D’habitude, le contact physique me met mal à l’aise. Oui, maman m’a toujours nourrie quand j’étais enfant, mais j’étais bizarre. Je n’ai jamais aimé les câlins ou les baisers. Ça me mettait mal. Je n’aime pas que les gens me touchent, sauf si je suis habituée à leur contact. Macy, par exemple, adore les câlins et tout ce qui est physique. Pour elle, c’est naturel. Elle est pétillante et, franchement, agaçante de gentillesse. — Je veux que tu saches que je suis si heureuse pour toi. Tu vas être une grande reine. Je tourne brusquement la tête vers elle. Je n’ai même pas encore eu le temps de penser au fait d’être réellement reine. Je peux pas gérer ça maintenant, sinon je vais paniquer. Je lève les yeux au ciel. — Je ne vais pas être la Reine, maman. Je sors de ses bras. Ivan est toujours furieux, il monte les escaliers et claque sa porte. Je me sens vraiment frustrée en ce moment. Je me lève et je sors de la maison. Je monte dans ma voiture et je roule jusqu’au bâtiment d’entraînement. Je me gare sur le parking et j’essaie de contenir ma colère. D’habitude, je ne laisse jamais ma colère prendre le dessus quand je suis avec mes élèves. Et même quand ça arrive, je la garde sous contrôle. Je calme ma respiration et je sors de la voiture. Je me dirige vers le bâtiment et j’ouvre la porte. Il y a de nombreuses salles d’entraînement, une pour chaque instructeur. Je monte un escalier et je traverse un long couloir. Chaque salle porte le nom de l’instructeur. J’ouvre la porte de la mienne et je vois tous mes élèves, assis en groupe, la tête baissée. Je leur ai appris à être plus forts que ça. Là, ils ressemblent à une b***e d’idiots. Je dois me retenir de rire. Ils ont vraiment l’air ridicules. — Tout le monde se lève et me fait 15 tours de salle et 200 pompes ! Mes 22 élèves lèvent tous les yeux, avec une tête choquée. Même Alex a l’air choqué. — Bouge-toi les fesses ou ça devient 300 pompes. Tout le monde se lève d’un coup et commence à courir. Après environ quinze minutes, ils ont l’air épuisés. Ils ont terminé les tours mais galèrent avec les pompes. Ils sont à bout de souffle, épuisés, sans l’énergie ni le contrôle de la respiration pour finir. — D’accord, vous pouvez tous arrêter. Ils s’écroulent immédiatement au sol en gémissant. Velma, une de mes élèves, lève les yeux vers moi et dit d’une voix épuisée : — Vous savez… tu vas me manquer, Mme Amélie. Je n’ai pas la force de gérer une b***e de tristes ados de 14 à 16 ans. Ça me rendrait encore plus folle de devoir les quitter. — Si l’un de vous pleure, l’entraînement de demain sera encore pire. Oui, vous vous entraînez demain. Tout le monde gémit à nouveau. — Vous allez tous me manquer aussi. Et pas de bêtises avec votre nouvel instructeur. Je resterai toujours votre instructrice, quel que soit votre âge. Je souris. — Allez, vous pouvez partir. On se voit demain. Tout le monde commence à sortir de la salle, sauf Alex qui reste assis par terre. Je me penche vers lui et il lève la tête. — Tu vas vraiment partir ? T’étais la seule à croire en moi, alors que moi-même j’y croyais pas. Et maintenant tu vas juste m’abandonner ? Mon cœur se serre. Alex, c’est un peu comme un deuxième petit frère pour moi. Je lui attrape le bras. — Alex, t’as pas besoin de moi. T’as jamais eu besoin de moi. J’étais juste là pour t’encourager. C’est toi qui menais toujours le combat, t’avais juste besoin des bonnes stratégies. Je lui dis ça doucement. Il sourit. Il est adorable avec son petit sourire d’enfant. — Ça change rien au fait que t’as chouiné alors que j’avais clairement dit “pas de plaintes, pas de larmes”. Donc, demain, tu vas devoir bosser encore plus. Je prends un ton strict mais taquin. — Wow, tu vas faire une super reine. T’as déjà le côté autoritaire. Me dit Alex. Et pour la première fois, le fait que quelqu’un me parle de devenir reine ne me rend ni triste, ni en colère. Je rigole franchement. Cet endroit va vraiment me manquer. Je passe mon bras autour des épaules d’Alex et on sort ensemble de la salle d’entraînement.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER