La rentrée! Je n'avais pas mis les pieds à l'école depuis... Ryan.
L'uniforme que je porte m'est extrêmement inconfortable. Je ne m'y sens pas à mon aise.
Je porte une horrible chemise blanche à manches longues, une cravate rouge et une veste verte.
Qui en a eu l'idée ?
Sans compter ce pantalon couleur chair…
Beurk !
Je vois Jin au loin. Sa posture et son allure font qu'elle est à 100% dans son rôle de jeune homme. Elle porte un serre-tête rouge qui ramenait ses mèches en arrière, sa veste sur l'épaule et elle semble avoir déchiré ses manches. On voit ses bras et presque ses épaules, ce qui lui donnent un air... sexy !
Quelques mètres plus loin se tient Christyn. Je ne vois pas du tout la différence. Elle n'avait rien changé par rapport à il y a deux jours. Les cheveux lâchés lui tombent le long du dos. Son visage paraît plus dur, les sourcils froncés, la bouche pincée. L'uniforme lui va à ravir ! Ça lui donne un style.
"Nice Job My Queen!"
"Wouah, t'as vu la taille de ce gars?" lança le jeune homme près de moi à son ami.
"Oh, mais il est immense!", s'écrie l'autre.
À ces mots, je me retourne par curiosité. Qui était cette personne "immense" ?
C'est ainsi que j'ai reconnu Malia. Elle a l'air apeurée, la pauvre !
Je m'approche d'elle.
"Tu vas bien, mec ?" , lui dis-je en lui faisant un clin d'œil.
"C'est moi, Poppy!" dans un murmure.
Elle ferme les yeux et prend une grande inspiration.
"Qu'est-ce qui ne va pas?" demandais-je.
"Je ne suis pas très à l'aise en présence de la gent masculine. Le hic, c'est qu'il y en a partout !" me révéle-t-elle.
Je commençais à la rassurer lorsque quelqu'un me bouscula. Malia me rattrape au bon moment. Je me retourne alors:
"Hey! Tu pourrais quand même t'excuser, non ?" Envoyais-je à mon agresseur.
Je découvris un ange directement tombé du ciel. Un tel visage ne pouvait qu'appartenir à une divinité. Son corps élancé et bien formé, ses épaules larges où l'uniforme semblait ne faire qu'un avec celui-ci, les yeux d'un gris clair, le visage fin et les cheveux noirs formé faisaient de lui l'être le plus beau que j'ai pu voir de toute ma vie. (et pourtant, je suis actrice !)
"Hernan!" Mon merveilleux agresseur se retourna "Ramène-toi !" appelait un jeune homme.
L'ange se tourna vers moi et me lança:
"Désolé, Vieux!"
"Désolé, Vieux!", il m'a appelé "Vieux!".
Ce qualificatif me fait retomber dans une horrible réalité: je suis censé être un garçon. La drague et les yeux doux ne sont pas autorisés ici.
Ma déesse intérieure, qui commençait à se dandiner sur poteau de pôle dance vient de se retrouver les fesses à terre et les quatre fers en l’air !
Malia me tapota gentiment la tête. Je la regardais puis, suivais son regard fixe.
C'est ainsi que j'ai aperçu Natsuki. Elle a modifié l'uniforme à son avantage.
En effet, elle y avait ajouté de longues manches jaunes, deux poches sur le bas de la chemise ainsi qu'une capuche rabattue sur sa tête qui laissait apparaître la forme d'un casque de musique.
Malia lui fit signe, et Natsuki nous rejoignit.
"Poppy, j'ai oublié de te donner quelque chose"
Tel un dealer de d****e, elle sortit de sa poche une barrette à cheveux et une sorte de large bandeau. Puis, elle me les met dans la main.
"Il y a un bouton sur chacun d'entre eux. Le bandeau, c'est pour là."
Me dit-elle en fixant ma poitrine du regard
"Mais, fais-le aux toilettes."
Je m'exécute en me disant que ces trucs ne ressemblaient à rien du tout. J'arrive devant une porte où un panneau "Réservé aux hommes" est accroché.
Quelle ironie, quand on sait qu'il n'y a que ça dans cette école… Du moins… officiellement !
Je pousse la porte et entre dans cette pièce qui m'était normalement interdite.
Je me positionne devant un des lavabos au-dessus duquel était installé un miroir. J'installe alors la barrette et appuie sur le bouton en question. Mes cheveux se rétractent en une fraction de seconde et je me retrouve maintenant avec la même coupe que mon frère. Je panique.
"Où sont mes cheveux ? Où sont mes cheveux ?"
J'appuie de nouveau sur le bouton et ce que j'avais cru perdu, me revient sans aucun dégât.
"Ouf !"
Je repose mon doigt sur le bouton et y mets une légère pression. Je me retrouve de nouveau avec la coiffure de Ryan.
J'enlève la gaine que je portais, enfile le bandeau, appuie sur le bouton et il se resserre. J'ai le souffle coupé en moins de deux.
Natsuki et Malia m'attendent à la sortie des toilettes. Je vois Natsuki émettre un petit sourire en coin.
"Alors?" en me tournant sur moi-même.
"Cool! Ça te va bien, Pop…"
Je plaque immédiatement ma main sur la bouche de Malia.
"Shhh! Mon nom de code, c'est Ryan ! RYAN!"
"Déholée!" me répondit-elle difficilement.
Les personnes autour de nous se retournent et nous fixent. J’émets un rire nerveux, je lâche Malia et lui tapote l'épaule gentiment.
Une sonnerie retentit. C'est le glas de tout écolier. Le signale qui nous informe de nous diriger vers les salles de classes.
Je sors alors de mon sac l’emploi du temps et le plan de l'école.
"On l'a étudié de fond en comble, cette école. Pourquoi est-ce que tu sors le plan de l'école ?" me demande Natsuki d'un air perplexe.
"Nous sommes nouveaux, ici. Tâchons de passer inaperçus !" répondis-je en lui faisant un clin d'œil.
Malia sort son emploi du temps, prend le mien et compare les deux papiers.
"On commence avec le même cours. Je te suis... Ryan!" insiste-t-elle sur mon nom. Natsuki hausse les épaules et nous suit.
Après quelques allers-retours, le plan indiquait que ma salle se trouvait juste devant moi. (Oui, on a quand même réussi à se perdre. …) Je m'y engouffre et cherche une table où m'asseoir. J'en trouve une, m'y dirige et prend place.
Je sens une main se poser sur mon épaule et une voix plus ou moins familière se fait entendre.
"Hey! Tu es le gars que j'ai bousculé ce matin."
Je me retourne tombant nez à nez avec ce bel ange tombé du ciel. Je sens mon visage se réchauffer. C'est le garçon de tout à l'heure.
"Voyons Poppy, ce gars est mineur ! Tu ne vas pas jouer les cougars, quand-même !" me rappela ma déesse intérieure.
"Tu vas bien, vieux? T'es tout rouge!" me sort-il.
"J'ai bien l'impression que tu fais le même effet aux jeunes hommes, Hernan!" se moque un jeune homme.
Il était un peu plus petit: un corps fin et élancé, les cheveux châtains peignés avec grâce, les yeux brillants, couleur émeraude et une élégance indescriptible.
" Arrête! Le pauvre, je crois qu'il a bugué." répond Hernan.
À ces mots, Natsuki se jette sur moi. La main chargée et prête à s'effondrer sur ma joue. D'instinct, je l’attrape.
"Pourquoi veux-tu me gifler ?" fis-je, perplexe.
"Tu avais bugué !" me répond-elle.
"Ça va, vieux ?" me demande Hernan.
"Arrête de m'appeler Vieux, c'est très désagréable !" lui aboyais-je
"Désolé !" envoya-t-il en baissant la tête.
Cette image me brise le cœur et l'instant d'après, je me maudis de l'avoir mis dans cet état.
"Tout le monde à sa place."
Une voix forte et distincte se fit entendre. Le professeur est entré sans que nous nous en apercevions.
"Vous pouvez m'appeler Monsieur ou encore... Beau gosse!"
Il s'allonge sur sa table, faisant tout valser et prend la pose. Un large sourire se dessine sur ses lèvres. J'ai même l'impression d'avoir vu une de ses dents étinceler. C'est un homme qui doit sûrement être un peu plus âgé que moi. Il est très musclé, brun, les cheveux longs qui lui arrivent aux épaules attachés en queue de cheval. Ses yeux marron pourraient induire en erreur et faire penser qu'ils sont noirs. J'aperçois trois fossettes : une à chaque joue et une au menton. Il me fait penser à Gaston dans La Belle et la Bête.
"Je suis votre professeur Principale. continue-t-il.
"Je suis votre Leader pour cette année. En d'autres termes, je suis là pour vous guider durant votre année scolaire. Si vous avez des questions, des problèmes en cours ou bien niveau filles... Je suis là pour vous aider!!!" dit-il en pointant Hernan du doigt.
La main d'Hernan se lève:
"Tu as une question? Tu as un problème avec une fille ?" lance-t-il à Hernan
"Non, monsieur. Niveau filles, je me débrouille très bien" Hernan sourit et une de ses dents étincelle plus fort que celle du professeur.
"Je voulais juste savoir quel était votre nom. Si nous vous cherchons dans la salle des profs, nous n'allons quand même pas demander "Monsieur Beau Gosse" !" lâche Hernan.
"Faites-le ! Beau Gosse, c'est mon nom !" Lance-t-il à la classe.
" Officiellement, vous vous nommez M. LeLourd."
Sort Christyn en consultant son téléphone portable.
Puis j’entends Hernan marmonner:
" C'est vrai qu'il est lourd !"
Natsuki, qui se trouve à côté de moi, se met à ricaner.
" Les téléphones sont interdits en cours jeune homme." dit-il à Christyn." Et vous; Atchoum, Le Nain De Jardin ; qui vous a permis de rire ?" envoie-t-il à Natsuki.
"Monsieur, ne vous défoulez pas sur moi. Ce n'est pas ma faute si votre nom est pourri !"
Et hop, une chips !
C'est ainsi que Natsuki devint Atchoum.
Toute la journée, le professeur nous a rabâché les oreilles avec son nom. Je ne vous raconterai pas la suite de ces cours. Il était notre professeur de Maths et d'histoire-Géographie. Super !
La fin de la journée est enfin arrivée. On m'annonce alors que nous ne rentrons pas chez nous. Nous sommes "internés"!!!
Enfin... nous sommes en internat.
Je me dirige, soucieuse, vers cette liste plaquée au mur. Je cherche mon prénom.
Puis, j'entend:
"Il y a un McLaurens dans cet établissement???"
La foule se rue sur ce morceau de papier et les filles se retournent pour me jeter un regard noir. Christyn s'approche, m'agrippe la nuque, approche mon oreille de sa bouche et me demande, les dents serrées.
"Ne me dis pas que tu as gardé ton nom de famille !"
"Et bien! Je me disais que je pouvais prendre la place de mon frère ?" lui répondis-je.
"Tu as un frère ?" me demande Malia "Les médias n'en ont jamais parlé, pourtant !" continue-t-elle.
"Mon frère n'aime pas être sous les projecteurs. C'est le seul de la famille que nous n'avons pas présenté. Par contre, en vrai, il est plus âgé que moi"
"McLaurens, une fois ! McLaurens, deux fois !" appelait Hernan.
"Je suis là !" dis-je en faisant signe de la main.
La foule ébahie se retourne et me scrute. Ils me regardent sous toutes les coutures.
En temps normal, je n'aurais pas ressenti autant de gêne.
En effet, mes fans me scrutent aussi. Mais, cette fois-ci, le regard que je ressens sur moi est tout à fait différent. C'est un mélange de curiosité et de méfiance.
Hernan m'arrache alors à mes pensées en passant son bras autour de mon cou et me tire vers lui, comme si nous étions des amis de longues dates.
"Adjugé, vendu ! Les gars, j'ai trouvé mon colocataire !" lance-t-il à la cohue.
Il me tire et nous nous élançons dans un couloir.
Je me retourne et jette mon dernier regard à mes camarades. J'aperçois Atchoum qui sort un mouchoir et le secoue pour me dire au revoir. C'est vraiment un cas, cette fille !
Nous arrivons devant une porte. Hernan sort une clef de sa poche, l'insère dans la serrure. Celle-ci ne se fait pas prier. Il pousse la porte avec grâce, me lâche et court vers le lit en face de nous.
La chambre est tout à fait banale. À droite se trouve un lit simple sur lequel Hernan s'était affalé. À gauche, un bureau et un escalier. Je les suis des yeux afin de savoir où ils mènent.
Je découvre alors un duplex plutôt étroit.
"Je prends ce lit. L'étage est tout à toi!" envoie Hernan.
Ça serait plus facile pour moi de me préparer le matin. J'y serais à l’abri des regards indiscrets. Je commence à monter quand Hernan m'interpelle.
"Dis, McLaurens! me lance alors Hernan. C'est quoi ton nom entier ?" l'air pensif.
"Ryan, Shiki, Mason McLaurens. Pourquoi ?" étonnée.
"Je me disais seulement que je n'allais quand même pas t'appeler par ton nom de famille toute l'année alors que nous sommes dans la même chambre." sortit-il.
"C'est vrai. En y repensant, je ne connais ni ton nom, ni ton prénom." feignant tout de A à Z.
"Oh, excuse-moi. Je suis Hernan, Alessandro el tercero, Guillermo Perrez. Enchanté."
Ces mots sortent avec tant de grâce que je ne peux retenir un petit sourire.
Nous déballons nos affaires en faisant plus ample connaissance, Hernan et moi.
Il est d'origine espagnole. Son père est entrepreneur et sa mère est décédée il y a trois ans. Je lui raconte quelques anecdotes sur ma famille en me mettant à la place de mon frère et ç'a l'air de passer crème. Hernan se met à rire de temps en temps.
"En y repensant, tu as un lien de parenté avec l'autre starlette ? C'est quoi son prénom ? Poppey ?" me questionne-t-il.
Outrée ! Je suis outrée !
Non seulement il déforme mon prénom, mais en plus, il me traite de starlette !
"Elle s'appelle Poppy et c'est ma sœur ! Pourquoi ?"
"Ça fait quoi d'être le petit frère d'une star ?" ricane-t-il.
"Je ne vois pas ce que ça pourrait me faire… Mes parents aussi sont dans le show-business et ça ne me fait ni chaud, ni froid. J'ai horreur de voir que des personnes que je ne connais pas sachent tout de ma vie."
Je lui sors ce que mon frère m'a répondu une fois. Je lui avait demandé pourquoi il ne voulait pas faire comme nous.
" Quand je la regarde, malgré son sourire, elle a l'air triste… Elle n'aime pas ce qu'elle fait ?" sort Hernan pensif.
" De quoi tu parles ? Ma sœur est très heureuse !" lui envoyais-je, perplexe.
Le matin, le froid me sort de mon sommeil. Je me trouve en pyjama sur le terrain de football mouillé par la rosée du matin. Je regarde autour de moi et aperçois Natsuki qui, elle aussi, était en train de se réveiller. Pareil pour Malia et Christyn. Je cherche Jin et la trouve debout derrière moi, les sourcils froncés, les bras croisés, nous regardant de haut… Et en tenue de sport ?
"Debout b***e de larves! Je vais vous montrer comment on s'entraîne dans l'armée. Debout!" nous crie-t-elle.
"Mais, on a pas encore mangé." Lance Atchoum.
"Mon pyjama est tout trempé." Continue Malia.
"Si je n'ai pas mon thé, je ne peux rien faire." s'exclame Christyn.
"Tu te moques du monde ? Et puis d'abord, comment t'as fait pour toutes nous déplacer jusqu'ici sans qu'on ne s'en rende compte ?" lui ai-je envoyé.
Elle nous lance un regard aussi noir que l'ében. Je crois apercevoir une aura sombre autour d'elle. Mon imagination me joue peut-être des tours.
D'un bond, chacune se lève et se met au garde-à-vous. Elle me fait froid dans le dos.
" Bien! Maintenant, échauffement !" nous dit-elle d'un ton démoniaque.
Trois heures durant, Jin nous cria dessus.
"Du nerf!!!" ou encore "Refais-le! Ce n'était pas satisfaisant..."
Elle cherchait à voir les faiblesses de chacune et de nous améliorer. Tantôt de mon côté, je faisais de même : connaître la faiblesse de mes coéquipiers pourrait être un avantage dans notre mission. Se dépouiller le plus possible de nos failles ferait de nous une équipe invincible.
Mes dernières forces me permettent de regagner ma chambre. Après ma douche, je regagne vivement mon lit. Je pose à peine ma tête sur l'oreiller que Hernan me jette sa chaussure à la figure.
Je me lève d'une traite me tenant la tête et lui renvoi l'objet en question le plus fort possible.
"Debout, La Marmotte, on va être en retard."
Au plus profond de moi, un être malfaisant était en train de le maudire et de l'injurier. Malgré tout, je me prépare. Hernan m'attend patiemment devant la porte. Il me l'ouvre, tel un gentleman et nous nous dirigeons vers les salles de classes.
M.LeLourd nous attend devant la salle. Il se tient droit comme un piquet et bombe le torse. Il porte une chemise blanche ouverte au niveau du torse qui laisse entrevoir ses poils.
"Mettez-vous en rang avant d'entrer dans ma salle." Ordonna-t-il.
Nous nous exécutons et il nous laisse entrer dans le silence.
"Ne vous asseyez pas." Nous lance-t-il. "A l'appel de votre nom, vous prendrez place."
J’attends mon nom avec impatience. Je ne demande qu'à poser mes fesses.
"McLaurens et Perrez, vous serez sur la même table."
Hernan se tourne vers moi et me lance un clin d'œil.
Comment résister? Que Dieu me vienne en aide!
Je prends place à côté de mon Dieu grec et pose ma tête dans mes mains. Mes yeux commencent à se fermer et je tente de rester forte... Mais en vain.
Je me réveille en sursaut quand Hernan me donne un coup de coude dans les côtes.
"C’est à cause d’Hernan!" hurlais-je en me réveillant.
"McLaurens, les élèves n'ont pas le droit de sortir la nuit. Si vous avez une petite amie, présentez-la-moi et je m'en occuperais avec plaisir." Me gronda M." Le Boulet".
"Monsieur, je ne pense pas que vous soyez le genre de ma petite amie. Elle aime les hommes, les vrais !" Et VLAN, dans tes dents !
Christyn, qui se trouve à ma droite, me lance un regard noir.
"Pardon, je ne tenais pas à vous offenser !" m'exclamais-je fièrement.
J'entends Natsuki, devant moi, ricaner.
Des mois ont passé, les filles et moi sommes comme les cinq doigts de la main. Les entraînements de Jin se durcissaient avec le temps. Nous étions fatiguées, maltraitées, traînées dans la boue, sans manucure...
L'horreur!
Ce matin-là, je me suis levée dans mon lit. Surprise, je m'habille et cours au stade pour l'entraînement matinal. Je ne peux pas sortir, il pleut des cordes.
Christyn, Natsuki et Malia me rejoignent. Nous nous regardons et nous nous étonnons: Shin Je Yoo manque à l'appel.
Nous nous dirigeons vers sa chambre. Christyn ordonne à Malia de toquer et cette dernière s'exécute.
La porte s'ouvre et laisse place à un géant aux yeux bleu foncé, les cheveux blonds ébouriffés et qui avait pour seul habit un pantalon de jogging nous donnant, ainsi, une place au premier rang pour un corps magnifiquement sculpté dans le marbre. Il est plus grand que Malia. Je suis à deux doigts de tomber en arrière en le regardant quand Christyn me rattrape.
"Vous cherchez quelque chose ?" nous demande-t-il à peine réveiller.
Il est mignon!
"On cherche Jin." s'exclame Christyn.
Malia se cache derrière moi malgré le fait qu'elle fait pratiquement deux têtes de plus que moi et que je suis la plus petite du groupe.
Atchoum s'enfile un paquet de chips à vitesse grand V; elle a l'air inquiète. Christyn croise les bras, l'air sévère et las. Et moi, j'attends patiemment.
Le pauvre nous fixe d'un air effrayé. Je pense que Jin a dû lui faire vivre un enfer ou pire : Un entraînement !
"Je dois répéter ou tu as bugué?" continue Christyn.
Atchoum tilte et commence à charger son poing.
Il se met à jeter un coup d'œil inquiet derrière lui pendant que j'attrape Atchoum afin d'éviter les dégâts.
"Euh, il est à l'étage et il ne bouge pas. Je n'ose pas trop aller le déranger. Si vous le souhaitez, vous pouvez y aller." tout en nous laissant passer.
Christyn ne se faisant pas prier, entre et monte à l'étage.
Nous restons tous au rez-de-chaussée et tentions de voir la scène du mieux que nous pouvons.
"Night, j'ai besoin de toi!" Christyn appelle Malia par son nom de code. Celle-ci sort de derrière moi et se précipite à l'étage, tentant d'éviter le géant le plus possible.
"Toi !" je pointe le géant du doigt et il bondit tellement il ne s'y attendait pas.
Il me regarde et pointe son torse du doigt.
Ils le font tous exprès, ce n'est pas possible !
"Oui, toi! C'est quoi ton nom, Vieux ?"
Je voyais souvent mon frère faire ça lorsqu'il rencontrait des jeunes. Et ils avaient tous la même expression que ce géant.
"Je m'appelle Jake!" lâche-t-il en me tendant la main.
"Ryan !" lui envoyais-je "Et là, c'est..." sans me laisser finir les présentations, il me serra la main.
"Ma petite sœur a les mains aussi fines et douces que les tiennes."s'étonna-t-il.
Je récupère mon bien et lui souris un peu mal à l'aise.
"Shiki-kun est très coquet!" m'embête Atchoum.
Je lui envoie un coup de coude dans les côtes et elle se met à glousser.
"Bah, quoi? Tu as vu toutes les crèmes que tu as apportés?" reprend Atchoum.
"Dans ma famille, l'apparence est très importante ! Et arrête de m'appeler Shiki-kun!"
"Je trouve ton deuxième prénom très mignon... Shiki-kun!" me taquine-t-elle.
"Qui t'a permis de fouiller dans mon dossier ?" lâchai-je.
"Ce n'est pas dans ton dossier que je l'ai vu. J'ai vu ça sur la liste de présence." Affirme-t-elle
"Tu es McLaurens? C'est toi le coloc' de Hernan ?" me demande-t-il.
Je l'avais complètement oublié. À voir la tête d'Atchoum, elle aussi.
"Appelle-moi Ryan, s'il te plaît." dis-je en lançant un regard noir à Atchoum.
"Shiki-kun!" Christyn m'appelle. "J'ai besoin de toi."
"Tu ne vas pas t'y mettre aussi !" me plaignant.
Je monte et découvre Jin allongée et transpirante.
"Il est fiévreux ! Laissez-moi quelques secondes. Je dois aller à ma chambre lui chercher deux trois babioles." informais-je.
Je descends, attrape Atchoum au passage et cours dans ma chambre.
Dans mes affaires, je cherche ma trousse d'huiles essentielles. En me tournant pour redescendre, je me cogne sur quelque chose et je tombe à terre.
"Je suis sûre qu'il n'y avait pas de mur à cet endroit." en me frottant le front.
"C'est quoi tout ce boucan ? Pourquoi tu fais autant de bruit ?"
Durant ma recherche, j'ai réveillé le dieu grec. Il se tient juste devant moi: ses cheveux ébouriffés, son boxer laissant apercevoir son corps d'Appolon et son air de petit garçon au réveil me font littéralement fondre de bonheur.
"Shiki-kun!" m'appelle Atchoum "On doit y aller."
"Et qu'est-ce qu'il fait là, Le Nain de Jardin ?" me questionne-t-il.
"Je n'ai pas le temps de te répondre, Hernan. On est pressé. Et désolé de t'avoir réveillé." lui lançais-je en retournant à la chambre de Jin.
À notre retour, Jake n'était plus là. Christyn a dû le chasser durant notre absence. Jin était toujours en mauvais état. Je m'approche pour lui faire inhaler une de mes huiles et elle se réveille. Auparavant, Christyn s'était mise à fouiller dans les affaires de Jin afin d'y trouver quelques médicaments. Jin ouvrit les yeux et Christyn lui fit prendre un cachet.
Le premier cours commence deux heures plus tard. Jin est présente, mais en très mauvais état : elle est pâle et fatiguée. Je garde un œil sur elle car ce genre de situations ne m'est pas inconnue.
En effet, Jin me fait penser à mon frère lorsqu'il tombe malade. Et c'était à moi de veiller sur lui.
Durant les pauses, j'apporte et gave Jin de vitamines. Elle reprend petit à petit des couleurs.
A la fin de la journée, je regrette un peu de m'être occupée d'elle et la pluie ne s'est toujours pas décidée à s'arrêter. Jin va beaucoup mieux et nous force à aller nous entraîner au gymnase.
En arrivant au gymnase, nous remarquons que nous ne sommes pas seules. D'autres garçons de l'école sont déjà présents. Certains se font une partie de Basket Ball pendant que d'autres, dans les gradins, les soutiennent. Quelques-uns hurlent pendant que d'autres se disputent.
Nous nous installons dans un coin et commençons à nous échauffer sans tenir compte de ce qui nous entoure.
Le ballon de basket vient rencontrer le dos de Malia. Sans se retourner, celle-ci attrape le ballon, le lance au-dessus de son épaule qui entre directement dans le panier qui se trouve de l’autre côté du terrain. Nous sommes aussi subjugués que la foule autour.
Les garçons sur le terrain s'approchent de Malia ébahi par son exploit.
L'un d'eux la prit dans ses bras tout en la félicitant. La pauvre panique, lui attrape le coude et le fait passer par-dessus son épaule afin qu'il tombe. Jin se rend vite compte de ce que Malia tentait de faire : elle veut lui casser le bras. Jin agrippe les bras de Malia afin de l'immobiliser au sol.
"Calme-toi !" lui ordonne-t-elle.
Les pupilles de la pauvre Malia sont dilatées : elle était prête à tuer.
Atchoum et moi nous mettons à écarter la foule qui tente tant bien que mal d'apercevoir le spectacle. Quelqu'un m'attrape le bras et me demande des explications. En levant les yeux, j'aperçois Hernan. Je lui réponds que "Night" voyait rouge lors d'un contact physique non prévenu.
À ces mots, tout le monde recule pour laisser de l'air à Malia et Jin.
Il faut une trentaine de minutes pour calmer notre amie. Atchoum prend la relève de Jin et fait asseoir Malia par terre, la tête entre les jambes. Atchoum lui parle calmement. Je n'avais jamais vu Atchoum ainsi: on croirait voir une grande sœur apaiser un jeune enfant.
"Bon, on a fini l'entraînement pour aujourd'hui. Je vous dis à demain." annonce Jin en sortant du gymnase.
"Je suis désolée." nous annonça Malia.
Atchoum lui caresse le dos et lui sourit afin de lui dire que tout allait bien.
Pour une personne aussi timide et gentille, je n'aurais jamais imaginé une telle souffrance.