II Mlle Victoire agita violemment la sonnette qui pendait près de la fenêtre du salon à proximité de son bureau. Nanon apparut presque aussitôt, plus grise encore qu’autrefois, car ses cheveux avaient pris la même teinte cendrée que la vieille robe dans laquelle flottait son corps chétif. – Va dire à Mme Doret de venir me parler. Nanon disparut silencieusement. Mlle Victoire se renfonça dans son grand fauteuil au dossier raide, en appuyant aux accoudoirs ses mains aux veines saillantes. Elle avait maigri en ces dernières années, son teint jaunissait, se flétrissait. Mais la physionomie ne changeait pas, le regard conservait sa froideur glacée. En ce moment, on pouvait y discerner en outre les indices d’une colère concentrée. Elle considérait un feuillet étalé sur le bureau, couvert d’u


