8Depuis son side-car, le colonel regarda le sang des deux enfants s’écouler dans le caniveau et imbiber les bateaux en papier. Il fut surpris de n’entendre aucun cri, de ne voir aucune personne hystérique sortir dans la rue en dépit du couvre-feu. Soit leurs parents ignoraient tout du drame qui venait de se produire, soit ils demeuraient claquemurés chez eux, complètement tétanisés. La peur conduisait n’importe quel être humain à des réactions surprenantes. La guerre transformait irrémédiablement chaque homme. Les pleurs viendraient. Tôt ou tard. L’officier SS éprouva une vague tristesse à la vue de ces petits corps, mais seule comptait à ses yeux la sécurité du convoi et du chargement. Un jour, Dahl devrait rendre des comptes à Dieu. Ce jour-là, il savait qu’il devrait payer pour ses cri


