Chapitre 7

925 Mots
Chapitre 7 Après l’effet de surprise provoqué par la chute et les douleurs qui font bien sentir que vous devez songer à vous remettre au sport arrive la phase de dépaysement total. Un instant Mickael se demande s’il ne navigue pas en plein rêve ! Il y a à peine deux fractions de seconde, ils avaient les pieds dans les égouts, odeurs et rats en prime, et là, ils se retrouvaient dans un tout autre univers ! Tout d’abord, fini l’odeur de pisse et de pourriture des égouts, à la place, comme une odeur d’encens, de patchouli. Ensuite finis les dédales de tuyaux grouillants de bestioles, ici c’était lumineux, malgré l’absence de fenêtres. La luminosité étant apportée sans aucun doute par les dorures au mur. Partout, tout n’était qu’or… Ou de belles imitations. Le tunnel semblait infini. Edward, eu le sentiment de faire un bond dans le passé, se retrouvant là où il avait vu son père pour la dernière fois. Mickael en resta bouche bée, puis, presque machinalement porta la main à sa ceinture et décrocha son arme. Mieux valait l’avoir en main, même si pour le moment, tout ça semblait tellement irréel qu’il aurait sûrement était incapable d’avoir le réflexe ou la rapidité d’appuyer sur la détente… Ils avancèrent tous les 2, prudemment, le plus discrètement possible. Edward ne sachant pas où aller, lors de sa première visite il n’avait pas eu à attendre longtemps avant qu’on leur tombe dessus, ils optèrent, d’un commun accord silencieux, pour aller tout droit. Au bout de quelques pas, ils entendirent comme un sifflement. En réalité, il s’agissait d’une flèche, passée tout près de leurs oreilles pour aller se perdre très loin dans le labyrinthe, suivie d’une voix. « — Bonjour et bienvenue messieurs. Veuillez excuser nos méthodes un peu… extrêmes, mais nous nous devons d’être prudents, vous comprenez n’est-ce pas ? Ce n’est pas tous les jours que nous recevons de la visite… » L’homme sorti de l’ombre, il avait de longs cheveux noirs et lisses, il était torse nu et portait une grande et brillante ceinture tenant son pantalon de cuir. Il avait la peau dorée, probablement due aux dorures des murs qui l’illuminaient à présent comme s’il était entré dans le halo de lumière d’une scène de théâtre. Edward, n’y tenant plus de tout ce folklore se mit à hurler « – Fermes là ! Et dis-nous où est le vieux !!! » L’homme à la peau doré resta le plus calme possible, donnant à Mickael l’impression que l’hystérique de cette histoire n’était autre que lui-même « — Excusez-moi cher monsieur mais… — Garde ton charabia pour les autres, cracha Edward, dis-moi où est le vieillard qui vous servait de chef il y a quelques années !! — Ah… répondu l’homme, vous devez parler du grand chef Sayoké… je crains de vous décevoir… — Ne me dis pas qu’il a changé de secte, j’te croirais pas du con ! — Monsieur… je vous dis juste qu’il est trop tard pour voir le chef Sayoké… Il nous a quittés il y a peu… Paix à son âme… — Oh p****n ! Mais je vais te péter la gueule à toi alors !!! » Mickael qui sentit la situation dégénérée décida de reprendre la main. D’un regard, il calma Edward. Celui-ci comprit que dans leur intérêt, il valait mieux laisser le flic mener la danse… « Excusez mon ami, il est un peu… choqué d’apprendre la disparition de votre chef… Qui êtes-vous vous ? — Vous avez face à vous messieurs, rajoute l’homme soudainement redevenu radieux, le Grand Chef Indra Sayoké, digne héritier du trône du royaume de Pierre ! » Et voilà, Mickael eut l’impression d’avoir littéralement basculé dans le paradis des dingues ! Il avait face à lui le plus grand illuminé de tous les siècles ! Le roi des mythos oui !! Néanmoins, on lui a toujours appris à ne pas contredire les fous, alors, en essayant de garder son calme face à ce flot d’inepties, il reprit le dialogue « – Mon ami, ici, a connu le Grand chef… — Ce connard a empoisonné mon père ! Ne put se retenir de hurler Edward. — Ah… Vous connaissez donc la vérité sur nous… — Et pas qu’un peu sale connard de psychopathe !!! » Décidément, Mickael n’arriverait jamais à avoir une conversation un minimum « normale » avec cet homme… « Très bien, reprit l’homme, dans ce cas… Gardes !! Emparez-vous d’eux !! Sortis de nulle part, une troupe de gars bodybuildés à souhait et torses nus se jetèrent sur le flic et le voyou. La surprise aidant, ainsi qu’il faut bien se l’avouer le gabarit des 2 hommes, ne posèrent aucun problème aux gardes pour les maintenir prisonniers ! Indra Sayoké repris, d’une voix forte et puissante « — Sachez messieurs que si mon père vous avez laissé en vie à l’époque, ce n’est que parce que vous étiez enfant… Le vieux avait ses faiblesses… Faiblesses que je n’ai pas, autant vous le dire… Mais maintenant, vous n’êtes plus des enfants. Et vous n’êtes plus face à lui de toute façon ! Donc, je n’ai plus aucune raison de vous maintenir en vie… » Il se penche pour ramasser l’arme de Mickael, tombée à terre, et s’approche de ses gardes, les regarde droit et leur ordonne fermement « Celui-ci, dit-il en pointant son doigt sur Mickael, relâchez-le… dans l’antre du cannibale… et l’autre, le petit coq nerveux, menez-le donc au bourreau… Si la dernière fois on a empoisonné son père, on va changer de méthodes, ce sera tellement plus drôle. Tu vas voir mon grand, rajoute-t-il en tenant le visage d’Edward dans sa main, on sait s’amuser ici !! » Il termine sa phrase dans un grand éclat de rire démoniaque et glaçant. Quand il se tait enfin, la bave au bord des lèvres, un des gardes ose « Chef… Le bourreau est occupé… — Et alors ?! Hurla Indra, depuis quand refuse-t-il du travail ?! Attache-le à côté de sa porte, il viendra le chercher quand il en aura fini avec son… occupation » Et toujours avec ce rire de dément, il disparut, aussi mystérieusement qu’il était venu… Mais beaucoup plus flippant… Quelques gardes disparurent aussi dans la pénombre. Un seul resta avec Edward et le mena au loin, à l’opposé de Mickael, lui aussi maintenu avec une clé de bras par un seul molosse. Il faut dire que vu le gabarit de leurs prisonniers, il n’était pas nécessaire d’avoir une armée pour maintenir les proies !
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