chapitre 12

851 Mots
Me voilà en train de m’apitoyer sur mon sort. Pourquoi a-t-il fallu qu’elle appelle ? J’y étais presque… Je crois qu’il va retrouver sa petite conscience. Peut-être est-ce un signe du destin, peut-être que je devrais renoncer à tout. Mais ses baisers, ses caresses sur ma peau… Oh oui, j’en veux encore, bien plus qu’une simple caresse. Après quelques heures, je finis par m’endormir. Le lendemain, je me réveillai comme neuve, pleine d’énergie, comme si la nuit avait effacé mes tourments. Après mes rituels du matin, je pris le temps de choisir une tenue plus sexy que d’habitude. Aujourd’hui, j’avais décidé de jouer une nouvelle fois à la fille distante et indifférente. En réalité, je brûlais d’envie de le toucher, mais ça, je le garderai pour moi. Comment pourrais-je seulement le regarder en face, maintenant ? — Lena, reprends-toi. Tu as commencé ce jeu, tu dois aller jusqu’au bout, — me murmurai-je. Quelques minutes plus tard, j’arrivai au bureau. Comme toujours, Anaïs, perchée sur ses talons hauts, surgit dans mon bureau. — Tu as un rendez-vous hors de la ville aujourd’hui, annonça-t-elle. — Avec qui ? — Le directeur des finances. — Ah… j’avais complètement oublié. J’étais tellement obsédée par Will que ce rendez-vous m’était sorti de la tête. Rien n’était prêt, je devais me dépêcher. Je m’étais plongée dans mon travail, tentant de boucler un rapport au plus vite. Mais impossible de me concentrer. Qu’est-ce qui m’arrivait ? C’était à cause de lui. Cet homme, William Anderson… Pourquoi fallait-il que je sois attirée par lui ? C’était décidé : plus rien. Je n’allais plus rien tenter. Mon travail avant tout. Comme s’il avait entendu mes pensées, il frappa à la porte. J’avais envie de l’étrangler : à cause de lui, j’étais en retard. — Vas-y, entre, dis-je sèchement. — Alors ? Tu as fini le rapport ? — Ce n’est pas ton travail. — Un petit merci ne te tuerait pas. — Si je le dis, je risque de mourir, répliquai-je, ironique. Son sourire… Je ne contrôlais plus rien. Je ne savais pas si je devais l’embrasser ou lui sauter dessus. — Allez, jette un coup d’œil. De toute façon, il est presque l’heure du rendez-vous, et M. François est réputé pour sa ponctualité. On ne va pas le faire attendre. — Comment ça, on ? — Anaïs ne t’a rien dit ? Le P.-D.G. est un membre de ma famille. Et dans ma famille, Lena, la loyauté est sacrée. Je fronçai les sourcils. — Je déteste qu’on fasse mon travail à ma place. — Considère ça comme un service. Ou mieux : une dette. Tu auras peut-être un jour l’occasion de me la rendre. — Une dette ? Il ne me laissa pas le temps de protester. — Allez, prends ton sac, on va être en retard, dit-il en m’aidant à enfiler ma veste. --- Après une heure de route, nous arrivâmes dans un restaurant quatre étoiles. Le directeur des finances, un homme d’une cinquantaine d’années, nous attendait déjà. Charismatique malgré son âge, il se leva aussitôt pour nous accueillir. Après de longues heures à parler affaires et chiffres, il partit, me laissant seule avec Will. — Viens, je vais te montrer quelque chose, dit-il en réglant l’addition. Je n’avais pas eu le temps de répliquer qu’il m’entraînait déjà, direction une route isolée. Nous roulâmes jusqu’au milieu de nulle part. C’était une vaste étendue de verdure, une forêt à perte de vue. — Qu’est-ce qu’on fait ici ? Si tu veux m’assassiner, je te jure que je viendrai te hanter, lançai-je avec ironie. — Alors tu seras le plus beau des fantômes, répondit-il avec un sourire en me tendant la main. J’hésitai, puis finis par céder. Après une quinzaine de minutes de marche, nous arrivâmes devant une vieille cabane abandonnée. — Mais d’où connais-tu cet endroit ? — J’ai grandi ici. — Dans la forêt ? — Non, évidemment. Ma maison est à quelques mètres. Mais je venais souvent jouer ici avec mes amis. — Et pourquoi m’as-tu emmenée ici ? — Ne joue pas avec moi, Lena. Je sais exactement ce que tu veux. — Et qu’est-ce que je veux, Will ? Il s’approcha dangereusement, glissa sa main autour de ma taille. Les battements de mon cœur s’accélérèrent. Je ne contrôlais plus rien. Il était trop près. Moi qui voulais jouer à la femme froide… Ses yeux plongés dans les miens me faisaient perdre tous mes repères. Sa main serrait ma taille avec une fermeté troublante, comme s’il voulait m’empêcher de fuir… ou peut-être de résister. — Will… soufflai-je, presque sans voix. Il ne répondit pas. Ses lèvres s’approchèrent dangereusement des miennes, si près que je pouvais sentir son souffle chaud glisser sur ma peau. Mon cœur battait à un rythme affolant, ma raison me criait de m’éloigner, mais mon corps, lui, réclamait tout le contraire. Son autre main glissa lentement le long de mon bras, puis jusqu’à ma nuque. Son contact électrisait chacun de mes nerfs, chaque parcelle de ma peau. Je fermai les yeux une fraction de seconde, me laissant envahir par cette vague de désir.
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