Au même instant, son téléphone se mit à sonner, me ramenant brutalement à la réalité. Will s’éloigna pour répondre.
Je détournai les yeux vers le paysage, tentant de calmer le tumulte en moi. Je supposai qu’il parlait à sa fiancée. Quand il revint, son regard accrocha le mien avec une assurance désarmante.
— On va chez moi, déclara-t-il. De toute façon, il va pleuvoir. Et s’il te plaît, ne dis pas non.
— Qui t’a dit que j’allais dire non ? répliquai-je, un sourire en coin.
Je ne savais pas pourquoi, mais je voulais rester près de lui.
— Alors, c’est réglé.
Il attrapa mon bras et m’entraîna comme un enfant capricieux. Je râlais tout au long de la descente, mais cela ne changea rien : il ne lâcha pas. Quelques minutes plus tard, nous arrivâmes devant une grande demeure, protégée par une clôture imposante. Dès que la barrière s’ouvrit, je découvris une villa ancienne, mais majestueuse.
À peine avions-nous franchi le seuil que la pluie commença à tomber. Un homme vint aussitôt à notre rencontre.
— Bonsoir, Monsieur Anderson. J’ai préparé la chambre comme vous me l’aviez demandé. La deuxième à droite est pour madame.
Je restai interdite. Quand avait-il eu le temps d’organiser tout cela ?
— Merci, Pierre, vous pouvez disposer, dit Will d’un ton calme.
Quand le majordome s’éclipsa, je lui lançai un regard interrogateur.
— Quand est-ce que tu as eu le temps de me préparer une chambre ?
— Tout à l’heure, quand mon téléphone a sonné.
Je restai muette. Moi qui croyais qu’il parlait à sa fiancée… pourvu qu’elle ne débarque pas ici.
Après un long couloir, il ouvrit une porte.
— Je te laisse te rafraîchir. Je suis dans la chambre en face. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas.
— Merci.
Je m’effondrai sur le lit, inspirant profondément, perdue dans mes pensées. Mon plan si bien ficelé s’écroulait comme un château de cartes.
La porte s’entrouvrit de nouveau.
— Je t’attends en bas dans une heure, Pierre a préparé le dîner.
Je lui souris faiblement, incapable de trouver les mots.
Plus tard, après avoir prévenu Anaïs que je ne pourrais pas honorer nos rendez-vous du lendemain, j’allai prendre une douche. Heureusement que j’avais emporté un petit sac, réflexe de prévoyance. Une heure plus tard, prête, je me dirigeai vers sa chambre. Je n’avais pas envie de descendre seule.
Il ouvrit presque aussitôt. Torse nu. Et si son intention était de me troubler, il avait gagné. Mon cœur s’affola. Il me fit entrer. Dans cette chambre, je me sentis vulnérable, comme une proie face à son prédateur. Moi qui croyais contrôler… j’étais soudain si fragile.
— Tu sais, dit-il pensif, je réfléchissais à notre amitié… Je vais te manquer quand je serai parti ?
Une question étrange, un piège peut-être.
— Bien sûr que tu vas me manquer. On est devenus amis, non ? répondis-je en lui tapotant l’épaule, comme pour me protéger derrière une fausse légèreté. Mais au fond, tout ce que je désirais, c’était sa chaleur, ses caresses.
Il croisa les bras, son regard perçant.
— Lena… tu ne vas pas continuer à jouer à ce jeu-là.
— Mais je ne joue pas, Will.
Il s’avança, dangereux, irrésistible.
— T’es sûre, Lena ?
Je ne parvenais plus à réfléchir. Il était bien trop près. Une petite voix en moi me suppliait de me laisser aller, une autre murmurait que ce n’était pas raisonnable. Et pourtant, j’attendais ce moment depuis si longtemps.
Il déposa un b****r furtif sur mes lèvres. Et soudain, je cédai. Ses lèvres glissèrent sur mon cou, ses bras m’enveloppèrent. D’un geste sûr, il me souleva et me porta jusqu’au lit. Quand ses mains commencèrent à me dévêtir, je me sentis comme une débutante, maladroite, déstabilisée, mais irrésistiblement happée par lui.