Au-delà de la vengeance
Chapitre VI : Le sang coulera
Partie sept
«L'espoir est un rêve mais j'ai pas encore sommeil.»
Jennah
-Moi : Dis pas n'importe quoi.
-Kamel : Ouais désolé...bref le prochain c'est qui ? Et qu'est-ce qu'il a fait ?
-Moi : T'en saura plus le moment venu. Qu'est-ce que t'as sortis comme excuse à tes parents ?
-Kamel : J'avais un stage en France.
-Moi : T'as pas plus pourris ?
-Kamel : Ils avaient l'air de me croire.
-Moi : Tu devrais prendre un appartement, au moins tu pourras rentrer et sortir comme tu veux sans devoir de compte à quelqu'un.
Je me lève du banc et resserre ma casquette sur ma tête.
-Moi : En attendant tu peux vivre chez moi.
-Kamel : Mer...
-Moi : Crois pas que je fais ça par gentillesse, je veux pas aller au hebs (*prison) avant d'avoir finis ce que j'ai à faire.
-Kamel : J'aurais jamais dis ça de toi de toute façon, dit-il en souriant
Je lui fais un signe de tête avant de quitter le parc. Je l'accueille chez moi seulement parce que à force de faire des allers et retours, ses parents commenceront à lui prendre la tête. En sachant que son père travaille dans la police, je veux pas que ses absences soient liées aux meurtres.
Le ciel commence à s'assombrir, il ne tarde pas à pleuvoir. Je passe voir ma grand-mère vite fait juste histoire de voir si elle va bien.
-Ma grand-mère : Tu repars ?
-Moi : Ouais je vais pas rester ici éternellement.
-Ma grand-mère : Moi ça me dérange pas.
-Moi : en riant, Je m'en doute mais j'aime bien être chez moi aussi.
-Ma grand-mère : T'en fais pas ma chérie tu t'occupes bien de moi. Je ne me plains pas.
-Moi : Pas comme ta bouffone de fille qui vient te voir que quand elle a besoin de toi.
-Ma grand-mère : Parle pas comme ça de ta tante chérie.
-Moi : Elle m'insupporte.
-Ma grand-mère : Je sais, mais c'est la famille. Allez viens manger.
Je lui embrasse la joue et nous passons à table. Ma grand-mère c'est bien la seule personne pour qui j'éprouve de l'amour. Ma seule faiblesse encore en vie, mon seul amour.
Je finis par sortis de chez elle, les bras chargés de plats. Je monte dans ma voiture et envoie un message à Kamel :
-Moi : «C'est bon ?»
-Kamel : «Ouais, viens me chercher non ?»
-Moi : «J'arrive.»
Je démarre jusque chez lui où il m'attendait avec pleins de cartons autour de lui. Il les charge dans le coffre pendant que je m'amuse à jouer sur mon téléphone. Une fois fini, il monte à mes côtés.
-Kamel : Merci de m'avoir aidé avec mes cartons, dit-il ironiquement
-Moi : Ça m'a fait plaisir.
Je démarre en allumant la radio. C'était Friday de Booba qui commence à résonner dans la voiture. On s'est ambiancé petit à petit jusqu'à crier sur les paroles. C'est choquant que je m'entendes bien avec une personne. À vrai dire j'ai pas trop l'habitude mais Kamel connaît environ 12% de ma personne. Donc il sait comment agir avec moi. Il n'envahit pas mon espace personnel alors ça me va.
-Kamel : Cap ou pas cap ?
-Moi : De ?
-Kamel : Cap ou pas cap ?
-Moi : Cap.
-Kamel : Grille le feu rouge.
-Moi : C'est quoi ce vieux défi ?
-Kamel : T'as dis cap.
-Moi : Ok parce que tu me prends pour une bolosse.
Du coup je continue de rouler et je grille le feu rouge. Je me tourne vers lui et le nargue.
-Moi : Je suis sûr que tu l'aurais pas fais, bolosse que tu es avec ta miff' de coincé du c*l la, j'ai plus de cou...
Un gros choc s'abat contre la voiture ce qui me coupe dans mes paroles. Je freine sec et regarde Kamel.
-Kamel : Sale m***e t'as écrasé un gosse !
-Moi : n***e ta race c'est de ta faute !
Je descends vite et vois le petit allongé par terre. Je suis peut-être une meurtrière ou ce que vous voulez, mais là c'est un petit ça me fait de la peine quand même.
Je vérifie qu'il respire toujours et c'est le cas, heureusement. Une foule commence à se former autour de nous. J'appelle les pompiers et explique la situation. Le petit était inconscient, en plus il était grave beau si j'le tue c'est dommage franchement.
-? : Poussez vous p****n !
Un mec essayait de passer alors que j'étais encore accroupis vers le garçon. Il arrive à passer et ouvre grand ses yeux, il devait sûrement connaître le petit vu comment il m'a regardé. Il avait une rage, s'il pouvait il m'aurait tué avec ses yeux.
-Le mec : C'est toi qui l'a cartonné ?
-Moi : Euh...
-Le mec : p****n t'es vraiment une conne, tu sais pas conduire ou quoi ? J'ai juré il a un seul problème je te n***e ta mère.
Je me suis direct relevé et je me suis approché de lui.
-Moi : Fais gaffe à comment tu parles quand tu connais pas les gens.
-Le mec : Vas-y bouge.
Il m'a poussé d'une main sur le capot de ma voiture et s'est approché du garçon. Comment il m'avait énervé ce gros chien là.
Bref les pompiers sont arrivés, la police a vite rappliqué également. Je leur ai expliqué les faits en disant que c'était un accident et que j'avais pas vu le petit. Heureusement aucun témoin m'avait vu grillé le feu. Kamel a fait mine de ne pas me connaître et a déclaré que c'était le gosse qui avait mal traversé et qui était sorti de nul part.
Ils m'ont emmenés au poste mais je suis vite sortis. Avec toutes ces conneries on est rentré seulement à 02h du matin. C'est de la faute à Kamel avec ses jeux nuls la.
Je me demandais comment allait le petit garçon. J'espère qu'il s'en est quand même sortis. Quoi vous êtes choqués que j'ai de l'empathie ? On peut pas toujours être cruelle, c'est parfois fatiguant.
-Kamel : Pas mal pour une meurtrière. Je savais pas que ça rapportais, dit-il en contemplant ma maison
-Moi : Et ouais. En plus d'être une meurtrière, je vole mes victimes, quelle horrible personne, dis-je sur un ton ironique
-Kamel : Au point où t'en es.
-Moi : Tu l'as dis, alors sans regrets. Au fond du couloir il y a une pièce qu'on peut amménager en chambre. Je pensais pas vivre avec quelqu'un un jour alors il y'a rien d'autre qu'une armoire. Tu dormiras sur le canapé en attendant.
Je m'apprête à m'en aller mais il me retient par le poignet et colle son corps au mien. Je ressens toute sa chaleur corporelle et sans rien contrôler la mienne monte d'un cranc.
Il place une des mes mèches rebelles derrière mon oreille et plonge son regard dans le mien. Il a des yeux tellement...et un corps tellement...Je peux rien contrôler et je ne peux surtout pas nier que je ressens une très forte attirance pour lui.
-Kamel : Si je comprends bien, je débarque un peu à l'improviste.
-Moi : Un peu ouais.
J'avais envie de lui sauter dessus et c'était vraiment pas habituel. Sa voix sensuelle résonnait encore dans mes oreilles.
Il niche sa tête dans mon cou et le parsème de b****r. Je penche ma tête sur le côté pour lui faciliter la tâche. Ça va quoi, faut savoir se détendre surtout que c'est pas l'envie qui manque.
J'agrippe mes jambes autour de sa taile avant qu'il plaque ses lèvres contre les miennes afin de les apporter dans un b****r des plus sauvages. Il me pose sur le canapé et retire mon gilet. Je fais de même avec son tee-shirt puis nous nous laissons emporter par nos désirs.
Parfois j'aimerais juste être comme ça, me laisser emporter par mes envies et non me forcer à être comme ceci ou comme cela. Je voudrais simplement être moi et je peux vous assurer que tuer des gens, au fond, ce n'est pas moi. C'est ce que je suis devenu et j'ai été contrainte de le devenir. Il me reste plus qu'à terminer ce que j'ai commencé.
«Au-delà de la vengeance.»