Au-delà de la vengeance
Chapitre VI : Le sang coulera
Partie neuf
«Mieux vaut vivre un jour comme un lion que cent comme un chien.»
Jennah
Comment ils ont fait pour faire le lien ? C'est clair, ils se sont bien renseignés. Après faut pas non plus être Einstein, ils ont travaillés ensemble longtemps donc c'est normal que ça puisse éveiller les soupçons.
En tout cas je vais pas tarder à revenir peu à peu dans leurs esprits. Ils m'ont connus enfant mais ils ne m'innocenteront pas pour autant. Mon père à été la seule personne qui a osé essayé de les faires tomber et avec ma mère on en a payé le prix. Vivre en cavale c'est naze.
-Moi : Ouais bref on mange quoi ?
-Kamel : rire nerveux, Attend t'es sérieuse ?
-Moi : Bah quoi ?
-Kamel : T'as le réseau le plus dangereux qui cherche après toi et toi tu veux juste...manger.
-Moi : Ancien réseau ! Ils sont plus dans le game c'est que des vieux de 60 piges qui pense avoir refait leur vie. Il cherche une chose mais crois moi, c'est dur quand on sait pas à quoi elle ressemble.
-Kamel : Tu vois tu minimise tout !
-Moi : Je te rappelle que c'est toi qui m'a suivis ! Alors soit tu fais comme moi je le veux, soit tu dégages et je ne te retiens pas.
Il me regarde quelques instants, les yeux pleins de haine et sort du bureau après avoir écrasé son poing sur la table. Je sais qu'il veut me protéger mais j'en ai pas besoin, j'en ai jamais eu besoin.
J'ai appris à compter que sur moi-même, j'ai grandis dans un environnement où être seul est primordial pour ta survie. Toutes les personnes qui voulaient me protéger sont mortes, c'est peine perdue.
Je soupire et troque mon survêtement pour mon pyjama. On a passé notre soirée chacun de son côté. Quoi que je puisse dire sur les bienfaits de la solitude, ça me fait du bien parfois de savoir qu'il est là, que je ne suis pas la seule au fond de cette océan obscur.
Je me grille une clope sur le balcon et commence à repenser à de vieux souvenirs. La présence de Kamel dans la pièce d'à côté me rend vulnérable. J'ai envie de lui parler mais quand je lui parle j'ai envie de l'étrangler.
J'ai pris un verre d'eau puis je suis partis me coucher. Espérons que demain soit meilleur qu'aujourd'hui, et le jour d'après encore plus.
[...] Le lendemain,
Je me réveille cette fois seule, depuis hier Kamel et moi on s'était pas reparlé. Je sais pas ce qu'il attend de moi et je sais pas trop comment agir avec lui. Si je dois être froide pour rester professionnelle ou si je dois arrêter de jouer le jeu de la fille indifférente et pour une fois, me laisser aller.
Après avoir pris une douche, je suis partis à la cuisine prendre mon petit-déjeuner. Kamel m'a rejoint quelques minutes après. Il s'est prit un café et s'est assit en face de moi.
-Kamel : Ça va ?
-Moi : Ouais.
-Kamel : Vas-y ça me soule qu'on soit en froid mais toi tu t'en fous de tout.
-Moi : Je me fous pas de tout.
-Kamel : Je te demande juste d'être plus prudente et de comprendre que la situation commence à se gâter.
-Moi : Je sais mais si on se met à paniquer on va pas s'en sortir.
-Kamel : T'as pas tort.
Je me lève pour poser mon bol dans l'évier et m'apprête à partir mais il me retient. Décidément, il peut plus se passer de moi.
-Kamel : Je veux qu'on essaye quelque chose ensemble.
-Moi : Kamel...
-Kamel : Je sais que tu ressens pas ce que je ressens, que tu vis dans un monde remplis de haine, où les sentiments n'ont pas de place, mais laisse moi rentrer dans ton monde.
Je sais pas trop, à quoi ça servirai ? Je pourrais jamais lui donner de l'amour, c'est comme s'il s'attachait au vide en fait.
-Moi : Je pense pas que c'est une bonne idée.
-Kamel : Je sais très bien que je t'attire physiquement. Tu peux pas nier les frissons que je te donne, ce qui s'est passé l'autre nuit c'était spontané. On va s'en tenir à ça, vivre au jour le jour, être un couple libre quoi, pas besoin de déclaration ou de mots doux.
-Moi : Je...euh...
-Kamel : Oui ?
J'ai eu un petit moment d'hésitation et j'ai finis par dire qu'on fera comme bon nous semble et qu'on agira selon nos envies. Je veux vivre sans penser au lendemain et puis qu'est-ce que ça me coûte ? J'ai jamais aimé un homme, c'est pas maintenant que ça va commencer. C'est simplement une sorte de désir assouvis.
Il sourit puis aggrippe mes lèvres avec les siennes. Il lache mon bras et me laisse sortir.
[...]
Après avoir garé ma voiture dans le parking de l'hôpital, je descends et me dirige directement vers la chambre du petit Hayden. Toujours personne, même pas son frère qui était je ne sais où.
Pourquoi je suis ici ? Bonne question tiens, j'aimerais bien avoir la réponse, est-ce que c'est par rapport à ma culpabilité ou simplement une envie de prendre soin de quelqu'un ? Et bien je ne saurais sûrement jamais la réponse puisque cela ne m'est jamais arrivé.
À peine suis-je entré dans sa chambre que Hayden commence à bouger les paupières jusqu'à finir par les ouvrir complètement. Je lui tend le verre d'eau à sa droite et lui offre un maigre sourire. C'est que j'ai pas trop l'habitude, je dois passer pour une conne devant un gosse de onze piges sérieux. Il me regarde de ses grands yeux verts attendant sûrement que je sorte quelque chose de ma bouche mais aucun son ne sort et je me mets à chercher mes mots.
-Moi : Salut petit, tu m'excusera je sais pas m'y faire avec les enfants.
-Hayden : Salut, tu t'appelles comment ?
-Moi : Je m'appelle Jennah et toi c'est Hayden, joli.
-Hayden : Merci.
-Moi : Tu sais pourquoi t'es ici ?
-Hayden : Oui il y'a eu un accident.
-Moi : Justement, c'est moi qui t'ai écrasé. Je jouais à un jeu débile avec mon ami et je t'ai cartonné, je t'avais pas vu, je suis désolé.
Jennah Ben Alia qui présente des excuses à un humain. Fou non ?
-Hayden : J'ai l'impression je t'ai deja vu.
-Moi : Ah ouais ?
Il hoche simplement la tête.
-Moi : Il est où ton frère ?
-Hayden : On est jeudi, les jeudis il travaille.
-Moi : Il fait quoi comme métier ?
Pourquoi je m'intéresse à cette enflure.
-Hayden : Il répare des voitures.
-Moi : Mhhh et tes parents ?
-Hayden : Je les ai jamais connus, dit-il d'une petite voix, c'est Safir qui s'occupe de moi.
-Moi : Désolé...
-Hayden : C'est pas grave.
-Moi : Et donc Safir c'est ton grand-frère ?
-Hayden : Oui, le seul.
-Moi : Je sais ce que tu ressens bonhomme. Mes parents sont morts. Mon père je l'ai vu mourir devant moi. Pour te dire que c'est pas parce que tout semble être éteint que c'est le cas. C'est toi qui a le pouvoir de contrôler ta vie, faut juste que tu la contrôle bien.
Il sourit et hoche la tête. Bref on a parlé un peu et franchement pour un enfant de 11 piges il était intelligent et avait beaucoup de répondant.
-Moi : Bon je vais m'en aller. Tiens.
-Hayden : C'est quoi ?
-Moi : Une pétale.
-Hayden : C'est toi qui est venu hier ?
-Moi : Oui, je voulais savoir comment ça allait.
-Hayden : Pourquoi des fleurs ?
Je me contente de sourire et m'avance vers la porte mais il me retient.
-Hayden : Je sais où je t'ai vu.
-Moi : Je te l'ai dis, c'est moi je t'ai écrasé.
-Hayden : Non non, je t'ai vu dans mon rêve, bien avant l'accident.
-Moi : Tu...t'as rêvé de moi ?
-Hayden : Oui je suis sûr et certain que c'était toi.
-Moi : Et qu'est-ce que je faisais ?
-Hayden : Tu nous sauvais, mon grand-frère et moi.
-Moi : Et sauver de quoi au juste ? demandais-je perplexe
-Hayden : Du mal que tu as toi même fais.
«Au-delà de la vengeance.»