la maison, il prit la direction de l’un de ses hôtels préférés.
Laura qui n’en savait rien sur l’endroit exact où ils vont passer la soirée, lui demanda :
— Où est ce que nous allons, chéri ?
— Tu vas le savoir dans quelques minutes de route. Je veux que ça soit une surprise pour toi, chérie, dit-il en la regardant avec un air joyeux et gai.
— Alors, puisqu’il s’agit d’une surprise, venant de toi, mon amour, je pense qu’elle doit être des plus merveilleuses.
— Pour toi, Laura, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir afin que tu sois toujours satisfaite et bien dans ta peau. Ma vie de célibataire devient maintenant un chapitre clos celle d’homme marié va prendre le relais d’ici peu. J’espère de tout cœur qu’elle soit prospère et couronnée de succès.
— Moi, dit-elle, ce que je veux, dès ma première année de mariage, c’est de tomber enceinte le plus tôt possible car, à mes yeux, la vie sans enfants n’a pas de charme.
— Ne t’inquiète pas, ma chérie, dit-il, nous sommes beaucoup plus jeunes et nous pouvons enfanter sans problème. Ne te fais pas trop de soucis à ce sujet et fais gaffe à ce que tu t’imagines. Ne te focalise pas constamment sur tes appréhensions. Elles pourraient te faire perdre confiance. Je ne sais pas pourquoi tu t’agrippes à des choses incertaines. Cette soirée que nous allons passer ensemble, ne doit en aucun cas être gâchée à cause de ce genre d’idées déconcertantes.
— Je ferai en sorte à ce qu’elle soit des plus merveilleuses et mirifiques, dit-elle. Sois rassuré, mon amour, ma relation avec toi restera immuablement indéfectible.
— Je suis très content de l’importance de tes sentiments d’amour et de cet aveu qui va droit au cœur. Pour gagner du temps et pouvoir partager le même lit, je crois qu’il vaut mieux que nous activions la fête de notre mariage avant même que ton père et Sophie ne soient pas mari et femme.
— Et pourquoi est ce qu’on prenne en compte le mariage de mon père qui ne dépend en rien du nôtre ? demanda-t-elle.
— Et si l’on se marie en même temps avec eux ? Qu’en penses-tu, ma chérie ?
— Je ne pense pas que ce soit une bonne idée, répondit-elle.
— Pourquoi ? demanda-t-il.
— Tout simplement parce que c’est dangereux de célébrer notre mariage simultanément que celui de mon père et dans le même endroit pour la seule raison que ma tante Layla ne va pas laisser passer cet événement sans créer de scandale. Je n’ai pas confiance en elle et j’ai l’impression qu’elle attende cette occasion avec impatience pour s’en prendre à mon père et à sa future épouse. Elle est sûrement en train de manigancer quelque chose de mal à leur encontre. Elle n’est pas du tout convaincue que ma mère est morte et que Sophie n’a aucun droit de prendre sa place puisque son divorce reste toujours en suspens.
— Mais, ma chérie, ton père m’a raconté que ta tante n’en finissait pas de courir derrière lui pour le séduire et finir ainsi par le convaincre à se marier avec elle. Layla, m’a-t-il dit, n’aimait pas sa sœur à cause de l’héritage parental que ta mère, par instinct de coquetterie féminine, avait dilapidé presque en partie en la délestant de ce qui lui revient de droit.
— Entre mon père et ma tante, dit-elle, les choses ne s’arrangeront jamais, j’en suis si sûre, parce qu’il existe entre eux une certaine inimitié qui ne date peut-être pas d’hier. Chacun des deux parties raconte sa version à sa manière et seule la mère nature se chargera de rendre justice à celle ou celui qui aura raison.
A leur arrivée à destination, Milo remisa sa voiture dans le parking de l’hôtel, coupa le moteur, verrouilla les portière et se dirigea à la réception avec sa bien aimée. Un groom les a conduits à la chambre. Milo, lui tendit un billet de banque en guise de pourboire. Celui-ci, qui en apprécia bien la valeur intrinsèque, s’en alla, l’air enthousiaste après l’avoir remercié de sa générosité et lui souhaité une agréable soirée.
Laura, qui n’avait jamais eu l’occasion de passer par ce genre d’hôtel grandement luxueux, se sentait tellement subjuguée qu’elle n’arriva pas à trouver les mots exacts pour exprimer sa joie et sa gaieté.
— S’apercevant de son silence, Milo lui demanda de but en blanc :
— Qu’en penses-tu, ma chérie ? Je te trouve un peu décontenancée.
— Disons plutôt fascinée, dit-elle, par l’équipement et l’esthétique top moderne de cette chambre que je suis très contente de partager avec toi cette soirée.
— Moi, aussi, dit-il, je suis très content que tu sois avec moi et à mes côtés pour vivre ce moment présent. Cette soirée, pour nous, est une occasion propice qui va nous servir de repère. Elle va marquer à coup sûr et de façon indélébile le début d’une vie à deux. Notre relation conjugale, j’en ai la certitude, sera prospère et tellement riche de sentiments d’amour et d’affection que de dévouement et de bonheur. Alors, maintenant, tu vas te faire encore belle. Nous allons descendre tout de suite au restaurant pour dîner et il se peut que certains de mes amis soient là avec leur fiancée ou épouse.
— C’est quel genre d’amis ? demanda-t-elle.
— Ce sont des personnes de la haute société, des magnats des affaires qui fréquentent ce genre d’endroit.
— Ok, attends que je rafraîchisse mon maquillage et on y va, dit-elle.
Après quelques minutes, Milo et sa fiancée descendirent au restaurant. Une serveuse d’un jeune âge, le sourire aux lèvres fraîchement maquillées, belle et charmante comme une hôtesse de l’air, les conduisit à leur table, située dans un coin vip. Dès qu’ils prirent place, Laura posa à son fiancé la question de savoir s’il venait seul ou accompagné à cet hôtel. Et Milo de répondre :
— Je venais seul sinon avec quelqu’un de mes amis. Ma relation avec les patrons de cet hôtel est non seulement amicale, mais elle est aussi d’une autre dimension qui dépasse le cadre de l’amitié.
— Je n’ai pas compris, dit-elle.
— Je voulais dire que je suis l’actionnaire majoritaire de cet hôtel dont je détiens un droit de propriété. Cet endroit fait partie des biens immobiliers que j’ai hérités de mes parents. Un jour, je te ferai visiter tous les lieux et établissements que j’ai afin que tu sois bien renseignée sur mes possessions.
— Je ne suis pas si pressée de le savoir, chéri, dit-elle. Ce qui m’importe, c’est notre relation conjugale qui doit être mise en avant. Je sais que tu es un richissime et que tu possèdes autant d’actions dans les entreprises les plus importantes de l’île ; mon père m’en a d’ores et déjà parlé. Mais mon amour pour toi ne prête pas à confusion et il n’est pas du tout subordonné à tes possessions. Il est inconditionnel, pur et inégalé.
— Je sais ce que tu ressens pour moi, ma belle, dit-il. Ce qu’il nous faut maintenant, c’est de nous marier le plus tôt possible.
— Je suis de ton avis, mon amour, et j’aimerais bien que ça soit fait au cours de ce mois-ci, dit-elle. C’est notre premier mariage et notre cas diffère de celui de mon père qui n’a pas encore décidé de la date de son remariage comme s’il est devenu un adepte de la procrastination. Mais, bref, ce n’est pas mon problème si c’est lui qui sait ce qu’il fait.
Dans cette ambiance magnifique où l’on dînait à la lueur des chandelles et au son d’une musique douce et relaxante, interférée de quelques cliquetis courts et répétitifs des couverts provenant en particulier des tables occupées par des clients gastronomes qui avaient un bon coup de fourchette, les signes précurseurs que furent les premières pousses d’une tendresse prometteuse et prospère firent surface en cette soirée romantique et donnèrent lieu à un amour qui s’annonça si fort et définitif entre Milo et sa fiancée.
Afin de profiter amplement de leur présence dans cet endroit paradisiaque, parmi l’élite de riches, qui fréquentait par plaisir habituel cet endroit paradisiaque où le champagne coulait à flots et qu’il n’était pas donné aux radins et encore moins aux pauvres d’en goûter les délices, les futurs mariés, confortablement installés comme prince et princesse, dégustaient leur boisson fraîche, se touchaient les mains, riaient de ce rire intérieur qui faisait illuminer le visage, le rendait hilare et remplissait le cœur de joie et de satisfaction. A chaque instant, ils s’esquissaient des sourires l’un à l’adresse de l’autre avant d’échanger des baisers savoureux plain d’amour. Ils parlaient entre autre de la pluie et du beau temps tout en évoquant avec regrets cette averse qui a gâché leur premier pique-n***e et les a empêchés de s’imprégner des délices de telles circonstances
Pour savoir son impression sur cette soirée, Milo demanda :
— Dis-moi, mon amour, que ressens-tu à l’instant même ?
— De la fierté. Je suis aux anges, dit-elle. Je ne me lasserai pas de te remercier de ce que tu fais pour moi depuis le jour où notre connaissance avait commencé à prendre de l’ampleur.
— Je ne fais que ce qu’un amoureux fidèle et attachant est censé faire sinon l’amour d’une jolie fille de ta valeur n’a pas d’importance à ses yeux.
— Arrête de me combler d’éloges, dit-elle. Tu en as fait assez pour moi. J’espère te rendre la pareille dans les jours à venir en t’offrant le plus beau cadeau que sera un garçon ou une fille qui illuminera notre existence.
— Ne pense pas trop à ce sujet d’enfantement qui te préoccupe tant comme si la mère nature est contre toi.
— Il m’arrive souvent de penser à ce genre de problème qui perturbe la relation entre conjoints. Sans l’existence d’enfants au sein d’un foyer, le mariage devient chancelant et finit par craquer.
— Je t’assure, dit-il, qu’il n’en sera pas de même pour le nôtre. Chaque problème peut avoir une solution appropriée et adéquate.
— Qui ne pourra être, dit-elle, qu’un palliatif ou un moyen expédient et sans efficacité durable. Et tu sais combien la séparation fait mal quand on ne réussit pas à la maintenir comme il se doit.
— Changeons de sujet ma belle, dit-il. Nous ne sommes pas là pour passer ce moment précieux à ressasser plus qu’il n’en faut des choses avant même qu’il nous arrive de vivre. Restons optimistes tout en ayant confiance en la vie.
— Excuse-moi, chéri, dit-elle, je me suis laissé emporter inconsciemment par ce genre d’imagination qui ne mène nullement à bon port.
— Alors trinquons à notre amour qui durera quoi qu’il en soit et reléguons pour toujours l’accessoire au second plan.
Les deux futurs mariés levèrent leur verre de champagne, les entrechoquèrent légèrement afin de produire un tintement et se dirent avec amusement : santé !
A la table voisine un couple qui paraissait tout jeune faisait de même comme s’il devait exécuter leur geste à l’imitation. En reluquant l’homme et sa compagne, Milo a réussi à le reconnaître. Il se leva de sa chaise et alla les saluer. Laura se joignit à eux et les présentations se firent de façon surprenante.
Ce gentilhomme n’était qu’un ami de classe qui exerçait à l’issue de ses études supérieures dans le domaine des affaires commerciales. Il était, lui aussi, issu d’une famille riche et notable.
Au cours de leur conversation qui a duré plus d’une demi-heure, les deux amis firent brièvement le tour de leurs souvenirs d’enfance et s’avouèrent l’un à l’autre la raison de leur passage dans cet hôtel.
Laura qui ne voulait pas perdre le temps dans une conversation qu’elle trouva d’emblée infructueuse et sans intérêt insista à ce qu’elle monta dans sa chambre pour se reposer.
Comme il ne se permettait pas de désobéir au bon vouloir de sa dulcinée, Milo se plia à son désir et écourta la conversation.
Quand ils rentrèrent dans la chambre, il ne s’empêcha pas de se montrer un peu fâché à cause de son comportement insolite et lui dit :
— Je ne savais pas que la présence des autres t’ennuie au point de m’obliger à me séparer d’un ami que j’ai à peine revu, dit-il en poussant un soupir d’indignation.
— Ne me dis pas, dit-elle, que tu m’as amenée ici uniquement pour me faire des reproches auxquels je ne m’attendais pas.
— A vrai dire, tu as mal agi, ma puce, dit-il. Tu aurais dû te comporter autrement et encore moins en présence de ce couple de jeunes qui ne méritent pas qu’on le froisse en feignant d’être fatiguée.
— Mon intention, dit-elle, était bonne et je n’avais aucune idée derrière la tête, mais si tu vois que je les ai froissés en adoptant une attitude normale, tu n’as qu’à me ramener chez moi. Je n’ai plus la force de supporter tes admonestations que je trouve déplacées et en porte à faux avec mes attentes.
— Ecoute-moi, ma puce, expliqua-t-il, je ne voulais en aucun cas te rendre un peu irascible et énervée. Ne te mets pas dans tous tes états. Il n’y a pas de quoi à se mettre en rogne. Moi, je ne veux pas que notre nuitée soit gâchée à cause d’une simple remarque qui ne doit avoir aucun impact négatif sur notre relation.
— Sincèrement parlant, dit-elle, je ne m’attendais pas à ce revirement brusque et insensé venant de ta part. On dirait que tu n’as jamais fréquenté une femme pour savoir l’amadouer.
— Tu dis vrai, Laura, dit-il. Je te jure sur la tombe de mes parents, qu’ils dorment en paix, que durant toute ma jeunesse, je n’ai jamais fait attention aux filles qui cherchaient à me séduire. Toutes mes fréquentations n’avaient rien de spécifique.
— Tu es quelqu’un de mystérieux à ce que je vois, dit-elle, et moi, je suis tellement bouleversée. Je n’en reviens pas que tu sois une personne égoïste et incompréhensive. Le mieux pour toi, c’est de me reconduire chez moi maintenant. Je ne vais pas passer la nuit ici dans cette chambre qui n’a plus à mes yeux aucun intérêt.
Milo, qui regretta sa façon de s’y prendre avec Laura, usa de toutes ses capacités de convaincre et de dissuader pour apaiser la colère débordante de sa fiancée qui devint subitement rétive et non maîtrisable.
Sans hésiter un instant, il la prit par la main et lui dit affectueusement :
— Allez, viens, ma chérie. Serre-moi dans tes bras, j’en ai absolument besoin.
Quand elle céda à ses avances, il l’embrassa fortement, l’amena au lit et la couvrira de caresses au point qu’elle devint docile et malléable comme une pâte à modeler.
Après avoir passé une nuit paisible et sereine, ils se réveillèrent et prirent sur le moment une douche bien chaude et relaxante. Quand ils finirent de prendre leur petit déjeuner plus que princier, ils descendirent par ascenseur pour remettre les clés à la réceptionniste qui leur souhaita bonne journée.
XIV
Quelques jours plus tard, Milo et Laura se sont mariés. La cérémonie de leur mariage, qui était un vrai gala, a été célébrée en grande pompe. Plusieurs personnalités ont été conviées à cette fête grandiose. Un grand intérêt a été accordé au jeune couple. Leurs photos prises au milieu de tous les invités de cet événement ont été publiées dans les premières pages des journaux et magazines avec de gros titres mis en évidence.
Mateo et Sophie étaient là aux côtés de Laura et son mari, mais Layla, qui n’a pas été contente de se voir écartée du cercle familial, resta indifférente à cette scène spectaculaire et quitta les lieux avant que toutes les phases du mariage ne soient finies.
Luka et Janis qui étaient ivres-morts comme de vrais pochards, ont perturbé quelque peu le déroulement du spectacle fabuleux, mais leur désir de se mettre en spectacle n’a pas eu d’incidence négative sur l’ambiance festive. Leur père qui suivait avec désintérêt leur façon bizarre de danser ne manifesta aucun mécontentement à leur égard et les laissa faire leurs quatre volontés en pareilles circonstances.
Pour lui, ces deux garçons qui s’avéraient paresseux et entêtés n’avaient aucun avenir puisque leurs résultats scolaires étaient des plus catastrophiques. A ce moment précis, l’idée de les mettre au service de son entreprise lui vint à l’esprit et il demanda l’avis de sa future épouse :
— Dis-moi, ma chérie, qu’est ce que tu penses de ces deux zigotos ? Ne crois-tu pas qu’il est temps de les intégrer dans le service de l’entreprise avant qu’il ne soit trop tard ? Cela ne me fait aucun mal de les voir quitter les bancs de l’école et d’apprendre ce métier de traiteur. Un jour, je ne serai pas là pour m’occuper d’eux et le mieux, c’est de leur montrer dès à présent le chemin à suivre.
— Bien que la situation ne soit pas opportune pour traiter de leur avenir, dit-elle, je pense qu’il vaut mieux temporiser et leur laisser la chance de poursuivre leurs études. Je t’ai déjà donné ma promesse de me charger en personne de leur cas et je m’y maintiens, sois en sûr.
— Tu voulais me dire qu’il y a encore possibilité de les aider à se rattraper ? demanda-t-il.
— Absolument, mon amour, répondit-elle. Tes fils sont encore jeunes et malgré leur réfraction spontanée, leur conduite n’est pas du tout compliquée et avec un tant soit peu d’attention et de considération, on pourrait réussir à leur faire changer de mentalité et les amener à prendre conscience de la mauvaise piste où ils se laissent engager.
— Alors, puisque tu es sûre et certaine que tes méthodes vont donner leur fruit, dit-il, je te laisse toute la responsabilité de les canaliser. Dès demain, nous en reparlerons pour décider de la meilleure stratégie que tu vas mettre en place.
— Ne t’inquiète pas, mon amour, dit-elle, je sais que ce n’est pas facile de changer leur attitude en un clin d’œil. Mais, crois-moi, je vais faire tout mon possible pour mériter leur amour ainsi que leur confiance.
— Je ne te remercierai jamais assez, ma chérie, pour ta patience et ton esprit solidaire, dit-il en l’embrassant en guise d’amour et d’affection.
Une semaine plus tard, Laura vivant au foyer conjugal comme une princesse, fit son apparition à l’extérieur de la maison. Le majordome Tony, qui était aux aguets de tout mouvement, accourut vers elle, se tint d’aplomb et dit :
— Je suis le majordome de la maison. Que puis-je pour vous madame ?
— Ce n’est pas la peine de me le rappeler, Tony, dit-elle. Je connais déjà ton nom. Mon mari m’en a parlé. Alors, puisque tu es là, fais-moi le plaisir de rassembler tous les employés de la maison. J’ai besoin de leur parler.
— Entendu, madame, dit-il avant de courir dans tous les sens pour chercher ses subordonnés.
En l’espace de quelques minutes, tout le monde était là, devant la nouvelle maîtresse de maison.
— Un peu de silence, s’il vous plait, dit le majordome. Approchez ! Madame Laura va vous parler.
— Alors, puisque vous connaissez déjà qui je suis, je vais entrer directement dans le vif du sujet. Aujourd’hui, Je vous ai réunis pour vous rassurer que je ne suis pas là pour vous embêter. Au contraire, je suis là pour vous aider et écouter vos problèmes. Si quelqu’un parmi vous ne sent pas à l’aise dans on travail, il n’a qu’à me le dire par le biais du majordome et moi, en tant que responsable du bien-être de vous tous, je n’hésiterai pas un instant à envisager son cas. Je ne veux pas que vous passiez votre temps à vous chamailler pour des futilités ou à ébruiter des rumeurs insensées dans les quatre coins de cet espace verdoyant. J’exige que chacun de vous se consacre fidèlement à son travail tout en laissant de côté les histoires bidon. Avant que vous ne rejoigniez vos postes, je vous promets que je passerai vous voir à tour de rôle. Vous pouvez disposer ! Attendez, s’il vous plait ! Qu’y a-t-il, Tony ?
— Si vous le permettez, madame, je voudrais ajouter quelques mots, dit le majordome.
— Allez-y ! dit-elle.
— Au nom de tous les employés et domestique de cette maison, si grande soit-elle, je m’adresse à vous, madame, pour vous souhaiter une vie calme, sereine et remplie de joie et de bonheur. Je vous promets que, dans la mesure du possible, nous resterons toujours disponibles pour vous servir et exécuter vos ordres au pied de la lettre. Mes respects, madame !
Quand tout le monde est parti, Nina resta clouée sur place et attendit à ce que le majordome s’en alla pour toucher deux mots à Laura à propos de son statut de servante.
S’apercevant de son attente, la maîtresse de maison lui fit signe de s’approcher et dit :
— Qu’y a-t-il, Nina ? Un problème ?
— Disons non, madame, répondit-elle, je voudrais seulement vous souhaiter, individuellement et à ma façon, la bienvenue dans cette maison qui vient d’être illuminée par votre présence rayonnante. Comme monsieur Milo met toute sa confiance en moi, je voudrais aussi bénéficier de la vôtre. Parfois, sans passer par le majordome, pour gagner du temps et éviter toute interprétation fausse, il m’arrive d’exposer directement tous les cas d’urgence à votre mari. A ce propos, je n’en cesse pas moins de me poser la question de savoir si vous admettiez cette façon de faire tout comme votre mari.
— Ne t’inquiète pas, Nina, dit-elle. Je te fais confiance et tu as ma permission de venir me dire tout ce que tu as sur le cœur. Je serai toute ouïe. Tout le rythme de travail que vous suivez selon les désirs de mon mari m’importe et je n’ai aucune objection à formuler là-dessus. Il va falloir que tu saches une chose : dorénavant tu vas t’habituer à m’accompagner au centre ville ou ailleurs à chaque fois que j’aimerais faire du shopping.
— Je le ferai avec grand plaisir, madame, dit-elle. Je vous avoue que je suis très contente que tu sois marié à un homme qui incarne la bienveillance, la générosité et la compassion. Je t’en félicite et te souhaite de tout cœur la chance de faire des enfants avec lui.
— Merci Nina pour tous ces compliments dévoués qui vont droit au cœur. Il faut que tu saches que tu auras toujours mon soutien tant que ta loyauté reste constante et immuable à notre égard.
— Ma loyauté, madame, dit-elle, n’aura aucune raison de changer. En tant que telle, je ne m’écarterai pas du camp de vos serviteurs les plus dévoués.
— Je l’espère bien, Nina, dit-elle, mais je veux seulement que ta fidélité soit inconditionnelle et qu’elle ne cache en elle-même aucun intérêt personnel qui risque de mettre à mal notre relation.
— Avec le temps, madame, vous finissez, j’en suis sûre, par découvrir le vrai visage de chacun de vos employés.
— Je n’en doute pas, Nina, dit-elle. Si tu n’as plus rien à ajouter, tu peux disposer.
— Ok, madame, dit-elle.
Dès que Nina s’en alla, le majordome, qui observait tout du moins les gestes de celle-ci sans entendre ses paroles, revint vers madame Laura, histoire d’avoir une idée sur le genre de discussion qu’elle a tenue avec la servante.
Afin de se familiariser avec la maîtresse de maison et pouvoir prendre des libertés pour asseoir son autorité sur l’ensemble des employés et encore moins limiter l’influence de sa rivale, Tony lança quelques mots à son adresse :
— Madame Laura, si vous le permettez, je suis venu vous dire que tous les employés sont satisfaits de la façon dont vous les avez traités. Mais comme Nina la servante est restée avec vous, je n’ai pas pu la sonder pour connaître sa réaction.
— Il vaut mieux la laisser tranquille, dit-elle. Nina n’a pas besoin de te prouver quoi que ce soit à notre égard. Tout à l’heure quand nous étions en train de bavarder quelque peu, elle a m’a déjà exprimé ses sentiments de loyauté. Il me parait que c’est une femme intègre et expérimentée qui s’y connait bien dans le domaine de la gastronomie.
— Oui, madame, dit-il, elle a toutes les qualités requises pour être comme telle, mais cela ne la dispense pas d’être surveillée et suivie tout comme les autres employés. Monsieur Milo m’a toujours déconseillé de les laisser livrer à eux-mêmes et pour ce faire, il a exigé de moi à ce que je les talonne en permanence pour ne rien laisser échapper au hasard.
— Fais ton travail comme tu es censé le faire et évite de venir me mettre la puce à l’oreille à chaque fois que tu en as l’envie. Moi, maîtresse de maison, je n’aime pas passer mon temps à discuter des choses qui ne tiennent pas debout concernant les employés. C’est compris ?
— Oui, madame, dit-il, l’air tendu.
— Alors, laisse-moi, dit-elle, et va t’occuper de ton travail. Quand j’aurais besoin de tes services, je t’appellerai.
Comme un chien battu, la queue entre les jambes, le majordome qui se sentait mal dans sa peau, s’en alla faire un tour dans le jardin pour respirer de l’air frais. Le jardinier Levin était là en train d’élaguer quelques arbres pour les débarrasser des branches superflues. En le voyant arriver à sa hauteur, il lui lança de but en blanc :
— Quel plaisir de te voir venir me tenir compagnie, cher Tony ! Comment tu te sens avec la présence de la nouvelle maîtresse de maison.
— Je me sens à l’aise et rien ne me trouble l’esprit à présent, hormis les histoires de cette harpie de Nina qui cherche à gagner plus que moi la confiance de madame Laura. Après notre rassemblement de tout à l’heure, elle est restée avec elle et je ne sais quelles balivernes a-t-elle pu raconter sur nous.
— Et cette servante t’inquiète à telle enseigne que tu viens uniquement vers moi pour pleurnicher ta déception ? dit le jardinier, qui continua son travail d’émondage sans être distrait par ce genre de plainte insensée. Tu m’as toujours raconté que cette domestique te plaît en tous points de vue. Que t’arrive-t-il en ce moment ? Je ne te reconnais plus. Si tu comptes avoir le dessus sur elle, ne serait-ce que pour l’écarter de ton chemin, tu n’y arriveras pas parce que monsieur Milo l’apprécie beaucoup et met toute sa confiance en elle. Un majordome de ta valeur n’a pas besoin de se plaindre