Le bourdonnement de l'hôpital de la Timone semblait s'estomper, ne laissant place qu'au battement sourd et triomphant de mon propre sang. Dans cette chambre d'un blanc chirurgical, l'odeur de la maladie se heurtait à la vitalité qui germait en moi. J'observais Awa, cette silhouette brisée sous les draps froissés, et pour la première fois depuis des mois, je ne ressentais plus de colère. Seulement une immense, une infinie pitié. Le médecin venait de prononcer sa sentence : le vide. Un ventre de pierre. Une lignée coupée. Moi, j'avais les mains posées sur mon abdomen, protégeant ce secret que je gardais précieusement depuis quelques semaines, attendant le moment chirurgical pour le révéler. Le destin, ou peut-être la justice divine, m'avait offert la mise en scène parfaite. Le chauffard av


