9. Le dossier Lombardi

1458 Mots
Après un temps de réflexion, Marco quitte sa chambre et va vers celle de Sofia. Il frappe et entre dans la chambre mais ne la trouve pas. C’est d’ailleurs la première fois qu’il entre dans sa chambre et le décor attire son attention. C’est une pièce sobre et fonctionnelle avec des murs peints d’un ton de gris clair. Le lit est simple en métal noir, avec des draps en coton blanc et un oreiller en cuir noir. Il y a une grande fenêtre qui donne sur la ville, avec des rideaux en tissu épais. Sur le mur face au lit, il y a une grande armoire en métal noir avec des portes fermées et à côté, une petite table de nuit avec une lampe en métal noir. Le sol est recouvert d’un tapis en caoutchouc gris et il y a un fauteuil en cuir noir dans un coin de la pièce. La chambre est décorée avec des objets tels que des diplômes et des certificats encadrés, quelques photos de Sofia en uniforme de police. Alors qu’il avance pour mieux regarder les photos, un bruit attire son attention et un scenario joue désormais dans sa tête. Le jet d’eau ouvert, mouillant délicatement la peau laiteuse de Sofia, l’eau ruisselant délibérément sur chaque parcelle de sa peau. Marco sent sa gorge se nouer et décide de sortir de la chambre. Rester là à rêvasser le tuerait à petit feu. Une fois dans le salon, il pense que c’est le moment idéal pour passer un appel sans que Sofia ne soit là. Après deux sonneries, il peut enfin entendre des voix à l’autre bout du fil. « Marco, ça va ? » Il se gratte la nuque de sa main libre en revivant le scénario précédent dans sa tête. Il se racle la gorge en secouant la tête. « Je vais bien, Giacomo. Des nouvelles pour moi ? » « Rien d’important pour le moment. On gère comme on l’a toujours fait. » Il ne doute pas une seule fois de ce que lui dit son ami. Il sait assumer pendant son absence et ce depuis toujours. « Je veux que tu me rendes un service. Je dois voir quelqu’un à la prison centrale de Palerme. » « C’est quoi cette histoire, Marco ? Qui connais-tu à la prison ? » Il lui doit des explications même s’il sait qu’il court un trop grand risque car Sofia pourrait arriver à n’importe quel moment. « C’est une affaire qui a refait surface et je dois la résoudre. Donato Russo et mon père ont engagé un tueur à gage pour assassiner quelqu’un il y a des années. Je ne sais pas quoi à ressemblait la victime mais c’était pour des raisons de mafia et le tueur en question est entre les mains de la police pour la disparition de Donato. Sauf que mon ange de la police qui me garde ne croit pas du tout que ce dernier ait enlevé Donato. » Il entend son ami prendre une profonde inspiration à l’autre bout du fil et cela le pousse à réfléchir. Giacomo réagit souvent ainsi quand il n’est pas en accord avec une décision. « Pourquoi veux-tu te mêler d’une affaire que ton père et son partenaire ont orchestré ? ça ne te regarde pas du tout. » Il s’y attendait bien mais seulement, il ne peut pas se rétracter. Cet homme a un lien avec le passé de son père et il doit anticiper les choses. « Quelqu’un essaie de ramener les anciennes histoires sur la table pour une raison que ‘j’ignore et je dois tout anticiper. Trouve le moyen de m’avoir un rendez-vous avec lui demain. » Il coupe l’appel lorsqu’il entend des pas se rapprocher et Sofia, plus belle comme jamais apparait. Elle a les sourcils froncés comme si une situation lui échappait. « ça va ? » Demande Marco. « Oui mais je ne dirais pas la même chose pour toi. Tu as une veine très prononcée là… » dit-elle en montrant son front. Il détourne le regard, essayant de se reprendre. Ça lui arrive généralement quand il est tracassé ou quand il est en colère. « Je vais bien, » Dit-il. « Je sortirai demain, juste pour m’acheter certaines affaires. » Il peut lire de l’incompréhension dans le regard de son ange de la police mais il ne peut pas lui dire ce qu’il va faire. « Es-tu sûr de vouloir sortir ? Tu sais que tu es encore convalescent. » Un sourire moqueur se dessine sur ses lèvres. Lui, un mafioso convalescent ? Il pense plutôt qu’il a pris goût qu’elle s’occupe de lui mais sinon, il se porte très bien. « Je ne veux pas rester ici toute la journée. Il faut bien que je sorte un jour et demain je le ferai. » Sofia finit par abdiquer et Marco lui souhaite bonne nuit avant d’aller dans sa chambre. Une nuit longue sans fin est la nuit qu’il vient de passer. Lorsqu’il arrive dans le salon après s’être préparé, il constate que Sofia est déjà partie. Il s’assoit près du téléphone pour ne rater aucun appel. 10h45, l’heure à laquelle il arrive à la prison centrale de Palerme. Il est conduit à la salle de visite, attendant son prisonnier. Dans sa cellule, Valentino regarde ses partenaires de cellule se disputer lorsque la porte s’ouvre sur un gardien qui lui annonce qu’il a de la visite. Il est surpris car, il ne connait aucune personne qui viendrait lui rendre visite dans cet endroit. Il suit le gardien jusqu’à la salle de visite et voit un homme qu’il n’a jamais rencontré. « C’est donc vous ce cousin qui demande à me voir ? » Marco qui était perdu dans ses pensées lève la tête et le fameux Valentino Rizzi est assis face à lui. Il ne se souvient pas l’avoir déjà rencontré et personne n’oserait croire que cet homme tue de sang-froid. Il a une belle gueule d’ange. « Vous êtes mon cousin de quel côté ? Mon père ou ma mère ? » « Vous savez bien que nous ne sommes pas de la même famille, Valentino. Je suis ici pour obtenir des réponses. » « Des réponses que je vous donnerai si je le souhaite. Je gagne en vous aidant ? » Marco feigne de réfléchir et au bout de quelques minutes, un sourire se dessine sur ses lèvres. « De toutes les façons vous êtes déjà fichus, » dit-il le regardant droit dans les yeux. Valentino se mord les joues de l’intérieur se rendant compte qu’il n’a pas tort. Il est fichu. « Que voulez-vous savoir ? » « Des informations sur le meurtre d’un homme que vous a ordonné Donato Russo et Amedeo Conti. Votre dernière affaire ensemble. » Valentino baisse la tête en se pinçant les lèvres. Lorsqu’il la relève, ses yeux semblent inondés de regrets. « Il s’appelait Salvatore Lombardi… » Flashback, des années plus tôt. Après avoir conclu l’affaire avec les deux géants de la mafia italienne, Valentino s’est immédiatement rendu au domicile de Salvatore. Que ce soit le jour ou la nuit, il n’a aucune préférence pour tuer mais seulement, il a décidé d’en finir avec sa cible dans la nuit. A son arrivée, Salvatore jouait avec sa fille dans le jardin et même s’il n’avait pas cœur, ce moment semblait spécial pour les deux et surtout que c’était le dernier. Il a donc décidé de rester dans un coin de la maison sans se faire repérer. Tard dans la nuit alors que Salvatore s’apprêtait à aller se coucher après avoir endormi sa fille, Valentino se présente à lui, son pistolet à la main. « J’ai un message pour toi, Salvatore. De la part de tes amis. » « tu peux leur dire que j’accepte de leur céder mon busines. » « Il est peut-être trop tard pour négocier. Ils veulent ta tête. » Alors qu’il pointe son arme sur lui, la porte de la chambre s’ouvre sur la petite fille les yeux remplis de sommeil. « Papa ? » prononce-t-elle courant vers lui. Mais Valentino l’arrête et pointe son pistolet sur elle alors qu’elle de débat. « Je t’en prie, ce n’est qu’une enfant. Laisse-là partir et tue-moi. » « Non… » crie la gamine. « Tu vas courir très loin, ma princesse et ne revient jamais dans cette maison. Oublie que c’est le chez-toi. » Alors que la petite courait dans le couloir de sa maison pour s’échapper, elle entendait des coups de feu résonner. Fin du flashback Marco n’arrive pas à croire. Donato et son père ont décidé de tuer cet homme et ont laissé sa fille souffrir seule, en espérant qu’il ait réussi à s’échapper.
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