« J’ai pris quelques photos de la scène de cette nuit-là mais seulement, j’ai besoin d’une machine sécurisée pour les visualiser et voir si nous pouvons obtenir quelque chose. »
« Mais tu peux avoir une machine quand tu veux, » lui dit son interlocuteur.
Il souffle en regardant les quatre murs dans lesquels il est coincé. Pour qu’il s’achète lui-même une machine, il faudrait qu’il fasse une facture en son nom et il ne veut pas. Il n’est pas encore prêt.
« Tu nous as rassuré que tu ne t’es pas fait prendre cette nuit-là. C’est la vérité n’est-ce pas ? »
Il est agacé par l’insistance de son ami qui pense qu’il aurait menti pour ne pas les inquiéter.
Flashback
Ayant reçu des informations selon lesquelles les Russo ont prévu d’attaquer la villa des Conti parce qu’ils ont appris que Marco est de retour à la villa, ce dernier a prévu de s’y rendre, pas pour se faire tuer mais pour trouver des nouvelles faiblesses de la mafia des Russo.
« Es-tu certain de vouloir faire ça ? Tu sais bien que l’un de nous pourrais le faire pour toi, » lui dit Giacomo pour une énième fois.
« J’apprécie beaucoup ta protection à mon égard mon ami mais je dois le faire. Je ne suis pas obligé d’entrer dans la villa mais juste prendre des photos. Je suis un professionnel. »
Giacomo finit par accepter après que Marco l’ait rassuré.
Son départ de la Sicile était prévu pour huit heure du soir mais il avait accusé un retard d’une quinzaine de minutes.
Une fois à la villa, il avait tout mis en place avec l’aide des personnes qui s’occupaient de la villa et avant que les Russo n’attaquent, il avait eu le temps de quitter la villa mais sa fuite n’avait pas été sans obstacle. Un obstacle qu’il avait réussi à écarter très rapidement avant de tout filmer.
Fin du flashback
« J’étais blessé mais une femme m’a sauvé et le statut de cette femme ne me permet pas de disparaitre simplement comme ça. »
« Quelle femme ? Tu sais bien ce qu’il y a à faire si elle est un problème pour toi. »
Marco sait très ce qu’il a à faire mais sauf qu’il a l’impression que cette fille est devenue l’air qu’il respire. C’est étrange mais c’est ça.
« Elle est agent de police. »
C’est le silence total pendant des minutes où Marco imagine déjà dans quel état est son ami.
« Agent de police et tu es toujours chez elle ? » crie-t-il. « Marco Alessandre Conti, sais-tu seulement ce que tu risques ? Les femmes sont dangereuses. Tu dois quitter son appart le plus vite possible. »
Il regarde une photo de Sofia sur laquelle elle sourit et secoue négativement la tête comme pour confirmer à son ami que Sofia n’est pas dangereuse.
« Je saurais la maîtriser. Je ne peux pas la quitter pour le moment. »
Il ne veut juste pas préciser à Giacomo qu’il se sent si bien avec elle sinon ce dernier pèterait un plomb.
« Prenez soin de vous et on se revoit bientôt. »
Lorsqu’il raccroche, il respire profondément avant de se retourner. Plusieurs scénarios se jouent désormais dans sa tête. La tuer et aller enterrer son corps, la tuer et mettre du feu à son appart ou tout simplement la laisser l’embarquer pour le poste de police.
Elle est juste là, face à lui, le regardant étrangement et cette réaction ne veut dire qu’une seule chose. Elle a écouté sa conversation.
Lorsqu’elle ouvre la bouche pour dire quelque chose, Marco pose son doigt sur ses lèvres et la fixe droit dans les yeux. Il peut entendre les battements de son cœur et se demande si c’est de la peur ou autre chose. Il est troublé parce que dans ses yeux, quelque chose y brille ne ressemblant aucunement à de la peur… C’est magique et il a l’impression que ça le transperce.
Il retire son doigt et recule d’un pas, comme s’il est en train d’abandonner son destin entre les mains de cette fille.
« Je… tu… » Tente Sofia.
« Depuis combien de temps es-tu là ? »
« Je viens à peine d’entrer. Je ne devais pas écouter mais je t’ai entendu promettre à ta famille que vous vous verrez bientôt et… »
Des larmes roulent sur ses joues et Marco ne comprend pas. Il ne se souvient pas lui avoir fait quelque chose qui pouvait lui faire du mal.
« Sofia ? » l’appelle-t-il d’une voix douce et calme.
Elle lève ses yeux mouillés sur lui et il sent une douleur transpercer son cœur. Cette douleur de voir ses larmes, de lire de la tristesse dans ses yeux.
Dans un geste inattendu, il l’attire dans ses bras et la serre contre lui. Ils restent ainsi pendant de longues minutes, où le silence de la pièce les berce.
Elle finit par se détacher de lui en essuyant ses pommettes.
« Tu te sens mieux ? » Lui demande-t-il sérieusement.
« Oui ça va. Je suis très émotive lorsqu’il s’agit de la famille. Je me disais juste que tu as tellement de chances d’avoir des personnes qui t’attendent quelque part. Parfois je me demande ce que c’est que d’avoir une famille. »
D’un geste doux, Marco la prend par les épaules et lui embrasse la tempe. Il prend par la suite sa face en coupe et fixe un moment ses lèvres roses et pleines avant de détourner le regard.
« A partir de maintenant tu m’as moi. Tu peux désormais compter sur moi d’accord ? »
Elle hoche la tête en souriant timidement.
Il lui prend la main et l’amène jusqu’au canapé où ils prennent place.
« C’était comment au poste de police aujourd’hui ? De nouveaux méchants ? »
Elle hoche la tête en souriant et la seconde suivante, elle devient pensive. Ce qui s’est passé en journée la trouble encore.
« C’était qui aujourd’hui ? » Lui demande Marco.
« Valentino Rizzo, » Dit-elle. « Cet homme peut être cruel comme on le décrit si bien mais je n’arrive pas à croire qu’il ait fait ce pourquoi on l’accuse en ce moment. Je ne le connais pas trop mais quelques fois je sais reconnaitre ceux qui mentent. »
Flashback, Des années plus tôt
« Tu ne devrais pas beaucoup trainer par ici, Marco. J’ai de la visite et même si c’est mon ami qui sera là, je ne lui fais pas du tout confiance au point de lui présenter mon fils. Il ne sera pas seul. »
Marco n’hésite pas une seconde et quitte son père sans poser de question. Alors que son père se sent rassuré parce que son fils ne lui a pas posé de question, il ne se doute pas une seule seconde que son bureau est décoré de micro posé par son fils.
« Bonne arrivée Donato. Tu as fait plus vite que prévu. »
« Mon cher ami, on ne doit jamais s’amuser avec des affaires urgentes, » dit-il en lui serrant la main. « Je te présente Valentino Rizzo. Le tueur à gage dont je t’ai parlé pour éliminer la vermine. »
La vermine ? Marco se demande bien qui est cette vermine dont Donato et son père comptent éliminer.
« Alors Valentino ? Et si notre ennemi te proposait plus, que ferais-tu ? »
« Pour être Honnête M. Conti, je ne dois la loyauté à personne parce que je ne fais aucunement partir de votre organisation. Je travaille pour celui qui paye bien. Si jamais il me propose mieux, je retournerai ma veste mais avant de le faire, je vous dirai au cas où vous avez mieux à proposer. »
Les deux associés se regardent et acceptent de conclure le marché avec Valentino qui leur promet de leur ramener une bonne nouvelle.
Fin du flashback.
« Est-ce qu’il sera transféré à la prison ? » demande Marco.
« Très certainement car si ce n’est pas pour la disparition de Donato, ça sera pour ses autres crimes. »
Marco hoche la tête et se met à réfléchir. Il a l’impression que ce qui s’est passé cette nuit-là à la villa a ramené d’anciennes histoires qui seront dangereuses pour lui.
« Je te prie de faire comme si tu n’as rien entendu, Marco. Je ne veux pas que tu te mettes en danger. » Lui précise Sofia.
Il s’approche d’elle et lui embrasse la joue avant de se diriger vers sa chambre. Il n’est que six heures du soir mais il a besoin de réfléchir.