7. la chasse à l'homme

1423 Mots
Ça fait deux heures que Sofia est assise à une petite table en terrasse, entourée de verdure et de bruits de la ville. L’écran de son ordinateur ne fait que défiler depuis tout ce temps, lui donnant les mêmes informations qu’elle ne veut pas du tout croire car elle a déjà autre chose en tête. Elle ne sait pas pourquoi son esprit persiste à vouloir douter de Marco et pourtant tout ce qu’elle a devant elle lui prouve qu’il n’a pas menti. Il est bien photographe professionnelle et elle adore ses photos. Elle ne savait pas qu’il travaillait aussi avec des mannequins et constater cela la rend un peu jalouse car, elles sont bien faites et jamais elle ne pourrait avoir une chance avec lui. Plus de doute désormais concernant Marco, son nouveau colocataire. Elle pense qu’elle doit désormais lui apprendre à faire confiance à la police afin qu’il puisse oublier cette haine qu’il ressent envers elle. Alors qu’elle range ses affaires pour rentrer à la maison, son téléphone sonne. Elle le prend et voit qu’il s’agit de l’inspecteur Bianchi. « Oui, Capitaine. » « Au bureau tout de suite, nous avons du nouveau. » C’est ça sa vie. Jamais du temps pour elle-même mais elle aime bien ce qu’elle fait. Arrêter les méchants pour que le monde connaisse la paix. Elle porte son sac et se dirige vers sa voiture mais une sensation étrange la parcoure. Cette sensation d’être observée. Consciente que ça pourrait être une hallucination, elle souffle et s’installe derrière son volant. Des minutes plus tard, elle est à son département au poste de police et la tête de Giulia qu’elle voit est la preuve qu’il y a du nouveau. Lorsqu’elle entre dans le bureau du capitaine, ce dernier est au téléphone et ne cesse de vociférer. Elle regarde Pablo et il lui fait signe d’être patiente. Lorsque le capitaine raccroche enfin, il semble être au bout de sa vie. « Pablo tu dois te charger cette mission. Le mandat sera disponible dans quelques minutes pour enfin arrêter Valentino Rizzo. Et avec lui, nous aurons Donato Russo. » Pablo se lèvre et sort rapidement de la pièce tandis que Sofia prend place. « Qui est Valentino Rizzo ? » Demande-t-elle. « Giulia s’est enfin souvenue de l’homme qui a tiré sur Donato et lorsqu’elle nous l’a décrit, on a fait un portrait robot qui correspond à Valentino Rizzo. Cet homme a plusieurs fois travaillé pour la mafia mais on a jamais eu de preuves solides pour le mettre derrière les barreaux. » Sofia essaie de reconstituer l’histoire dans sa tête. La salle est calme et cela l’aide beaucoup mais seulement, tout se mélange. Lorsque le capitaine sort parce qu’il doit accompagner Pablo, Sofia se tourner vers Giulia. « Tu sais que j’ai beaucoup d’admiration, Elisa ? » Cette dernière semble surprise qu’elle l’appelle ainsi mais se ressaisie très vite. « Je te remercie Sofia. » Sofia la regarde fixement comme si elle veut lire dans son esprit mais rien n’est accessible. « Il y a deux jours, tu ne te souvenais de rien concernant l’homme qui avait tiré sur Donato et pourtant aujourd’hui tu l’as décrit avec précision. Je peux savoir comment tu as fait ? » Giulia semble prise au piège car, Sofia ne cache point le fait qu’elle pense que quelque chose ne tourne pas rond. « Nous étions sur un champ de bataille où le sang de n’importe qui pouvait couler. Je l’ai vu mais j’ai tout oublié. Tu sais qu’avant d’être agent de police je suis aussi un être humain. » Sofia se lève et va vers la porte, après quelques secondes, elle revient sur ses pas. « Et si tu étais en train de faire une erreur ? Et Si l’homme que tu as décrit n’était pas celui qui avait tiré sur Donato ? » Giulia se lève d’un bond et confronte Sofia qui n’est point intimidée. « Alors il paiera pour ses autres crimes, » crache-t-elle avant de quitter le bureau. Sofia la regarde partir et se demande pourquoi sa collègue est animée par tant de haine. Ils sont sur la résolution d’un dossier commun mais elle agit comme si elle travaillait avec ses ennemis. Seule dans ce bureau, elle ne cesse de penser à Marco et se demande bien ce qu’il serait en train de faire. Il n’a pas de téléphone portable sur lequel elle pourrait le joindre. Elle lance l’appel sur le fixe de son appart, espérant que ce dernier puisse répondre. Après deux sonnerie, un « allo » lui parvient à l’autre bout du fil et elle sent sa respiration se couper. « Je peux savoir qui vous êtes ? » Demande-t-il d’une voix agacée. « C’est… c’est moi Marco, » Dit-elle en se pinçant les lèvres. « ça va Sofia ? Tu as des ennuis ? » Elle sourit sous son ton inquiet. « Je vais bien et toi ? » « ça va. » C’est le silence total pendant les secondes qui suivent car elle ne sait pas ce qu’elle va lui dire. « Tu rentres bientôt ? » Lui demande Marco. « Non, nous avons une affaire à gérer et je pense que je vais finir tard. » « A plus tard alors, » dit-il. Elle se contente de hocher la tête et raccroche. Elle serre son téléphone contre elle et souffle. Trop de choses se passent dans tête, des choses qu’elle sait que jamais ça n’arriverait et pourtant elle le veut bien. Elle est tirée de sa rêverie par les bruits dans le couloir. Elle sort et trouve son équipe au complet. « Où est-il ? » Demande-t-elle faisant allusion à Valentino. « Dans la salle d’interrogatoire. » Elle est sur le point de s’y rendre avec le capitaine lorsque celui-ci est interpellé par Giulia. « Je peux vous parler une minute Capitaine ? » Il fait signe à Sofia de s’avancer et demande à Giulia d’entrer dans le bureau. « Je ne sais pas quelles ont été vos motivations à donner une mission aussi dangereuse à Sofia Ricci qui est celle de mettre la main sur Marco Conti. Cette fille est très émotive et elle n’y arrivera pas. » « Je pensais aussi au début que tu ne pouvais pas nous livrer la tête de Donato et même si tu ne l’as pas fait comme je le voulais, tu as au moins fait tes preuves. Elle mérite sa chance. » Il sort de son bureau et rejoint la salle d’interrogatoire. « Valentino Rizzi, le tueur à gage sans pitié. Je suppose que vous savez bien la raison pour laquelle vous êtes ici. Livrez-nous Donato Russo et on verra quoi faire de vous. » Ce dernier semble étonné qu’on lui demande une telle chose. « Je ne sais pas où il se trouve. » « Vous l’avez enlevé après lui avoir tiré dessus. Je suis sûr qu’il est encore en vie avec vous alors, livrez-le-nous et tout se passera bien pour vous. » Il croise les bras sur la table en fixant le capitaine dans les yeux. « ça fait trois ans que je n’ai pas travaillé avec lui. Le dernier travail qu’il m’avait confié avait raté alors, j’ai été obligé de me cacher de lui. » Le capitaine rejoint les autres dans la salle adjacente où ils sont suivi l’interrogatoire et les regarde afin d’avoir leurs avis. « Je pense qu’il dit la vérité, » dit Sofia. Giulia lui lance un regard noir et sort de la pièce pour rejoindre celle où est Valentino. « Alors comme ça tu n’as jamais tiré sur Donato et tu ne l’as non plus enlevé ? » « Non pas du tout. » « Je sais bien que tu dis la vérité car la vraie raison de ton arrestation n’est pas la disparition de Donato mais le meurtre de Cosimo Lombardi. » Valentino ouvre grand les yeux et Giulia sort de la salle d’interrogatoire. Elle est accostée par ses collègues qui sont sur le point d’entrer. « Qu’est-ce que tu lui as dit pour qu’il soit autant surpris ? » « Mais vous avez tout entendu non ? » dit-elle innocemment. « Pas du tout. Le micro s’est coupé à ta dernière phrase. » « Le micro s’est coupé ? ça me semble impossible car on est dans un poste de police et non dans une cour de récréation. Il va falloir le réparer. » Elle leur tourne le dos et ils ne savent quoi faire. Tout semble désormais bizarre.
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