6. le pouvoir à tout prix

1310 Mots
Giulia profite encore de sa couette lorsque son téléphone se met à sonner. Elle grogne, essayant d’ignorer la sonnerie mais l’insistance de cette sonnerie l’oblige à se à récupérer le téléphone. Elle le prend et le nom de l’appelant lui rappelle qu’elle ne doit jamais dormir sur ses objectifs. Elle décroche le téléphone et le ramène à son oreille. « Bonjour, des nouvelles ? » De petites formalités, elle n’a pas de patience pour ces choses. « Oui et de très bonnes nouvelles. Je vous attends à l’endroit habituelle. » Giulia dépose son téléphone et se passe les mains dans les cheveux en regardant l’autre côté vide du lit. Elle avait tant rêvé de ce moment. Ne plus avoir à supporter la respiration bruyante du Vieux Russo qui l’empêchait presque de dormir. Ce grand lit est à elle désormais. Elle quitte le lit et traine les pieds jusqu’à la salle de bain où elle prend tout son temps pour se doucher. Elle doit garder sa bonne humeur pour cette journée. Après sa douche, elle porte un pantalon en cuir noir, ajusté et moulant, avec des zips et des chaînes métalliques. Un chemisier en soie blanche avec des manches longue et un col montant, déboutonné jusqu’à la poitrine. Un blazer en cuir noir, avec des épaulettes et des boutons métalliques. Un ceinturon en cuir noir avec une boucle en argent en forme de tête de mort. Elle se regarde dans le miroir et respire profondément. Elle récupère son sac à main et quitte sa chambre. Durant tout son trajet jusqu’à sa voiture, elle ne voit pas Catarina et cela lui fait énormément plaisir. Cette dernière serait occupée à pleurer son petit papa dans un coin de cette grande villa. Traversant les rues les moins peuplées de Palerme, elle profite de chaque bouffée d’air frais qu’elle avait du mal à trouver dans la villa des Russo. Une fois au lieu du rendez-vous, elle sort de sa voiture après l’avoir garée et va rejoindre son hôte. « Vous avez mis du temps, » Lui fait remarquer ce dernier. « Je suis une femme et je dois toujours sortir de chez moi étant présentable. » Il coule un regard désireux sur sa poitrine peu exposée et Giulia sourit discrètement. Elle aime bien voir les hommes mourir de désir pour elle. Il finit par pousser le dossier dans sa direction et elle ne perd pas du temps à l’ouvrir. Valentino Rizzo, 35ans faisant le mètre quatre-vingt-cinq et un poids de quatre-vingt kg. « Valentino est un tueur à gage que plusieurs mafiosos ont déjà engagé pour faire le sale boulot. Il est connu pour son efficacité et sa discrétion et il n’a pas d’hésitation à éliminer quiconque se met en travers de son chemin. Il est intelligent et rusé. Il sait comment utiliser son charme et son intelligence pour obtenir ce qu’il veut. » Giulia écoute attentivement et se rend compte que cet homme est celui qu’il lui faut mais sauf qu’il doit payer ses dettes. Elle referme le dossier et remercie son hôte pour son travail. Elle retourne à la villa des Russo où elle convoque une réunion. Elle ne veut plus perdre du temps. Quelques minutes plus tard, ils sont tous là mais une place reste vide, celle de Catarina. Cette fille à papa ose la faire attendre. Elle est sur le point d’aller la tirer par les cheveux lorsqu’elle se pointe. Elle semble surprise ce qui pousse Giulia à souffler. « Que faites-vous tous ici ? Papa a disparu et on devrait le chercher, » Crie-t-elle. Aucune attention ne lui est accordée. Elle avance lentement jusqu’à la chaise qui est la sienne et prend place. Giulia se lève et les domine de sa hauteur. Elle les regarde avec insistance et dans leurs yeux, elle peut lire de l’ennuie. Elle en rit intérieurement car ils ne sont même pas prêts pour ce qui les attend. « Je sais que nous tous ici présent souffrons de la disparition de Donato et plus particulièrement moi parce que vous tous ici présents savez bien que je lui dois la vie. Cet homme m’a sauvé alors que je ne savais plus qui j’étais mais malgré notre mal être profond, je suis sûre qu’il ne voudrait pas qu’on laisse son travail en suspens. Il a bataillé dur pour garder et maintenir cet empire alors, nous devons, en son nom, le faire prospérer. Certains de nos hommes sont entre les mains de la police en ce moment mais nous ne craignons rien car ils connaissent bien le sens de la loyauté. » « Je suppose que la chaise de mon père me revient, » dit Catarina en défiant Giulia du regard. Giulia sent la colère monter en elle. Elle ne pense pas un seul instant laisser cette fille à papa lui prendre ce qu’elle a pris du temps à mettre sur pied en risquant sa vie et sa carrière. Tout comme elle a réussi à écarter le père, elle serait prête à écarter la fille. « Mais voyons Catarina, tu ne connais pratiquement rien à ce travail. Tu le feras couler en un rien de temps. » Cette remarque pique la concernée qui se leve à la vitesse de l’éclair, prête à bondir sur Giulia mais est retenue par un membre de l’équipe. Giulia se met à sourire car ce que vient de faire Catarina est à son avantage. « C’est avec ce genre de comportement que tu comptes prendre les rênes d’une aussi grande mafia ? Catarina pour mieux gérer les situations il faut toujours avoir le sang-froid mais ton sang est très chaud ma chérie. Il bouillonne beaucoup et ce n’est pas bon. » Catarina lui lance un regard noir qui ne l’atteint pas du tout. Elle feint de réfléchir et sourit une nouvelle fois à l’assemblée. « Donato ne me cachait pratiquement rien de sa vie et de son business. Je sais assez de chose pour vouloir diriger cette mafia mais je vois bien que sa fille convoite ce poste depuis. Alors je propose que nous procédions à un vote. Le futur de cette organisation est entre vos mains. Catarina ou moi ? » Lorsque Catarina se lève comme candidate, aucune main n’est levée mais cette dernière n’a aucun souci avec ce résultat. Lorsque Giulia se lève et que tous les autres lèvent les mains, Catarina croit devenir folle sous le sourire vainqueur, moqueur et satisfait de Giulia. Les membres de la mafia Russo ont pris leur décision et choisissent Giulia comme leur cheffe. « Vous allez le regretter, » leur dit Catarina alors que les larmes replissent ses yeux. « Mon père vous fera exécuter à son retour. » « Faudrait d’abord qu’il revienne, » lance Giulia sans aucune pitié. Catarina quitte la salle dans une course et Giulia reste remercier ses collaborateurs. « Je pense que votre première mission serait d’organiser la recherche de Donato, » lance un des hommes. Ce nom a tendance à lui donner un mal profond désormais. Elle ne veut plus entendre parler de lui parce qu’il ne reviendra plus. « Je sais et c’est d’ailleurs ce que je vais faire. » Elle regarde encore bien l’homme qui a lancé ça et craint qu’il soit le prochain sur sa liste. Cette mafia serait désormais un siège de dictature et tous ceux qui ne seront pas avec elle seront contre elle. Elle finit par quitter la salle de réunion et une fois qu’elle se retrouve seule et en sécurité, elle sort son téléphone et appelle le Capitaine Bianchi. « Bonjour Capitaine, » « Oui Giulia bonjour. Du nouveau ? » Elle se mord nerveusement la lèvre inférieure en regardant une nouvelle fois le dossier qu’elle avait récupéré dans la matinée. « Quelque chose m’est revenu en tête et je sais à quoi ressemble l’homme qui a tiré sur Donato Russo. »
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