Sofia ouvre la porte de son appartement, fatiguée par la journée éprouvante au poste de police. Elle entre dans le salon, s’attendant à trouver un espace vide et silencieux. Mais à sa grande surprise, Marco est assis sur le canapé, son regard fixé sur elle.
Il est torse nu, son corps musclé et bronzé éclairé par la lumière douce de la lampe du salon. Sofia sent son cœur s’accélérer légèrement, prise au dépourvu par cette vision inattendue.
Marco la regarde avec un sourire en coin, son œil brillant d’une lueur amusée.
« Hey, » dit-il, sa voix basse et rauque. « Je vois que tu es rentrée. »
Sofia se ressaisit, essayant de cacher son trouble.
« Oui, » répond-elle, déposant son sac à main sur la table. « Je suis rentrée. Comment… Comment vas-tu ? »
Marco hausse les épaules, son sourire s’élargissant.
« Je vais bien, » dit-il. « Je me suis reposé un peu. J’espère que ça ne te dérange pas. »
Sofia secoue la tête, essayant de reprendre contenance.
« Non, non, ça va. Je suis juste surprise de te voir debout. »
Marco se lève du canapé, son corps se dépliant avec une grâce féline.
« Je me sens mieux, » dit-il en s’approchant d’elle. « Merci de m’avoir aidé. »
Sofia sent son cœur battre plus vite, consciente de la proximité de Marco.
« De rien, » dit-elle essayant de garder une voix calme. « Je… je vais aller me changer. »
Marco hoche la tête, son regard suivant son mouvement.
« Prends ton temps. Je vais rester ici. »
Sofia se précipite vers sa chambre, sentant le regard de Marco sur elle. Elle se demande ce qui se passe, ce que Marco veut et pourquoi elle se sent si troublée en sa présence.
Quelques minutes plus tard, elle sort de la chambre vêtue d’un pantalon de yoga et d’un t-shirt confortable. Elle se sent un peu plus détendue, mais toujours consciente de la présence de Marco dans le salon.
Elle entre dans la cuisine, ouvrant le frigo pour jeter un coup d’œil à l’intérieur.
« Tu as faim ? » Demande-t-elle à Marco qui est toujours assis sur le canapé.
Il se lève et la rejoint dans la cuisine, son regard balayant les étagères du frigo.
« Oui, je meurs de faim, » dit-il, un sourire aux lèvres. « Qu’est-ce que tu as à manger ? »
Sofia hausse les épaules, examinant les options.
« Je peux faire des pâtes, ou des œufs brouillés… ou je peux commander quelque chose si tu préfères. »
Marco s’appuie contre le comptoir, son regard fixé sur elle.
« Des pâtes, ça me semble parfait. Je peux t’aider ? »
Sofia secoue la tête, sortant les ingrédients du frigo.
« Non, non, je gère. »
Marco sourit en s’assoyant sur un tabouret de bar.
« Je suis un invité serviable, tu sais, » dit-il. Je peux couper des légumes ou… »
« Non, vraiment, je gère. Mais merci pour l’offre. »
Marco hoche la tête, se calant dans son siège.
« D’accord, je vais juste… apprécier la vue, » dit-il son regard fixé sur Sofia.
Les bras contre le torse, Marco regarde Sofia, qui s’active dans la cuisine, les mains dans la pâte, les cheveux légèrement décoiffés. Il se sert un verre d’eau qu’il avaler une seule fois et sent étrangement à l’aise dans ce décor domestique.
Il observe la façon dont elle bouge avec efficacité, les gestes précis et rapides, comme si elle avait fait ça toute sa vie. Il se demande qui pourrait bien être cette fille aux allures d’ange.
Son regard est surtout attiré par son visage, par la façon dont ses yeux se plissent lorsqu’elle est concentrée, par la courbe de ses lèvres lorsqu’elle murmure quelque chose pour elle-même.
Il se sent un peu comme un psychopathe à la regarder ainsi mais il ne peut pas s’en empêcher. Il est fasciné par cette femme, par sa beauté, par sa force, par sa vulnérabilité.
Une fois de plus, Il se demande ce qui se cache derrière ce masque calme, ce qu’elle cache au monde. Il a envie de savoir, de comprendre, de la connaitre.
Marco se ressaisit, se rendant compte qu’il la regarde trop intensément. Il prend une autre gorgée d’eau, essayant de se calmer.
« ça sent bon, » dit-il, essayant de faire la conversation.
Sofia se tourne vers lui, sourire aux lèvres.
« Merci, » dit-elle. « C’est presque prêt. »
Quelques minutes plus tard, Sofia sert le repas et pendant qu’ils mangent, Marco ne cesse de la regarder discrètement. La seule fois où elle pose ses yeux sur lui, leurs regards s’accrochent et lui est impossible de détourner les yeux. Il a l’impression d’être pris au piège, un piège dont il ne peut s’en défaire.
Le dîner se passe dans le silence, un silence que les deux apprécient d’ailleurs.
Lorsqu’ils finissent, Marco aide Sofia à débarrasser la table et celle-ci le gratifie d’un sourire de remerciement, un sourire qui le fait fondre.
« On va regarder un film ? » Propose Marco avec difficulté car il n’a jamais fait ça, pas par manque de temps mais dans cet appart, il a l’impression d’être en vacance.
« Si tu veux mais je voudrais plutôt autre chose. »
Le ton sérieux qu’a utilisé Sofia le faire réfléchir. Il se demande ce qui se passe d’un seul coup car elle semblait plutôt détendue.
« Et que veux-tu ? » Demande-t-il suspicieux.
Sofia lui prend la main, un geste qui ne le laisse pas indifférent. Cette dernière ne se pas compte de la gravité de la situation et pourtant ça réveille tellement de chose en lui.
Ils arrivent au salon et cette dernière détache sa main de la sienne pour s’asseoir. Il semble perdu et c’est son geste d’invitation qui lui fait prendre conscience.
« Je t’écoute, Sofia, » dit-il d’une voix calme.
« Je ne sais pas si tu le sais mais normalement, j’étais censée t’emmener dans un centre hospitalier hier nuit et alerter la police par la suite car tu t’es fait agresser par je ne sais qui et peut-être que ces malfrats sont encore là dehors. Pour ma propre sécurité, je ne devrais pas te garder ici et cela prouve mon irresponsabilité en tant que… »
« Mais tu n’es pas irresponsable, Sofia. » La coupe Marco avant qu’elle n’ait fini sa phrase. Il ne supporte pas qu’elle se qualifie ainsi.
« Si je le suis. Je le suis parce que je suis agent de police tu comprends ? »
Marco qui était sur le point de dire quelque chose reste bloqué. Agent de police ? Il n’arrive pas à croire que ce soit l’un de ses ennemi qui lui a sauvé la vie car, jusqu’à preuve du contraire, la police reste son ennemi juré. Il n’arrive pas à croire que des minutes plus tôt, il la voyait comme un ange à protéger et pourtant elle est bien capable de le faire toute seule.
« Tout va bien ? » Lui demande Sofia en constatant qu’il n’est plus le même. « Je sais que ça peut sembler déstabilisant mais la police est là juste pour mettre de l’ordre. »
« Et se mêler de ce qui ne la regarde pas, » crache Marco amèrement.
Sofia est sous le choc. Elle a l’impression de ne plus reconnaitre la personne qu’elle a face à elle. Son ton est devenu si froid comme l’iceberg. Ses yeux sont recouverts de haine et ses poings sont si serrés qu’elle a l’impression que son sang a désormais de la difficulté à circuler.
« As-tu un problème particulier avec la police ? »
« ça ne te regarde pas, d’accord ? Tu veux me jouer la carte de la différence ? Tu ne m’auras pas. Tu ne m’auras pas parce que vous êtes tous les mêmes. Mêlez-vous souvent de ce qui vous regarde. »
Sofia garde son calme car à force de parler, ils vont finir par réveiller les voisins.
Marco fait les cents pas, ce qui devient inquiétant et Sofia se demande s’il est un fugitif sinon pourquoi ce comportement ?
« C’était quoi ton but en m’emmenant ici ? »
Un rire sec s’échappe de sa gorge alors qu’elle lui lance un regard noir.
« Je t’ai sauvé la vie, petit ingrat et fais-toi soigner parce que tu as toujours des trous de mémoire. C’est toi qui m’as demandé de ne pas t’emmener à l’hôpital. Je ne sais même pas pourquoi je t’ai écouté mais tu sais quoi, tu peux toujours partir. »
Il la regarde une dernière fois et lui tourne le dos. Sofia ne sait pas dans quelle direction il est parti jusqu’à ce que la porte de la chambre claque dans un grand bruit.