3. Le fil de la vengeance

1416 Mots
Une fois au poste de police, Sofia se rend dans la salle de réunion où tous les autres sont déjà installés. Elle est surprise de voir Elisa, l’infiltrée qui travaille depuis des années sur l’affaire des Russo. Ça fait des années qu’elles ne sont pas vues parce qu’Elisa avait décidé de démanteler la Mafia Russo surtout pour des raisons personnelles, peut-être la vengeance. Elle semblait être en forme et ça se voyait qu’elle n’avait aucun souci à rester au milieu de tous ces criminels. « Sofia, Elisa a des informations importantes sur l’attaque de la villa des Conti, » dit le capitaine à voix basse. « Que connais-tu sur cette affaire, Elisa ? » lui demande Sofia, impatiente de récolter de nouvelles informations. Elisa prend une profonde inspiration. « J’ai vu quelqu’un tirer sur Donato Russo. Je ne sais pas qui c’était, mais il a disparu après ça. Les hommes de la police sont arrivés et ont arrêté tous les Russo qui étaient sur place, mais Donato n’était plus là. » Sofia sent un frisson glacial lui parcourir l’échine. « Tu as vu qui a tiré sur lui ? » Demande-t-elle essayant de rester calme. Elisa secoue la tête. « Je n’ai pas vu son visage mais je pense que c’était un professionnel. Il a disparu trop vite. » Sofia se met à penser à un nombre incalculable de chose. Elle avait trouvé Marco à deux-cent mètre de là et il était blessé. Il ne se serait pas échappé de la villa sans que la police ne mette la main sur lui. Elle veut à tout prix l’incriminer et pourtant ce n’est pas lui. « Nous devons savoir si Donato Russo est toujours en vie, » dit le capitaine. « S’il est vivant, il pourrait être notre seule chance de démanteler la mafia Russo de l’intérieur. » Ils sont tous d’accord avec le capitaine mais sauf qu’à chaque fois, ils ont toujours l’impression de revenir à la case de départ. « Aucun membre de la Mafia Conti n’a été arrêté, » leur annonce le capitaine. Ils sont tous surpris et ne comprennent pas. Avant que la police n’arrive, il y avait affrontement entre deux camps. « Les personnes qui étaient là sont ceux qui s’occupent juste de la villa et qui partent toujours avant que les patrons n’arrivent. Si Donato a décidé de frapper hier, c’était parce qu’il savait que les Conti seraient là alors, quelqu’un les a prévenu. Je ne sais pas comment ça se fait mais il y a un traitre chez les Russo. » Ils ne sont point surpris car dans leur monde, il y a toujours des infiltrés pour fournir des informations à l’adversaire. « Elisa, tu dois le retrouver. » Lui ordonne le capitaine. « Je sais capitaine mais vous ne pensez pas que c’est dangereux que j’y retourne ? Donato n’est plus là pour me protéger, sa fille est tout le temps jalouse. Je ne sais pas ce qu’elle serait capable de faire. » « Elle ne fera rien, Elisa. Tu dois trouver le traitre et nous le ramener. Je suis sûr que cette taupe sait où sont les Conti » Elisa accepte contre sa volonté. Donato était son seul pilier et maintenant qu’il n’est plus là, elle craint d’être en danger. Le capitaine annonce la fin de la réunion et la salle se vide. Dans le couloir, Sofia accoste Elisa qui semble être pressée de partir. « Si tu ne te sens plus capable de le faire, dis-le au capitaine. Il ne peut pas t’obliger tu sais. » Elisa sourit tristement et hoche la tête. « Je vais le faire Sofia. C’est mon devoir. Je savais déjà depuis le début que rien ne serait simple alors ne t’en fais pas. » Sofia admire son courage et sa détermination. Elle espère pouvoir elle aussi ramener de bons résultats sur son affaire. « Comment tu t’y prends ? » « Il y a des choses qu’on explique pas, Sofia. On les vit tout simplement et ça nous marque à vie. » Après ces mots, Sofia la regarde s’éloigner et disparaitre au fond du couloir. Après un long trajet, Elisa entre dans la cabane, son regard froid et dur posé sur Donato, qui est allongé sur le sol, blessé. « Alors Donato, » dit-elle d’une voix sèche et autoritaire. « Tu es dans un sale état n’est-ce pas ? » Donato la regarde, son visage pâle et ses yeux plissés de douleur. « Giulia, » dit-il. « Aide moi… » Elisa ricane, un son dur et méchant. « Ah, tu veux de l’aide maintenant ? Tu veux de l’aide maintenant que tu es blessé et que tu es à ma merci ? » Donato la regarde, son regard suppliant. « Giulia, s’il te plaît. Je suis blessé. » Elisa croise les bras, son regard glacial. « Je ne suis pas aveugle grand-père et je n’ai non plus des pertes de mémoire. Je me souviens très bien t’avoir tiré dessus et j’ai bien choisi la partie parce que je veux te garder en vie encore quelque temps. Tu m’as utilisé et je ferai pire. » « Ce n’est pas vrai, » dit-il. « Je t’aime, Giulia. » Elle éclate de rire d’un son cruel. « Tu m’aimes ? Tu ne sais même pas ce que c’est que l’amour. Tu ne sais que donner des ordres et tuer des gens. » Donato la regarde d’un air vaincu. « Qu’est-ce que tu vas faire de moi ? » Demande-t-il d’une voix à peine audible. « Je vais te garder en vie, pour l’instant. Je vais te soigner et puis, je vais te faire parler. Tu vas me dire tout ce que je veux savoir sur la mafia. » Donato pose un regard terrifié sur elle. « Non, » dit-il sa voix faible. « Je ne parlerai jamais… » Elisa se penche au-dessus de lui et lui dit d’une voix basse et menaçante ; « Oh, tu parleras. Tu parleras ou tu mourras. » Donato ferme les yeux pendant un long moment, essayant de comprendre ce retournement de situation. « Je t’ai sauvé la vie il y a huit ans, Giulia. » Elle sourit en se massant la tempe. « Je n’arrive pas à comprendre qu’à ton âge tu sois aussi incapable de faire la différence entre la réalité et la mise en scène. Donato Russo, pour un Mafioso comme toi qui peut se faire piéger par n’importe qui, tu aurais dû savoir que ce n’est pas toutes les bichettes qui agonisent sur un trottoir qu’on sauve mais un pervers narcissique comme toi ne peut détacher ses yeux d’une muse ayant des courbes généreuses n’est-ce pas ? » « De quoi est-ce que tu parles, Giulia ? » Elle fait glisser lentement sa robe le long de son corps et Donato baisse la tête, ce qui lui arrache un rire de moquerie. « Tu ne vas pas me dire que tu es devenu saint d’un seul coup. Les monstres comme toi ne changent jamais et tu le sais. » Elle se tourne et pointe le bas de son dos du doigt. « Cette cicatrice, Donato. Elle est une histoire à raconter tu sais. Je n’ai jamais voulu l’effacer et chaque fois que j’étais sous tes draps, je te voyais l’adorer. Tu l’adorais parce que sans le savoir, c’est grâce à elle qu’on s’est rencontré et tu sais qui a eu la brillante idée de faire ça ? » Elle attend qu’il puisse deviner. Son sourire diabolique ne fait que grandir. « Qui ? » Hurle Donato ne supportant plus ce mystère qui ne fait que prouver à quel point il est un imbécile. « Moi. » Pendant des minutes, c’est le silence total. Chacun se remémore de cette rencontre qui avait aidé Elisa à infiltrer la Mafia Russo. « Tu n’as pas osé… » lui dit Donato. Elle hoche positivement la tête pour lui faire comprendre qu’elle a osé et ce dernier est fou de rage. « Je te faisais confiance… » « Et ça été ta pire erreur, Donato. Je viens pourtant de te le dire. Tu as fait confiance à une muse au corps de rêve. Tu t’attendais à quoi ? » Il respire profondément pour se calmer. « Pourquoi ? » lui demande-t-il calmement. « Tu le sauras très bientôt mais pour l’instant, je dois m’occuper de ta fille, chose qui sera très facile car elle est tellement idiote comme son géniteur. »
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