CHAPITRE 15
Le Policier : Ok, c'est bon ; c'est vous qui voulez voir Prince Jean-Michel TOHON ? dit-il en regardant le bout de papier qui est dans sa main.
Isabelle : Oui oui !
Le Policier : Bon, il a refusé !
Isabelle : Quoi ?
Moi : Mais pourquoi ?
Le Policier : On ne sait pas, et on ne peut pas l'y forcer non plus
Isabelle (Peinée) : Ok merci.
Avant qu'on ne sorte de là, les yeux d'Isabelle étaient déjà bondés de larmes.
Moi : Isabelle je suis là non ? Pourquoi tu te blesses comme ça ? Tu ne sais pas que tu me blesses aussi ?
Isabelle : Tu ne peux pas comprendre. Toi et moi ce n'est pas pareille.
Moi (Contrariée) : Ok je vois...
C'est bizarre tout ça ; avec tout ça, et on va me dire de me mettre avec un homme, moi Mounirath, jamais !
On s'installe tous dans la voiture...
Durant tout le trajet, elle ne fait que pleurer :
Moi : Isabelle ce n'est pas ça qui va régler le problème ! Moi j'aurai préféré même que tu oublies ce type qui ne te mérites en rien ; je ne te comprends pas, c'est dragueur qui te manque ou bien tu n'arrives pas à assouvir tes orgasmes ...?
Isabelle : S'il te plaît, mets la musique.
Moi : Essuie d'abord ton visage là.
Isabelle : Ok.
Il faut que je trouve une musique un peu slow et qui cadre bien ; je fouille un peu et bimm je suis tombé sur "Helplessly" de Tatiana Manaois.
C'est ça on écoute jusqu'à arriver au lieu où on devrait rencontrer Éric, c'est là où on s'était vu la première fois. Je voulais l'appeler quand il apparaît :
Éric : Salut les filles ! Comment vous allez ?
Moi : Bien. Tu es venu avec un moyen de déplacement ?
Éric : Non. Comme je savais que vous serez venues avec un, donc...
Moi : Ok, monte.
Il a remarqué la mine de Isabelle, mais il s'est contenté de ne pas commenter. Tant mieux pour lui. Il me donne les directives jusqu'à ce quon arrive devant un grand portail. Il appuie sur une commande qu'il sort de sa poche puis le portail s'ouvre tout seul. Isabelle et moi sommes regardées. C'est la première fois que je vois ça au Bénin. Les gens ont l'argent dans pays-là hein. Pourtant tu ne le sauras jamais.
Je roule jusqu'au parking et gare.Vous ne pouvez pas imaginer ! C'est un petit paradis sur terre. Plus de cinq véhicules de luxe sont dans le parking. Rien qu'à voir le décor externe, je me fais déjà une idée du luxe qui sera à l'intérieur. Tout est en place. Déjà dans la cours, on pouvait se voit à travers les portes et les fenêtres qui sont toutes en vitre. Cest une maison à étage bien bâtie, bien décorée. Même le visage d'Isabelle a changé à la vue de cette somptueuse demeure.
Éric : Soyez les bienvenus chez moi mesdames !
Isabelle : Waouh, c'est très magnifique ta maison, ça t'a coûté beaucoup hein.
Éric (Sourire) : Non pas trop même ...
Moi : Tu ne nous invites pas à l'intérieur ?
Éric (Souriant) : Rentrons, dit-il en ouvrant la porte.
Waouh ! Waouh ! Waouh ! C'est magnifique ce que je vois ! Tout est bien placé. Chaque chose à sa place ; c'est juste une merveille !
Moi : Mais tu fais quoi pour t'offrir tout ça ?
Éric : Comme je t'ai dit, je suis businessman et psychologue...
Moi : C'est pas vrai. Tu fais aussi gayi (brouteur)?
Éric (Sourire ): Que Dieu n'ose !
Isabelle : Et tu vis seul dans ça là ?
Moi : Je suis perdue moi également.
Éric : En réalité, je vis ici avec une femme, une femme de ménage en fait. (Souriant) Tante, dit-il pour appeler quelqu'un.
Une dame d'environ la cinquantaine sort avec un essuie en main.
Elle : Tu es de retour. Bonne arrivée.
Éric : Merci beaucoup. Voici Mounirath et Isabelle, mes amies dont je t'ai parlé. Mounirath et Isabelle, voici tante Mansourah, ma seconde maman.
Tante Mansourah : Salut les filles ! Comment vous allez ?
Isabelle et Moi : Bien et vous ?
Tante Mansourah : Alhamdoulillah. Enchantée de faire votre connaissance les princesses. S'il vous plaît prenez bien soin de mon petit papa.
Moi : On fera de notre mieux.
Éric : Tante on est comment ? C'est déjà prêt ou pas ?
Tante Mansourah : Prenez place dans le réfectoire. Je viens tout de suite, dit-elle en retournant dans la cuisine.
Éric : Ne vous fâchez pas hein. Prenez place vous autres. J'irai l'aider à apporter les choses.
Moi : Attends, tu es chrétien et tante m*******e ?
Éric : Trop de curiosité, ce n'est pas bon. Asseyez-vous je viens !
Nous avons exécuté. Quelques minutes après, ils ont apporté du foufou avec de la sauce tomate accompagnée de gombo, de la viande de poulet, du poisson et quelques boules de sésames.
J'ai honte hein, mais ça là, je vais me régaler ! Ça fait combien de temps j'ai encore mangé foufou ? Je ne me rappelle même plus ; et on me l'apporte avec tout ça ? Laissez-moi me régaler, après on parlera de la honte. Le repas s'est bien passé et dans une bonne ambiance ; depuis que j'ai connu Isabelle, je ne l'ai jamais vu se défouler sur la nourriture comme ça ; elle a achevé quatre boules de foufou, moi trois.
Éh ! C'était trop ouf. La dame-ci prépare !
Après le repas, Éric a demandé à me voir seul à seule dans le jardin :
Moi : Merci beaucoup pour le repas. Ta tante prépare très bien.
Éric : C'est tante Mansourah qu'il faut remercier, pas moi.
Moi : Ok. Je le ferai avant de partir. Mais depuis je te demande le pourquoi tu m'as invité ici, mais tu ne dis encore rien.
Éric : Ok, dit-il en soupirant. Comme je te l'avais dit à travers les messages, Éric Mahuton AHOLUKPÊ est mon identité. J'ai vingt-cinq ans. Je suis le PDG de la société "Miracle House" de la marque "Miracle". J'ai fait mes études en psychologie, d'où j'ai aussi mon cabinet, même si je m'y rends rarement, j'ai mon assistant là-bas ; j'interviens juste quand c'est urgent et obligatoire... Euuuuh ! Mounirath ?
Moi : Oui je t'écoute.
Éric : Il y a de cela trois mois, enfin bientôt ça fera trois mois que je t'ai vu pour la première fois dans un night-club où tu aimes aller très souvent.
Moi : Le Millenium ?
Éric : Oui ! Beinh ! Moi-même j'y vais là-bas pour changer d'idée de temps en temps. Je t'ai toujours vu accompagner de filles, jamais d'hommes, ce qui m'a paru bizarre.Tu vas m'excuser pour ce que je veux dire là...
Moi : Parle seulement, xó towé ɖu wɛ nɖe (j'en raffole de tes dits).
Éric : D'abord, j'ai commencé par avoir des sentiments pour toi, et c'était devenu un peu fort que moi ; mais j'avais eu peur de m'approcher de toi, car je ne sais pas pourquoi on ne te voit jamais avec un homme ; donc, j'en ai parlé à tante Mansourah. Elle m'a exhorté de chercher à connaître celle que tu es.
Donc, c'est de là que j'ai engagé des gens pour qu'ils fassent des recherches sur toi et en vérité en vérité, je ne peux pas te dire que je te connais à cent pourcents, mais au moins cinquante pourcents.
Moi (Étonnée) : Ah bon ? Donc moi je suis là il y a des gens qui font recherches sur moi quoi ?
Éric (sourire) : C'est pourquoi j'implorais ton excuse.
Moi : Bon, tu l'as déjà fait. Je ne peux pas te tuer à cause de ça.
Éric : Merci. Tu sais quoi ? Ce que tu penses des hommes ne me regarde pas ; moi je t'aime follement et je veux que tu me donnes juste une petite chance. Certes, je ne suis pas le meilleur des hommes, mais je ferai tout de mon mieux pour te plaire, dit-il en baissant la tête.
Toutefois, au lieu de répondre, les larmes ont commencé par couler. C'est comme si on vient d'introduire une aiguille dans une plaie non cicatrisée en train de la remuer dans tous les sens. Ça me fait mal de savoir que je suis devenue une rancunière envers les hommes, une lesbienne, un être qui fait quelque chose de contre nature à cause de son passé, de son vécu.
Moi qui prenais certains comme des monstres, moi-même, j'en n'étais même pas loin, puisque les gens me voyaient différemment ; c'est comme si je ne suis pas normale dans la tête. Je comprends maintenant pourquoi on dit que notre passé nous possède plus que nous ne le possédons. Les actes barbares de l'oncle Saliou ont détruit ma vie. Si je n'avais pas vécu cela, peut-être j'en serai pas en arrivée là aujourd'hui !
Éric : Mouni ! Calme-toi ! Je ne le répéterai plus.
Je ne dis rien et continue de pleurer. Il me prend dans ses bras, me console tel un bébé. J'y ai trouvé de réconfort. Tellement ça me fait du bien.
À tous ces hommes qui lisent ceci, si vous avez un cœur, si vous avez une mère, une sœur, une cousine, une grand-mère... je vous demande pardon au nom du Créateur ! Cessez le viol sur toutes ses formes. En le faisant, vous détruisez une personne, une âme, un monde, une créature de Dieu. Cessez ! Cessez ! Cessez ! ...