CHAPITRE 09
MAHUNA
Arrivée devant la chambre de Prince, je respire bien à fond avant d'ouvrir la porte. Une fois dans la chambre, il n'y a que l'allumer. Je ne perds pas du tout le temps. Je me glisse directement sous son drap et dirige ma main pour prendre sa queue. Cest en ce moment... qu'il attrape ma main et l'immobilise sur le lit. Je respire très profondément :
Prince : Qu'est-ce que tu veux faire ?
Et bimm ! la lumière s'allume :
Elias : Elle veut quoi comment ? Ce n'est pas ce que vous faites depuis que tu es ici ?
Prince : Bro...
Elias : Shhhhhh ! Dit-il en le stoppant. Toi qu'est-ce que tu cherches ici ? Me demande-t-il.
Moi : C'est Prince qui m'a demandé de lui apporter ton pistolet puisqu'il en aurait besoin.
Prince : Quoi ? Moi ? Tu racontes des bêtises Mahouna ! Quand ? Où ?
Moi : Grand frère, c'est quand je lui ai amené le pistolet qu'il a voulu me v****r. Je ne savais pas que c'était ça son plan, dis-je en le lorgnant
Elias : Et où se trouve-t-il le pistolet en question ?
Moi : Il l'a mis sous son lit.
Mon grand frère s'approche et regarde sous le lit puis sort le pistolet :
Elias : Prince ! Donc malgré tout ce qu'on te fait, tu as des idées diaboliques derrière la tête ? Je t'ai pris comme un frère. Je t'ai nourri, habillé, hébergé et c'est de cette manière que tu planifiais me remercier ?
Prince ne répond rien et ne fait que couler de chaudes larmes. Entre temps, les parents étaient alarmés et sont descendus de leur chambre :
Mon papa : Qu'est-ce qui se passe ici ?
Elias : Il faut appeler la police. Il faut que cette chose passe sa nuit au commissariat.
Ma maman : Comment ça ? Expliquez-nous d'abord ce qui passe tout au moins !
Moi : Prince m'a demandé de lui apporter le pistolet de grand frère et quand je lui ai apporté ça, il a voulu me v****r.
Ma maman : Quoi ? Et tu es toujours avec lui là-bas ! Viens ici près de moi.
Mon papa : Prince c'est vrai ?
Prince : J'aimerais juste demander une faveur, dit-il avec le visage mouillé de larmes.
Mon papa : Oui vas-y.
Prince : Permettez-moi juste de sortir d'ici et de rentrer chez moi.
Elias : Tu n'iras nulle part. Jy vais même prendre mon portable pour appeler le commissaire.
Papa : Elias reviens ici, ordonne-t-il. Prince c'est tout ce que tu veux ? Tu ne veux pas du tout m'expliquer ce qui s'est réellement passé ?
Prince : Laissez-moi juste sortir d'ici, dit-il mélancoliquement.
Je regrette déjà mon acte. Jai envie de pleurer, mais je ferais mieux de garder mes larmes pour ne pas me compromettre moi-même.
PRINCE
Elias : Il n'a rien à porter. Les choses qui sont là, c'est moi qui le lui ai tout payé. Même le boxer.
Monsieur SAGBO : Tu la fermes Elias ! Prince pardon ! Porte quelque chose.
Je mets un jeans et un polo. Mes larmes coulaient tellement à flot que j'arrive à peine à voir la terre.
Oh ! Créateur ! À quand la fin de tout ceci ? À qui j'ai fait du tort et il a jugé bon de me punir tant ? Les morts regardent le bas monde et portent d'aide à leur progéniture racontent les gens ! Les miens sont-ils aveuglés ?
Dieu je t'ai fait quoi et tu m'as délaissé ? Tout ceci vient-il de toi ? Es-tu toujours le créateur ? Le Roi des rois ?
Monsieur SAGBO (le père d'Elias) : Tu t'en vas comme ça en boxer ? Porte quelque chose au moins !
Le vieux m'a accompagné jusqu'au portail et me remet un billet de dix mille francs.
Monsieur SAGBO : Bonne chance petit. Ça n'arrive qu'aux forts. Sois plus fort qu'avant. Le Tout Puissant ne te laissera jamais.
Moi : Amen.
On dirait que le vieux a compris ce qui sest passé, mais se dit qu'il peut aussi bien se tromper. J'irai où maintenant au plein cœur de Calavi ? Je marche en regardant les quatre points cardinaux seconde par seconde. Même mes propres parts me font peur. Je suis juste les routes. Je défile de quartier en quartier. Je ne connais nulle part ici. Je récite en boucle avec le visage détruit de larmes ‟Invictus” de William Ernest Henley (1843-1903). C'était la meilleure poésie de Nelson Mandela. Son poème préféré;j'ai appris à réciter ça depuis la classe de CM2 :
‟Dans les ténèbres qui m'enserrent
Noires comme un puits où l'on se noie
Je rends grâce aux dieux, quels qu'ils soient
Pour mon âme invincible et fière.
Dans de cruelles circonstances
Je n'ai ni gémi ni pleuré
Meurtri par cette existence
Je suis debout, bien que blessé.
En ce lieu de colère et de pleurs
Se profile l'ombre de la Mort
Je ne sais ce que me réserve le sort
Mais je suis, et je resterai sans peur.
Aussi étroit soit le chemin
Nombreux, les châtiments infâmes
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme.”
Après cette récitation, je fonds en larme. À un moment, je commençais par entendre des tirs de balles qui venaient dans ma direction. p****n ! C'est sûrement la Police Républicaine et les microbes. Jai rebroussé chemin et je commence par courir. Mais c'est peine perdu. Ils sont déjà prêts de moi. Je me suis donc arrêté et je me suis couché parterre les mains derrière la tête, le visage au sol.
Les bandits arrivés à mon niveau m'ont dépassé. Ils roulent tellement leur véhicule on dirait dans Fast and Furious, mais les policiers arrivés à mon niveau se sont arrêtés. Ils m'ont passé les menottes et mis dans leur véhicule de patrouille avec six policiers.
Encore dans quelle merdre je me suis fourré ? Je priais fort en moi pour que les voleurs soient arrêtés, sinon je passerai toute ma vie en tôle.
Arrivée au beau milieu d'une voie, ils s'arrêtent puisquun autre véhicule de patrouille a coincé les microbes devant et c'est parti pour une partie de tire entre policiers et bandits.
ONCLE HUBERT
Aujourd'hui c'est les week-ends et j'ai décidé de le passer à la maison avec ma femme (maman Horace ou Florence) et ma cadette Fumi,mes autres trois enfants sont à l'étranger.
Maman Horace : Chéri ! Chéri ! Sécrie-t-elle depuis le salon.
C'est là où elle me fatigue ça. Tu viens chez elle en pensant que tu vas te reposer mais non. Cest largement se tromper. Elle trouve quelque chose pour te n'empêcher. Grrrrrrr !
Moi : Il y a quoi ? Tu veux recommencer ?
Maman Horace : Viens voir ton nerveux à la télé.
Moi : Quel nerveux ?
Maman Horace : Prince non !
J'arrive au salon et qu'est-ce que je vois ? Prince menotté et ils disent qu'il a été arrêté hier nuit comme étant membre d'une b***e de microbes. Ça ne m'étonne guère. Le petit avait des comportements qui m'ont toujours paru louches.
Moi : Ça ne m'étonne pas moi.
Maman Horace : Chéri il faut faire quelque chose. Après tout, c'est ton nerveux.
Moi (Sourire de Duchenne) : Ah oui ! Il faut vraiment que je fasse quelque chose. Le moment rêvé est enfin arrivé.
Maman Horace : Le moment rêvé hein ?
Moi : Tu ferais mieux de la boucler et te concentrer sur tes affaires.
Maman Horace : Donc je ne peux pas m'ingérer dans les affaires de ta famille ? Tes affaires familiales ne sont-elles pas les miennes ?
Moi : Si et seulement si je t'y invite à t'ingérer. À toute à l'heure ! Fumi ! Fumi !
Fumi : Oui papa.
Moi : Appelle-moi le chauffeur.
Fumi (De retour) : Il arrive. Papa ? Tu m'avais promis l'argent de mon vélo, mais je ne l'ai pas encore eu, dit-elle en renfrognant le visage.
Moi : Je vais l'envoyer à ta maman.
Fumi : Quand ?
Moi : Aujourd'hui.
Fumi : Promis ?
Moi : Oui promis, dis-je en levant les deux mains en l'air comme pour faire allélujah.
Fumi : C'est ça mon papa, dit-elle en m'embrassant.
Le chauffeur : Me voici patron.
Moi : Qu'est-ce que tu attends ? Va prendre ma valise dans mon bureau. On sort tout à l'heure. Maman Horace !
Maman Horace : Oui papa.
Moi : Le vélo de Fumi, tu avais déjà marchandé ça ? C'est à peu près combien ?
Elle : Soixante-dix mille francs.
Moi : Ok. Je te fais un transfert de deux-cent mille francs toute à l'heure. Tu lui paies le vélo puis tu gardes le reste.
Maman Horace : Ok. Jespère que tu n'as pas oublié mon argent de shopping !
Moi : ...