PORTE DÉROBÉE

527 Mots
Papa me mena, malgré moi, vers le salon. Alors que je m'asseyais, mon premier réflexe fût de regarder la baie vitrée. Il n'était plus là. — Ma chérie, tu es magnifique.... me complimenta-t-il folâtre. — Mais qu'est-ce que tu fais ici aussitôt ? Papa détourna son regard et se mit à gratter son épaule. — ... je n'arrivais pas à travailler après notre discussion de tout à l'heure, alors j'ai décidé de rentrer. Papa continua de s'exprimer, mais je n'avais guère un quelconque intérêt pour ce qu'il disait. — Je suis tellement heureux de te voir ainsi, on dirait que tu es en pleine forme, déclara-t-il ému. Dis-moi, pourquoi t'es-tu faite si belle ? — Hum... Ah ! Juste comme ça. — Ce n'était pas plutôt pour sortir ? N'est-ce pas Nael ? Sa voix était suspicieuse. — Mais de quoi parles-tu ? Tu... Tu me retiens prisonnière. Comment ferais-je pour quitter ta geôle ? Bégayante était ma réplique. Quant à mes yeux, ils étaient grands ouverts. — Mais qu'est-ce que tu faisais à la porte dans ce cas ? Tu serais sorti si je n'étais pas rentré, avoue-le. Tu sais bien que je n'aime pas que tu t'approches de la porte. On en a déjà discuté, si tu ne respectes pas ta parole, je devrais recourir au moyen que tu n'aimes pas ! La voix de papa était sereine, toutefois, elle portait la toge de la réprimande et le marteau de la fermeté. Et cela, je ne le supportais pas. — Et moi je ne suis pas une poupée de porcelaine ! Mon ton était raide et mes sourcils froncés, tandis que sur mon front naquirent des plissures. Papa rechercha mon épaule, je le lui refusai. Je me tournais vers la baie vitrée. — Tu as les baies vitrées pour admirer l'extérieur, dans ton état, c'est amplement suffisant... Est-il sérieux !? — Que ne comprends-tu pas dans... je vais mourir bientôt, et pour cela j'ai envie de découvrir ne serait-ce que ma ville ! J'ai déjà assez été materné par toi ! Et c'est pire depuis cette maladie ! Papa avait pris l'habitude de fignoler sur la surveillance qu'il me portait. Cela m'était déplaisant. Sauf que par amour, je lui concédais cet écart. Mais depuis que ma maladie turlupinait mon existence, je le supportais de moins en moins. — Écoute chérie, que ça te plaise ou non tu ne sortiras pas d'ici sans... — Alors je vais m'enfuir et vous ne me reverrez jamais ! Je préfère mourir libre et heureuse qu'être enfermé dans cette monotonie qui hante mes journées ! terminai-je dans un cri. Cette amertume dans ma voix Papa ne l'avait jamais perçu. Il avait toujours été habitué à ce que je sois passive et complaisante. Que j'accepte chaque ordre. — Je reconnais t'avoir toujours laissé la direction de ma vie. Je crois que tu sais ce qui est bien pour moi. Mais le temps de ce conformisme m'est loin maintenant. Je veux un peu plus de liberté. Je veux vivre ! Je terminais ma phrase les larmes aux yeux. Les escaliers, je les grimpais à vive allure, sous le regard ébaubi de Barbara.
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