La porte de ma chambre claqua, je la refermais à clef, et je m'élançais vers mon lit.
Mes larmes se déversaient en cascade. La couverture autour de mon visage étouffait mes gémissements, ma peine.
Qu'avais-je fait pour mériter ça ? Qu'ai-je fait ?
Cette maladie m'avait déjà amputé la santé, à présent, elle entravait ma liberté. Peut-être était-ce mieux de m'être fin à cette frustration avant qu'elle n'ait raison de moi. Devrais-je me donner la mort ? Après tout, un jour de moins ou un jour de plus, ça changerait quoi ?
Mon corps délaissa le lit, mes yeux déjà embués recherchèrent un objet. Celui sur lequel j'étais tombé me semblait idoine. Ma main trémula en saisissant le cutter. Mes yeux n'avaient que d'intérêt mes veines.
Je soufflais un grand coup lorsque la lame rencontra ma peau. Mon cœur galopait, mon souffle se déchaînait, des gouttes de sueur prenaient froid sur ses tempes. Une voix me chantait de le faire. Cella allait me libérer. La peur était à présent ma complice. L'adrénaline, ma compagne. Le nœud dans ma gorge s'amoindrit.
Sur cet instant, mes yeux somnolaient. Mon cœur s'éprit d'une latence morose. Mon cerveau s'entêta à s'endormir. Ma raison s'engoua pour la volageté. Ma conscience se vit annihilée.
La porte fut frappée. Mon cœur tressaillit. Dans un sursaut, je lâchais l'objet.
Papa me supplia de lui ouvrir. Mes larmes se mirent à couler. Je désirais le laisser languir face à cette porte, durant des heures, sauf que je n'avais nulle autre souhait qu'il me prenne dans ses bras.
J'accourus jusqu'à la porte. À peine avait-il franchi l'encadrement que je m'abandonnai à ses bras.
Papa vu le cutter. Je voulus lui expliquer, toutefois, il me retint et marcha avec moi jusque vers mon lit.
— Écoute mon cœur, commença-t-il tout en continuant à caresser mes cheveux, je comprends que tu te sens seule dans cette maison, mais c'est pour ton bien. Toutefois, ça me brise le cœur que tu dises vouloir t'enfuir... Je suis désolé si j'ai été insensible face à ta peine. Mon désir de te protéger avait pris le dessus sur celui de te voir heureuse. À partir de maintenant, je te promets que j'essayerai d'être plus laxiste à l'avenir. Ensemble nous allons construire le bonheur dont tu as besoin, termina-t-il avec une voix ne pouvant retenir sa soif de sangloter.
— Merci papa, dis-je en le serrant encore plus fort.
— Je ferais de mon mieux pour te rendre la vie plus légère le plus de temps que tu seras à mes côtés.
C'était à peine si j'en revenais. Mon père, qui était de nature catégorique, tenait de tels propos. Je levais ma tête vers lui, il souriait. Alors je resserrais mon étreinte, embrassant un peu plus la douceur de sa veste.