À nouveau, j'étais obligée de jouer à l'ingénue. Il le fallait bien. Lauriane ne devait rien suspecter si je souhaitais la battre à son propre jeu.
Elle marcha jusqu'à mon lit et se jeta dessus dans un grand bruit.
— Alors comment va la plus jolie des malades ? me demanda-t-elle sans quitter le plafond des yeux.
— Je vais bien, et toi comment te portes-tu ?
— Beuf, pas terrible, dit-elle en frôlant du bout des doigts le sommier du lit.
Cette fois-ci Lauriane avait les cheveux blond platine et elle portait une robe rouge en satin échancré au niveau de sa poitrine.
— Lauriane.
— Hum...
— As-tu apporté d'autres livres ?
— On dirait que ces livres te plaisent bien, me dit-elle en riant et dire qu'au début j'ai dû te forcer.
— Il faut dire que tu sembles toujours obtenir ce que tu désires.
— C'est pas faux.
Lauriane déposa sur le lit les livres. Sur l'un, je pus lire 34 nuances à servir.
Lauriane se leva et alla s'asseoir sur la coiffeuse. Elle prit un des gloss et le passa sur ses lèvres.
— Alors qu'est-ce qu'il t'a dit ce ventripotent de Marius ? me demanda-t-elle en essuyant avec ses doigts le gloss qui dépassait.
— Rien de spécial, juste que j'ai meilleure mine, mais comme tu le sais, je vais...
— Je sais, tu dois crever dans quelques mois, mais tu ne seras pas la dernière ni la première. Alors arrête de te plaindre ma pauvre petite.
La frapper, en ce moment, j'aurais aimé. Si, détestable et méprisable, je n'en connaissais d'autres. Peut-être ma mère.
Cela faisait quelques mois que Lauriane travaillait pour ma famille. Très vite, je m'étais lié d'accointance avec elle. Mais derrière cette amitié et son air détaché se cachait un plan fourbe. Et je l'avais découvert.
— Si tu le dis.
Lauriane effleura le porte-chaîne, puis se leva et s'assit en face de moi. Ce qui m'obligea à cacher mon journal. Je n'avais plus envie qu'elle le consulte depuis qu'elle s'en était servie contre moi.
— Écoute chérie, j'ai un scoop pour toi - dit-elle toute souriante - ce mec et moi ce soir nous sortons pour un restau chic, tu sais celui dont je t'ai dit que son père est ultra riche - elle me regardait à fin que j'acquiesce à sa question et c'est que je fis - et donc je me demandais si je pouvais t'emprunter quelques bijoux. Mais pas tes fringues, ne le prends pas mal, mais ils sont... Comment dire... Hideux. concluait-elle en toisant ma penderie.
— Fais-toi plaisir. De toute façon, mes vêtements ne sauraient t'aller, je crois savoir que tes cuisses sont prêtes à exploser.
— Ce n'est pas tout le monde qui est proche de l'anorexie comme toi, dit-elle en riant faussement, tout en se levant.
Lauriane retira la bague en saphir, puis essaya celle en rubis. Et repris par la suite la conversation.
— Au fait, comment ça se passe sur whityou, personne de spécial ne t'a pas encore contacté ? termina-t-elle railleuse.
— Non, personne qui en vaille la peine. Je ne suis pas une truie qui aime se prendre tous les porcs. déclarai-je avec un sourire jaune.
— C'est vrai, tu es une vierge qui a besoin d'être décoincé, dit-elle en riant en plein poumon. Tu devrais vraiment penser à le faire avant que la faucheuse te...
Lauriane porta son index sur son cou. Mimant le geste d'une arme qui mettrait fin à des jours. Puis elle reprit avec un petit sourire.
— Moi la première fois que je l'ai fait, commença-t-elle orgueilleuse, c'était super géniale, dit-elle en soufflant et en roulant des yeux. Crois-moi, tu ne sais pas ce que tu rates en étant si exigeante, d'ailleurs pourquoi je t'en parle ? Tu es encore vierge de la bouche, termina-t-elle en riant de nouveau.
— Au moins ma bouche n'est pas un marché aux puces. ajoutais-je d'un air badin.
Lauriane semblait irritée par ma réponse, malgré les efforts qu'elle fournissait pour travestir son expression.
Lorsqu'elle se décida sur les bijoux qu'elle allait m'emprunter, elle me rejoignit pour me b****r le front, puis avoisina la porte.
— Rassure-toi, bientôt, tu trouveras ton prince charmant, darda Lauriane en quittant la pièce.
— Je n'en doute pas, déclarais-je.
Lorsqu'elle sortie, j'ajoutais :
— Tu t'en es assuré.