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582 Mots
À son tour, le docteur Marius entra dans la chambre. Cet omnipraticien s'occupait de moi depuis que j'étais petite, et encore plus avec le début de cette maladie. Avec lui, j'avais suivi tout type de traitement, mais sans grand succès. C'était un homme assez rond, d'un teint laiteux, et avec un crâne dégarni. Il marcha vers moi, esquissa un sourire lorsque nos regards se croisèrent. Son sac trouva place près de mon lit, et il me salua en me gratifiant d'un sourire peu habituel. Le sourire de profession. Je ne portais pas une assez grande attention face à son attitude. Il devait sûrement être fatigué. — Comment te sens-tu aujourd'hui ? me demanda-t-il en m'invitant à rejoindre le lit. — Plutôt bien, dis-je en m'asseyant près de lui. Sauf que je ressens encore des douleurs au niveau de la poitrine, toutefois, elles sont plus vives que celles de la semaine dernière. — Elle est plutôt normale, marmonna-t-il en retirant le stéthoscope de ma poitrine. À part ça, tu as d'autres symptômes ? — Non, aucun. — Bon, tu vas prendre ce comprimé. dit-il en sortant de son sac un petit étui dans lequel se trouvait une gélule. Elle était bleue et lisse. Il la déposa entre mes mains. Il me sembla que sa main tremblait lorsqu'il me passa le verre d'eau. Mais sûrement, j'avais dû rêver. Car ce n'était pas dans les habitudes du Docteur Marius. — À quoi me servira-t-il ce médicament ? demandai-je en avalant la gélule. — Si tout se passe bien, tu te sentiras presque comme guéri, mais seulement durant plusieurs jours malheureusement. Cela est dû au fait que c'est un traitement expérimental. Je ne montrais aucun enthousiasme face à ce qu'il m'annonçait. Ma fin approchait, la fatigue et la douleur étaient omniprésente. Je ne pouvais me laisser bercer d'espoir par un médicament qui plus est expérimental. Mon attente était plus portée vers des explications que je m'impatientais de recevoir. Encore hésitante, je posais tout de même la question fatidique. — Docteur, pourquoi me l'avoir caché ? — Pardon ? dit-il en fronçant les sourcils. J'ai peur de ne pas comprendre ta demande. — Je vous ai entendu le dire à mon père. Je sais que mon destin est scellé, il me reste à peine un mois à vivre. J'avais suivi le docteur Marius en parler à mon père, il y a une ou deux semaines, lors de notre deuxième visite mensuelle. Mais mon père s'efforçait de me cacher la vérité, malgré mes multiples allusions. Un long blanc s'installa avant que le docteur Marius ne daignât émettre un mot. — Et bien, à cette question seul ton père peut y répondre. Il m'a formellement interdit de t'en parler malgré mon avis. Soudainement, mon cœur sembla déchoir. Piètrement, je refoulais mes larmes. Et moi qui avais placé ma confiance en mon père. Me cacher la date de ma mort, était-ce raisonnable ? — Ne pleure pas ma petite, je ferais de mon mieux pour t'aider à avoir des conditions de vie des plus meilleures. Quoi qu'il m'en coûte. Mon regard se détourna du plafond et se posa avec un sourire satisfait sur le docteur Marius. — Merci docteur. Il saisit ma main et la soutenue dans un geste compatissant. Puis, il prit congé de moi en promettant de repasser dans deux semaines pour s'enquérir des effets du médicament. — Qui sait, on pourra peut-être ralentir ta maladie avec ce médicament, ma petite Nael, avait-il dit en refermant la porte.
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