Marc passait son temps à jouer avec des minettes. Il en appelait par-ci, par là. Embrassant certaines et prenants le numéro d'autres. Ce bistrot était devenu son terrain de chasse.
— Je croyais que tu avais une meuf ...
Je l'interpellais alors qu'il avait terminé de faire les yeux doux à une fille qui jouait avec sa chaîne.
— Mais ça n'empêche pas de s'amuser un peu.
Marc me rassurait lorsqu'il parlait ainsi. La nouvelle sur sa g***e de Charlotte ne sera pas si dure à avaler, je me disais.
Cette cruche n'en voulait qu'à son blé. Et elle n'avait d'yeux que pour sa villa.
— Dégagez, grogna un type en tapant sur notre table.
Il puait et ressemblait à un ours.
— Mais pourquoi être si sauvage mon poto l'ours. lui demanda Marc sans dérober de son sourire.
— Vous deux foutez le camp de cet endroit ! Vous nous piquez toutes les nanas...
— Mais c'est normal, il n'y a qu'à voir ta tronche.
Marc n'hésita pas à accompagner sa phrase d'une grimace. Ce qui m'arracha un sourire.
— Le blondinet tu te fous de moi ? gronda le mec.
La colère de cet homme avait atteint un nouveau sommet. Sa voix était devenue plus grave. La situation finit par attirer sur nous le regard de la salle.
— Oh ton haleine, oh ton haleine. On dirait un chacal, tu sais les brosses à dents ça existe ! Et les dentifrices aussi.
Et à nouveau, Marc ne s'embêta pas à titiller ce colosse en simulant manquer d'air, puis en pinçant son nez, tout en mimant de s'étouffer. Ce qui mit la salle en délire.
— Je vais t'en coller une ! grogna le colosse au regard noir et au visage tout rouge.
Cet homme se mit à crier en envoyant son poing sur la gueule de Marc, mais je l'en empêchais et lui demandais gentiment d'aller se rasseoir.
Pour toute réponse, l'homme souleva notre table et la balança.
Sans qu'il ait le temps de prévoir quelque chose, je le fis tomber en lui donnant un coup-de-poing en plein milieu de son bide.
Marc se joint à la fête en retirant des mains de ce gros ventru un morceau de verre brisé qu'il avait voulu planter dans l'une de mes jambes.
Lorsqu'il s'étala sur le sol, nous décidâmes de prendre la porte.
Cependant, un groupe de motards, à première vue qui ressemblait au type que nous venions d'étaler, voulait se frotter à nous.
Marc me lança un regard complice. Je lui souris. Nous jetâmes nos sacs.
Ça tombe bien nous avons besoin de digérer !