Le rivage qui était près de nous était très bas. On eût dit un marais couvert de roseaux. C’était la demeure des éléphants, des tigres, des boas, et l’air pestilentiel qui s’en exhalait en rendait l’abord et le voisinage très dangereux. Le ciel était sans nuages. Pourtant quelques éclairs illuminaient les montagnes. Tout à coup un bruit étrange plus fort que celui du tonnerre fit retentir l’air d’une sinistre clameur. Je bondis sur le pont. Nous étions complètement démâtés. Les barres de bois, les vergues, les agrès, tout avait été emporté par le vent. La mer blanche d’écume nous couvrait comme si nous avions été placés sous une cataracte. Nos sabords étaient démolis, les fers des canons enlevés et les canons eux-mêmes détachés de leur place. La corvette plongeait follement dans la mer. S


