I M. Pascal Bernard était un beau vieillard à cheveux blancs, au visage calme et digne, au regard sévère, mais tempéré par un doux sourire qu’on lui mettait assez facilement sur les lèvres. Pour cela, il suffisait de lui témoigner beaucoup de déférence et de se plier aux caprices de sa volonté ; car M. Bernard était l’homme le plus absolu du monde. Il était arrivé à la vieillesse presque sans s’en apercevoir ; à soixante-dix ans, il n’avait aucune de ces infirmités qui annoncent à tant d’autres que, pour eux, la vie va finir. M. Pascal Bernard était riche, immensément riche, disaient les gens du pays. Mais cette fortune avait été honnêtement acquise par le travail et l’intelligence. En se mariant déjà vieux, à l’âge de quarante ans, Pascal Bernard ne possédait qu’une trentaine de mille


