VI Où l’on mange la belle ArsèneLe carrosse de M. le président de Presmes continuait sa route. Pour utiliser la fraîche toilette d’Aline, le président voulut qu’elle rendît visite à madame la marquise de Coëtlogon, femme de M. le lieutenant du roi. Aline était bien triste, malgré les bluets qui se jouaient gaîment dans ses cheveux blonds. Madame la lieutenante dit au président : – Elle ne danse pas assez, notre chère mignonne ! Aline voulut sourire, et les larmes lui vinrent dans les yeux. Elle pensait à Olivier ! Entre ces deux enfants, ce n’était pas un de ces amours à grand spectacle, qui grincent, qui crispent, qui hurlent. Il n’y avait absolument rien d’épileptique dans leur affection mutuelle qui rêvait tout uniment la joie légitime du mariage. Mais ils s’aimaient bien ; ils s’a


