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1462 Mots
Mia sursauta en reconnaissant la voix froide de Taylor. Un doux frisson la parcourt alors qu’elle tournait la tête pour lui faire face. Elle se retrouva face à ses yeux noirs qui la scrutaient sans émotions.            Elle le salua d’une petite voix et il répondit d’un signe de tête en baissant la tête sur sa tablette. Les deux autres personnes présentes étaient des civiles qui ne leur prêtaient même pas attention. Elle se surprit à l’observer du coin de l’œil, sa mâchoire carrée ombragée, ses lèvres dont son corps se souvenait un peu trop bien de leur douceur tout comme ses mains calleuses. Malgré la présence des autres, elle avait comme l’impression que l’habitacle était gorgé du parfum épicé et puissant de Taylor.            Cela faisait quinze semaines exactement, mais elle n’avait rien oublié de toutes ses sensations et sans ce qui était arrivé à son père, elle savait qu’elle aurait craqué et aurait demandé une autre nuit au directeur, ce qui aurait été une terrible erreur. - Ainsi, vous allez bientôt nous quitter, Mlle Bloom ?            Il avait parlé sans lever la tête de son écran, son éternelle paire de lunette sur le nez, et elle s’employa à regarder devant elle, les portes fermées et répondit : - Oui. Dans un mois. - Vous retournez, c’est bien ça, à Manchester auprès de votre famille ? - Oui. Après ce qui est arrivé à mon père, je crois que c’est le mieux à faire.            Il eut un petit rire de gorge alors que la porte s’ouvrait pour laisser entrer deux autres personnes et à l’étage suivant tout le monde descendit les laissant seuls. - C’est vous qui descendez aux archives, M. Donovan ? - Oui.            Sa réponse était laconique et claire. Bien entendu, c’était lui qui se rendait aux archives ! La belle coïncidence ! Et pourtant, il lui avait demandé si elle descendait aux archives, mais trop embrouillée, elle n’avait pas répondu. Que pouvait-il bien aller y faire ? Et en quoi cela la concernait-elle ?            Elle marmonna entre ses dents et scruta leurs légers reflets sur la paroi. Elle se souvenait encore de son regard sombre qui s’était rivé au sien alors qu’il allait et venait en elle délicatement. Elle sentit une vive chaleur la parcourait à ce vif souvenir. Sa température avait dû monter d’un bon degré rien qu’à se souvenir. Pourquoi se rappelait-elle de tout ça maintenant ? Elle avait réussi à reléguer cette nuit à ses rêves et ne se laissait que rarement à s’en souvenir même lors de leur rare rencontre et croisement dans l’enceinte de l’hôpital.            En fait, Mia avait même eu l’impression qu’il faisait tout pour qu'ils ne se croisent pas, vu qu’elle en faisant autant, elle n’avait pas à s’en offusquer. Et pourtant, une part d’elle avait espéré au cours de toutes ses semaines qu’il serait tenté de la relancer, mais il n’avait rien fait, n’avait jamais appelé, ni envoyé un message. Après tout, c’est ce qu’elle avait voulu alors pourquoi cette déception ? Décidément, avoir attendu autant avant de coucher avait bien plus de répercussion qu’elle le pensait.            Elle devrait peut-être discuter avec lui, le féliciter pour tout ce qu’il faisait pour l’hôpital par exemple l’acquisition de la nouvelle machine à IRM. - Tu as maigri. - Pardon ? demanda-t-elle surprise en se retournant. - Vous avez maigri, reprit-il sur le même ton bourru.            Avait-elle rêvé ou venait-il de la tutoyer à l’instant ? - Euh…oui.            Tout comme elle était beaucoup fatiguée ses derniers temps. C’est pour quoi elle prenait des vitamines. Elle était certaine qu’elle devait manquer de fer et de vitamine et d’autre chose. Elle avait tendance à a parfois à faire de l’anémie et à perdre du poids à cause du stress. Sans oublié le surmenage, car il y a encore quelques jours, les soins intensifs était complet, chose très rare.            Soudain, Mia se sentit soudain faible et les jambes molles. Elle ferma les yeux et se rattrapa à la paroi de métal. - Ça va ?            Mia sursauta en rouvrant les yeux à la voix rauque et en sentant les mains de Taylor sur ses reins. Elle resta un moment sans voix choqué par la délicieuse sensation de ses mains chaudes et enivrées par son parfum si masculin. Elle l’entendit respirer difficilement et elle jurait que ses mains tremblaient. - Oui, oui, ça va, dit-elle en se dégagent d’un mouvement. Je n’ai rien mangé depuis ce matin et je sens juste les effets. - Vous n’avez pas déjeuné ? Il n’y a rien d’étonnant à ce que vous ayez autant maigri si vous sautez des repas. Vous ne serez peut-être bientôt plus parmi les nôtres mais vous devez penser à vous alimenter, Mia. Autant pour vous que pour vos patients. - Oui, M. Donovan. Je le ferai lorsque j’en aurai fini avec ce que je dois faire aux archives.            Il grommela quelque chose et s’écarta d’elle.            Lorsque les portes s’ouvrirent, il sortit dans le long couloir comme s’il était pourchassé et elle mit un moment à le suivre. Lorsqu’elle arriva dans la salle des archives, elle ne l’aperçut pas. Elle salua Tim derrière son bureau, scrutant l’écran de son vieil ordinateur et discuta un moment avec lui. Elle entendait un peu à l’écart le bruit des pas de Taylor dans les allées, mais ne préféra pas s’en préoccuper.            Lorsque Tim lui annonça s’en aller pour sa pause déjeuner, elle sourit et le regarda partir en se dirigeant vers les étagères.            Elle passa les minutes suivantes à réunir les dossiers qu’elle voulait consulter, ouvrant certains même. Il ne lui restait plus que le dernier à trouver mais pesta lorsqu’elle se rendit compte que le dossier se trouvait hors de sa portée, trop haut. Elle qui se trouvait bien grande avec son mètre soixante-treize était bien en mauvaise posture. *** - Quelle m***e !            Pour la troisième fois, Taylor entendit l’exclamation grossière de Mia et ne put s’empêcher d’esquisser un sourire en relevant la tête du dossier qu’il consultait à la place qu’occupait plus tôt Tim, l’archiviste.            Elle devait être sacrément en difficulté pour s’exclamer ainsi. Après un moment d’hésitation, il décida d’aller voir ce qui la mettait dans un tel état. Une partie de lui l’enjoignait à rebrousser chemin, car depuis qu’il l’avait touché tout à l’heure pour la soutenir lors de son léger malaise, ses doigts lui brûlait de la sensation du corps doux et chaud de la jeune femme. Son parfum l’avait assailli, une douce odeur de coco et de vanille, qui lui avait donné envie de goûter sa peau. Alors ce n’était pas vraiment une bonne idée de se retrouver près d’elle dans un endroit désert sans personne pour jouer les trouble-fêtes.            Une autre exclamation puis un bruit de métal et il s’imagina un moment qu’elle s’était écroulée alors il accéléra le pas pour la retrouver entourés de dossiers, s’étirant en s’agrippant au barreau des étagères, afin d’atteindre un niveau supérieur. - Que faites-vous ?            Il la vit sursauter manquant de glisser et il s’en veut de l’avoir effrayé. Il se rapprocha d’elle mais se fige à quelques pas alors qu’elle tournait légèrement la tête vers elle. - J’ai besoin du dossier en haut, dit-elle dans un soupir.            Il poussa un soupir et leva les yeux. - Quel dossier ?            Elle le lui indiqua alors qu’elle redescendait de son perchoir. Taylor récupéra alors le dossier demandé et le lui remit. - Vous auriez dû atteindre que Tim revienne pour lui demander de vous aider à récupérer ce dossier au lieu de jouer à toutes ses acrobaties. - Je ne jouais pas. J’y serais arrivée vous savez. - Je n’en doute pas. - Connaissant Tim, il en a encore pour une heure au moins avant de revenir et je ne pouvais me permettre d’attendre. Et, je ne pouvais utiliser la chaise vu que vous étiez assis dessus.            Elle eut un soupir et ouvrir le dossier qu’elle lut en diagonale puis une grimace qu’il trouva mignonne alors se mit à se ronger l’ongle du pouce. - Complication suite une péridurale, rien que ça, chuchota-t-elle en tournant la page pour continuer à lire.            Pendant tout ce temps, Taylor est incapable de détourner le regard de son magnifique visage. Il savait qu’il devrait s’en aller, retourner à ses dossiers, mais il était incapable de faire le moindre geste. Le seul qui réussit à faire fut pour lui toucher la joue du bout des doigts.            Mia releva la tête et le scruta les yeux ronds, la bouche légèrement entrouverte.            Elle voulait dire quelque chose, il le voyait dans son regard qui émettait des centaines de questions, mais n’osait rien dire. Il passa son pouce sous sa lèvre et sourit. - Je ne vous ai pas manqué, Mia ? Parce que vous si.
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