Quand j’ai ouvert les yeux, j’avais la figure qui piquait. C’était le matin et le soleil donnait sur le rocher. Papa avait rendu le dernier soupir. Il ne respirait plus, mais il était encore baigné de lumière. Comme s’il avait attendu que j’en sois témoin, le soleil a dardé ses rayons sur le bas-ventre de papa. Tel le vampire fulminant devant l’ail, l’énorme mycélium qui recouvrait ses parties flottait rageusement au vent. J’étais assis à côté de papa et ne cessais de me gratter. Pendant les trois journées de deuil qui ont suivi sa mort, nous avons fait brûler toutes ses affaires. L’oreiller et le matelas sur lesquels il avait reposé, mais aussi la table et la chaise qui se trouvaient dans la pièce : tout a été livré aux flammes. Nous sentions pourtant des démangeaisons. Plus d’un mois du


