31Déjà Merrin étouffe, gisant au sol, quittée debout, trouvée comme elle a chu. Elle se blottit enfin contre une racine creuse, et peut s’évanouir. Sa beauté pleine s’abandonne ; elle montrait ses pétales. Son rôle de disparaître. Laissons-la, jolie misère. La vie ne s’intéressait guère à elle, prête à partir, cherchant la brèche. Et la mort, qui n’en voudra non plus, ne la mordra pas. Elle emportera ses miasmes et ses mouches, et Merrin ne pourrira pas. Merrin sera le personnage de trop, l’Aricie d’Hippolyte, l’Eriphile d’Iphigénie, un être de rien, de papier froissé, sans qui la tragédie se noue néanmoins. Elle est l’amie inutile, sans épaisseur, celle qui figure et qui comble un instant, celle qu’on dessine au dos des feuilles. Ferait-elle nombre, petite colombe, pâle ombre de Fay ? M


