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D’Écosse

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Elles ne demandaient pas grand-chose. Du haut de leurs quinze ans, Merrin et Fay voulaient courir, boire et crayonner, fouiller le ventre d’Edimbourg et rester à l’écart, pour s’asseoir et se plaire, pour peut-être s’embrasser.

C’est pourtant leur corps qu’on découvre à l’aube dans le jardin botanique royal. L’une gît étranglée, comme morte par accident ; l’autre n’a plus de visage. D’Ecosse, toi, tu rentres à peine, fatigué des pas souffreteux de Robert Louis Stevenson, incapable de donner forme à tes notes. Alors quoi ? Tu vas froisser des feuilles, piétiner encore quelque temps, sans guère parler, sans rien ni dormir. Quelque chose te retient. C’est que Fay est belle comme un fruit, comme un personnage de roman. La violence la fascine ; elle aime Steinbeck. Tu vas la rêver, la caresser, coucher ses jours et sa mort, mais l’image t’en obsède. Tu retournes en Ecosse ; dans l’ombre de Stevenson, dans la ville qui a failli le tuer, pour rire ensemble et des chronologies ; pour Fay, sa chambre, les livres et la tombe d’une fille qui lit trop, pour te perdre à ton tour et lui rendre un peu vie.

Passé et présent se mêlent dans ce roman noir entre amour et tragédie

EXTRAIT

L’eau blanche frémit d’une portée molle, phrase creuse qui s’égaille en veinules. Elle se complaît un temps, se recroqueville et s’étire doucement. Fragile, elle s’épuise, ondoie vers la saignée, s’orne enfin de bulles qui désenflent en notes liquescentes.

L’enfant pourrait y flotter ; c’est d’ailleurs à peine si ses fesses et ses omoplates touchent l’émail encombré. L’indolence la lâche et la soutient, l’allège en l’emplissant d’une faiblesse obligeante. Elle s’étiole, souffle un peu. Elle se veut morte, évoquée, mais les carreaux la cloîtrent.

À PROPOS DE L'AUTEUR

D’origine valaisanne, né en 1980 à Moudon, Cédric Pignat vit aux Paccots. Juriste repenti, il enseigne le français, l’histoire et l’économie à Villeneuve. Ses premières nouvelles, Les Murènes, ont paru en 2012. Depuis lors, il griffonne, se navre et barbouille. Le soir, il lit les morts et s’en porte bien mieux.

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Remerciements
REMERCIEMENTS Ce livre a bénéficié du soutien conjoint de la Ville de Lausanne et du Service des affaires culturelles du Canton de Vaud, ainsi que du Canton de Fribourg pour Joëlle & Grégoire « Que votre cœur soit comme le cœur du lion, et votre bras puissant comme sicle de bronze, et aussi prompt à la vengeance que la foudre qui vient du ciel, car le sang des justes et des bons a coulé en Ecosse. » James HOGG, Confession du pécheur justifié « Tout chez elle va bien avec le reste, et j’essaie de me souvenir si j’ai jamais vu quelque chose comme ça en vrai. » Donald Ray POLLOCK, Knockemstiff L’eau blanche frémit d’une portée molle, phrase creuse qui s’égaille en veinules. Elle se complaît un temps, se recroqueville et s’étire doucement. Fragile, elle s’épuise, ondoie vers la saignée, s’orne enfin de bulles qui désenflent en notes liquescentes. L’enfant pourrait y flotter ; c’est d’ailleurs à peine si ses fesses et ses omoplates touchent l’émail encombré. L’indolence la lâche et la soutient, l’allège en l’emplissant d’une faiblesse obligeante. Elle s’étiole, souffle un peu. Elle se veut morte, évoquée, mais les carreaux la cloîtrent. La mousse caresse son ventre et ses petits seins. Les plaies se poussent, léchées, lénifiées par des sels qui dispersent les terres et les sangs. S’y mêlent des aurores d’huile de pépins de raisin, dont l’un roule, hésitant, dans la vasque et l’idylle d’un nombril. Sans doute, tu devrais être ailleurs et n’en rien savoir. Affalé dans ce fauteuil, tu pourrais voir des livres et des gens, continuer, mais la porte jalouse te confie des bruits d’eau. Le miroir s’est brouillé, les lettres et le cœur rond d’un doigt oublieux. Aux pastels, on devine encore le visage qui s’est détourné, qu’on retrouve plus bas, près des gestes timides qu’embrasse enfin, qu’étouffe la vapeur. Imperceptiblement, ton regard dodeline vers l’idée de ta main. Une autre, plus loin, soulève et frôle quelques bulles, et ses jambes, tendrement ballotées, qui brassent le tiède. N’en émergent qu’un orteil fatigué, des paupières lasses. Elle sourit d’une vaguelette, d’une petite noyade, du noir éphémère qui surnage ; ses frisottis plongent et rebiquent, entraînés par leur lest, vers un lit de sable et de poix, pour les lèvres qui boivent et le cœur altéré, qu’ils lutinent, fuis, portés par l’onde qui meurt à son pied. C’est ici qu’une goutte s’échappe et tombe, près des maillons nus d’un bijou de cheville ; ici qu’elle fond. Dans l’ombre, tu ne vois que tes doigts, ou à travers, crispés sur le bois contourné des accoudoirs, ni les moulures ni le tapis, les souffles d’une chambre encore aveugle. Le premier rayon, s’il vient, ne désignera qu’une silhouette, une peau qui glisse comme une toge sans drapé. C’est une beauté blême que tu ne veux pas voir, un semis de rousseur, un corps dont tu n’as que faire ; des mèches encore mortes qui commencent à te plaire. Sans y croire, murmure encore : tu devrais t’en aller. Le jour gémit. Ta peau se défroisse. Les trottoirs penchent et ton dos se redresse. Tu n’es que minceur et moignon, pourtant, une ombre grise qu’on distingue. Un temps encore, un silence qui t’incarne, et tu commences à respirer. « Nous avons inventé autrui Comme autrui nous a inventé Nous avions besoin l’un de l’autre. » Paul ELUARD, Le visage de la paix « Son sang n’est pas le mien. » John STEINBECK, La flamme Première partie Stevenson & Pigasus « Ecossais je suis : qu’on me frôle, et c’est au chardon de mon pays qu’on se piquera. » Robert Louis STEVENSON, Le Journal de Silverado « La tête ! Ecrase-lui la tête ! » John STEINBECK, A l’est d’Eden

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