16Ce serait une longue marche, droite et raide, battue des pas qu’assourdit la traîne ombreuse du convoi : marcher derrière le cercueil de sa fille. Sophie pleure. Suivent soutanes et soutaches, cravates, badauds et quidams, tous les voisins de l’immense village d’Edimbourg. Ils marchent comme on rampe, piétinent et craquent, chevilles en brindilles, mains croisées qui caressent les cadrans. Ce sont des fillettes, des vieillards et des nymphettes, des pères et des mères, les figures locales dont les semelles frottent, creusent l’ornière qui s’emplit de fanges et d’éclaboussures. Les rues se gorgent d’ombres, d’un grouillement strict que débordent les chiens qui lapent où roulent les rats, les amis proches et la foule blanche, vermine processionnaire qui ne connaît qu’un prénom ; en elle u


