18Merrin et Fay n’ont pas été violées. Leurs habits ne sont pas déchirés. Personne ne s’est frotté contre leur peau ni n’est entré en elles. Personne, croit-on, n’a contraint leurs chairs ni souillé leur ventre, personne – on l’affirmera – n’a écrasé son sourire sur leur bouche blessée. Elles n’ont été soumises ni entravées. Dans leur peur ni dans leur mort, dans le sec de leur sexe et les larmes, personne n’a trouvé le transport. Des doigts les pressent, pourtant. Dans une salle blanche, sous les néons, des mains s’apposent sur leurs cuisses et fouillent leurs fesses. Ecarteurs et scalpels les profanent, les ouvrent aux miasmes. On les a dévêtues, observées, fendues ; elles ont exprimé leurs dernières gouttes tandis qu’on tranchait leurs organes pesés. Sur elles, on s’est appliqué ; à la


