19Le reflet creusé te couvre d’ombres. Il voile tes cernes et l’immeuble d’en face. Tu te gardes d’allumer. Tu vois les chaises et les bureaux, les sous-mains et les taille-crayons à manivelle, les voyants vert, jaune et rouge qui lancinent ou clignotent ; tu vois des fichiers, des feuilles volantes et des cartons vides sous les ampoules qui brûleront toute la nuit, et les stores sales aveuglés par les phares des camions qu’on charge, et tu vois les flèches et les profondeurs des garages, les portières qu’on claque, qui crachent les basses et les scies d’un été qui meurt, les cigarettes qu’une chiquenaude éteint avant que tout s’écrase ; et qu’il n’y ait plus que des jambes campées dans la terre lourde, les souliers usés de Joe Spinell, pantalon souillé, gorgé, léché par des flammes de san


